La
photographie scolaire
Entre
voyeurisme et intimité
La
photographie de classe fige un instant de vie qui se voudrait, symboliquement,
une image de l’école magnifiée, un miroir dans lequel chacun se projette et se
reconnaît. Toutefois, les attitudes sérieuses demandées par une maîtresse ou un
maître sévère, révèlent parfois une réalité et un naturel qui revient au galop.
Se voulant irréprochable, l’élève laisse entrevoir, quelques fois, des poses et
une personnalité aussi insolites que fugaces, au détour d’un sourire coquin
esquissé ou d’un regard vague cachant d’autres douleurs. L’exercice figé prend
alors vie pour l’observateur attentif. La photographie scolaire a sa place dans
l’intimité des albums de famille, précieusement conservée, mais là encore, curieux
paradoxe, elle endossera dans le temps un statut « public »,
puisqu’elle sera scrutée par d’innombrables yeux, diffusée qu’elle sera dans la
communauté qui entoure l’école et sera partagée largement aussi par les
générations futures.










