mardi 11 septembre 2018

Musée scolaire et Instructions de 1923


Retour sur le Musée scolaire


Détail d’un musée scolaire (collection musée)

Les Instructions Officielles de 1923

« Dans toutes les écoles, à tous les cours, la méthode employée doit être une méthode fondée sur l’observation et l’expérience. Un Musée scolaire, c’est un petit laboratoire, c’est un endroit où l’on range, après la classe, les matériaux que les enfants ont manipulés, les appareils qu’ils ont fait fonctionner. »






Ainsi donc, dans chaque école, au mieux dans chaque classe, un petit « musée » se constitue au fil des jours et suivant les nécessités de l’enseignement. A la campagne, le maître n’a jamais beaucoup de souci pour obtenir de quoi motiver ses leçons de choses ou de sciences. Les élèves seront toujours empressés à lui apporter plantes, pierres ou petits animaux tels que grenouilles, lézards, vipères, insectes, mollusques ou autres. Ils donnent avec joie les « sujets d’observations » non périssables : crânes, dents, pattes, roches, minerais, coquillages… qui s’entasseront dans les rayons des placards de la classe en constituant petit à petit le « musée ».


Extrait d’un manuel de leçons de choses (collection musée)



Ces collections, parfois très riches, iront du beau silex taillé ou poli, trouvé au cours d’un labour, au cocon soyeux provenant d’un élémentaire, mais véritable élevage de bombyx. Quel plaisir en effet de recevoir des « graines » de l’office de sériculture du Vaucluse, de les faire éclore à la bonne chaleur du poêle de la salle et de les nourrir grâce à la présence inattendue d’un mûrier poussant dans une haie proche du village ! Au bout de 33 jours d’ « éducation » (terme employé en sériculture pour désigner l’élevage des vers à soie) avec quelle joyeuse impatience filles et garçons peuvent alors observer l’énorme chenille tressant son cocon pour s’en faire une prison !...



Croquis sur cahier, vers 1925 (collection musée)



Voici venu, en pédagogie, l’emploi des « méthodes actives ». Les enfants agissent par eux-mêmes le plus possible, observent, raisonnent sur leurs observations et consignent leurs remarques dans des cahiers – dits de sciences ou de croquis – sous forme de petits textes ou de dessins rapides.



Détail d’un panneau Dorangeon à destination des musées scolaires (collection musée)



Dès le CM2, ils sont amenés à réaliser quelques expériences simples : séparer l’amidon du gluten, en triturant un pâton de farine sous le robinet…, verser quelques gouttes de vinaigre sur un bâton de craie carrée pour reconnaître, dans le bouillonnement qui se forme, le gaz carbonique capable d’éteindre l’allumette enflammée… Parce qu’il aura trop bien compris que l’essence de la lampe monte dans la mèche par capillarité, l’élève malicieux aimera observer la tache qui s’accroît de seconde en seconde, lorsqu’il trempe furtivement un coin de son buvard dans l’encrier !






Dès le CM2, ils sont amenés à réaliser quelques expériences simples : séparer l’amidon du gluten, en triturant un pâton de farine sous le robinet…, verser quelques gouttes de vinaigre sur un bâton de craie carrée pour reconnaître, dans le bouillonnement qui se forme, le gaz carbonique capable d’éteindre l’allumette enflammée… Parce qu’il aura trop bien compris que l’essence de la lampe monte dans la mèche par capillarité, l’élève malicieux aimera observer la tache qui s’accroît de seconde en seconde, lorsqu’il trempe furtivement un coin de son buvard dans l’encrier !



Cahier de classe promenade (collection musée)



Un temps particulier permettra aux élèves d’apprendre à reconnaître les arbres, arbustes et même les plantes les plus communes de la région. Un bel herbier, constitué à cette occasion, à titre personnel ou collectif, présentera, après séchage,  rameaux et tiges fleuries étudiés. Ce temps particulier sera la classe promenade mais ceci est une autre histoire qui vous sera contée dans un autre article…

P.P

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