vendredi 27 novembre 2020

Les sciences à l'école 1881-1970

 

L’enseignement des sciences 1881-1970

Apprendre par les choses

(Première partie)



L’éducation des sens

Bien avant les programmes Ferry, c’est d’une manière bien naturelle que Marie Pape-Carpantier (1) avait introduit dans les salles d’asiles, les prémices de la leçon de sciences en enseignant l’« explicitation des usages des choses » et en ayant une approche sensorielle qui convienne mieux à des petits enfants encore « bien éloignés de l’âge de raison ». Encore mieux que la future leçon de choses, cette démarche visant à éduquer les sens s’inscrivait, à l’instar de Jean-Jacques Rousseau, dans l’acceptation du postulat : « le jeune enfant apprend par intuition plutôt que par principe ». 

samedi 14 novembre 2020

 

Alice et la Maison d’Ecole 

Une longue histoire


Rentrée 1974-1975

S’il n’y avait pas eu un Inspecteur Primaire de Montceau et une professeure qui croyaient en l’Histoire de l’école de la République (Joseph Charnay et Suzanne Régnier)… S’il n’y avait pas eu la Principale du Collège d’Enseignement Secondaire Saint-Exupéry qui avait accordé d’emblée toute latitude pour permettre un travail muséographique efficace au sein de son établissement (Alice Besseyrias)… Il n’y aurait jamais eu la première exposition du futur musée : Cent ans d’Ecole et l’existence même de ce dernier aurait vraisemblablement été compromise.


mercredi 4 novembre 2020

 

In memoriam

(le Livre d’Or des instituteurs de Saône-et-Loire 1915-1918)




Aux 143 normaliens morts pour la France

(avoir 20 ans en 1914)

« On a dit aux allemands : « En avant, pour la guerre fraîche et joyeuse ! Nach Paris et Dieu avec nous, pour la plus grande Allemagne ». Et les lourds allemands paisibles, qui prennent tout au sérieux, se sont ébranlés pour la conquête, se sont mués en bêtes féroces.

On a dit aux français « On nous attaque. C'est la guerre du Droit et de la Revanche. A Berlin ! » Et les français pacifistes, les français qui ne prennent rien au sérieux, ont interrompu leurs rêveries de petits rentiers pour aller se battre.

Vingt millions, tous de bonne foi, tous d'accord avec Dieu et leur Prince Vingt millions d'imbéciles Comme moi ! (..) ça commence comme une fête. » La Peur (1925) - Gabriel Chevallier

« Cette tranchée toute neuve était ourlée de terre fraîche, comme une fosse commune. C'était peut-être pour gagner du temps qu'on nous y avait mis vivants. » Les Croix de Bois (Avant l'attaque - 1915) - Dorgelès

Dans cet article, sont consignés :

- L’intégralité des pages des bulletins de l’Instruction concernant les instituteurs de Saône-et-Loire cités, prisonniers, blessés, disparus et morts durant la grande Guerre.

- Les photographies des jeunes normaliens des 6 promotions de l’Ecole Normale de Mâcon durant la Grande Guerre morts pour la France.

- L’index alphabétique des 143 normaliens morts pour la France.

 Peut-être y retrouverez-vous un ancêtre ?  

(Ne sont pas tous référencés : les morts au front de maladies, les nombreux morts des suites de leurs blessures dans les 10 ans d'après-guerre qui sont absents des monuments aux Morts, donc non "Mort pour la France"...) 

vendredi 30 octobre 2020

Cahiers de géographie-2

 

La leçon de géographie

(Deuxième partie)

Territoires d’ici ou territoires lointains

La France a une organisation politique et administrative très structurée ébauchée par l’Assemblée Constituante de 1789 qui créa les 83 départements d’origine. L’Empire napoléonien en compta jusqu’à 130 en 1811, qui s’étendaient de l’Elbe au Tibre. On tenta d’appliquer ce modèle à nos colonies qui « n’avaient pas d’organisation politique : l’autorité du chef ne s’imposait pas au-delà de la faible étendue de son pays (..) pas de sécurité : les nègres du Niger étaient pillés par les Touaregs (..) pas de vie économique : l’agriculture était très arriérée », nous leur apportions la civilisation. (La France et ses colonies, Armand Colin, 1925, page 61). 

lundi 19 octobre 2020

Cahiers de géographie-1

 

La leçon de géographie

(Première partie)




A ceux qui pensent toujours que la Terre est plate…

Dans chaque classe trônait ce globe terrestre qui rappelait avec certitude aux écoliers que la Terre était bien ronde et que, malgré son air penché, elle tournait sur elle-même et autour du soleil, quoi qu’en disaient ou en disent encore certains (1). La démonstration du maître, devant des yeux ébahis, expliquait de manière scientifique la succession des jours et des nuits, la succession des saisons mais sans bousculer toutefois le savoir ancestral des campagnes…


mardi 13 octobre 2020

 

Report de l’ouverture du musée

Au 8 novembre selon la situation sanitaire




Annulation de notre ouverture du 18 octobre pour les raisons sanitaires que chacun imagine. En attendant, restez prudents, soyez vigilants et prenez garde aux fausses informations. Respecter les mesures barrières reste la solution la plus sûre.

Comme l’humour est un bon remède à la morosité, voici quelques exemples de ce que les profiteurs ont pu inventer pour remplir leur bourse en 1918… bien sûr, cela ne marcherait plus aujourd’hui…


vendredi 9 octobre 2020

 

L’école d’après-guerre 

(Période1945-1980)

Entre inquiétudes et innovations


Ecoliers, 1947 (AFP)

Les Trente Glorieuses et l’école

Après les secousses de l’après-guerre et 1968, nombreuses sont les hésitations, les mutations et les efforts pour renouveler et approfondir l’action pédagogique. L’école doit affronter la croissance des effectifs, véritable explosion scolaire due à la vague démographique mais aussi au progrès et à l’allongement de la scolarisation. L’institution fit-elle front à l’enjeu ?

lundi 21 septembre 2020

Des cantines scolaires aux restaurants d'enfants

 

« Je préfère manger à la cantine »



« Je préfère manger à la cantine 
Avec les copains et les copines » Carlos, 1972

A l’instar du chanteur, 1 enfant sur 2 mange à la cantine chaque midi mais est-ce bien volontaire ? Entre ceux qui ne peuvent rentrer chez eux en raison du travail parental, ceux qu’une trop grande distance sépare de la maison ou encore ceux qui trouvent ici le seul repas chaud de la journée, la motivation diffère quelque peu. Il reste que la cantine constitue pour les élèves, un lieu et un temps d’échange, de sociabilité et de socialisation. 


vendredi 11 septembre 2020


Jean Cyrille Cavé (1833-1909)
Fondateur des Sociétés de secours mutuels scolaires en 1881


La Société de secours mutuels de Blanzy (71)

A la suite de la séance du Conseil des Maîtres de l’école de garçons de Blanzy du 24 avril 1911, le procès-verbal stipule que : « Les maîtres de l’école de garçons de Blanzy ont décidé de promettre leur concours au sujet de la Société de secours mutuels de Blanzy pour le recrutement des adhérents parmi les enfants de 6 à 13 ans ». C’est ainsi que va se développer dans cette commune une société solidaire et mutualiste bien moins belliqueuse que la Société de tir scolaire que les maîtres approuvèrent dans la même école lors de leur séance du 12 avril 1908…


lundi 31 août 2020

L'infamie des enfants au travail



Une école libératrice
Plaidoyer pour une rentrée sereine des enfants d’aujourd’hui






Sous le regard de la bourgeoisie, le 19ème siècle s'était voulu le siècle de l'enfant, cet enfant roi que « le cercle de famille applaudit » lorsqu'il paraît selon Victor Hugo, cet enfant malheureux qui prend conscience de la dureté des adultes avec Alphonse Daudet ou de leur mesquinerie avec Jules Vallès, cet enfant qu'il faut choyer tout en le dressant selon la Comtesse de Ségur. Malheureusement, la réalité est tout autre, tous ces enfants ne sont ni comparables, ni égaux entre eux. Les fils de la société bourgeoise ont droit à une éducation scolaire et à une adolescence sentimentale quand, dans le même temps, les enfants des familles ouvrières passent directement du premier âge à celui de travailleur. Le 19ème siècle ignorera ces garçons et ces filles d'ouvriers ou de paysans, obligés à mener une vie d'adulte avant l'âge, mais verra éclore, dans ses dernières décennies, l’école pour tous qui mènera l’écolier des ténèbres vers l’empyrée.