jeudi 25 novembre 2021

Augustine Tuillerie alias G. Bruno



 

Le Tour de la France par

Deux Enfants

Le bréviaire de l’écolier

191e édition, 1889 (collection musée)

Le manuel le plus vendu

Le Tour de la France par deux enfants de G. Bruno, est un manuel qui regroupait la lecture, l'histoire et la géographie, l'instruction civique et la morale. Il connut 411 éditions de 1877 à 1960 pour 8 400 000 exemplaires diffusés, dont 7 000 000 d’exemplaires avant 1914. Sa dernière édition date seulement de 2012, chez Tallendier, collection Texto. Les écolières et les écoliers du pays suivirent, dans cet ouvrage, les pérégrinations de deux enfants dans toutes les régions de France, même chez nous, avec leur passage au Creusot assorti d’une magnifique gravure du Marteau-pilon. La vérité sur son auteur fut longtemps cachée et ce manuel fut même taxé, par Jean Bouvier, professeur à l’Université de Paris, de « refus de la civilisation industrielle » (in Histoire de la France, préface de Georges Duby, édition de 1977, p. 438). Explications…

mardi 9 novembre 2021

Emilienne Moreau, institutrice et résistante

 

250 e article du blog

Emilienne Moreau

Héroïne à 17 ans

Emilienne Moreau, 28 novembre 1915, dans le Miroir (picclick.fr)

Entre espoir en l’avenir et rancœur

« Je suis bien jeune, et je sais que j’ai encore des obstacles devant moi pour exercer la profession vers laquelle m’entraînent mes goûts, mais si jamais je deviens institutrice, oh ! Comme aux petits que j’aurai à former le cœur et l’intelligence, j’enseignerai la haine des Allemands, avec quelle foi je leur répéterai, tant que les années aient passé, que, à l’égard de cet abominable peuple, l’oubli et le pardon sont pour toujours impossibles ». Terribles paroles prononcées du haut de ses 17 ans par Emilienne Moreau dans les pages du journal Miroir en 1915 ; paroles à replacer dans un contexte d’occupation et d’exode, dans les régions du Nord, au début de la Grande Guerre. Avec le temps, forgée par les épreuves de la vie, la jeune Emilienne, deviendra une grande Dame, à la vie patriote et militante, à découvrir.


vendredi 29 octobre 2021

Vercingétorix dans le roman national

 

Vercingétorix

Chronique des héros du Roman National



Vercingétorix, 72-46 avant J.-C., Lionel Noël Royer, 1899 (PDFprof.com)

La guerre des mots

En septembre 2016, un ancien président de la République déclarait : « Dès que vous devenez français, vos ancêtres, ce sont les gaulois et c’est Vercingétorix », affirmant que le sentiment du passé commun est indispensable à la Nation pour se projeter dans un destin partagé. Ernest Renan, écrivain philosophe et historien, répondait déjà en 1882, dans sa célèbre conférence à la Sorbonne « Qu’est-ce qu’une nation ? », à ceux qui adhéraient à cette lecture du roman national : « La France n'est pas une « race », mais, dès Charlemagne, « un empire composé » (..) la considération ethnographique n'a rien à voir dans la constitution de nations modernes (..) le Français n'est ni un Gaulois, ni un Franc, ni un Burgonde. Il est sorti de la grande chaudière où sous la présidence du roi de France ont fermenté ensemble les éléments les plus divers ». Un siècle et demi plus tard, la querelle n’est pas éteinte, dont acte, regardons tout de même de plus près les origines de ce Vercingétorix dont les représentations firent rêver des générations d’écoliers jusqu’à la fin des années 60, années où il retournera aux oubliettes et où Astérix et Obélix commencèrent d’occuper les pensées enfantines.

vendredi 15 octobre 2021

 

Mon maître

Ce Hussard noir de la République


Albert Camus, remise du prix Nobel de littérature, 1957 (Bridgeman Images)

Hommage d’Albert Camus

En 1957, à Stockholm, le grand écrivain Albert Camus reçoit le prix Nobel de littérature. De retour en France, il écrit une émouvante lettre de remerciements à une personne qui lui est chère. Le destinataire n’est pas son père : simple ouvrier agricole, ce dernier est mort pendant la Grande Guerre. Albert Camus n’écrit pas non plus à sa mère, qui est domestique, presque sourde et sait à peine lire. Alors, vers qui vont ses premières pensées ?


vendredi 1 octobre 2021

 

Les illustrations de Georges Dascher

Chapitre 4

L’exposition universelle de 1900

Les exercices physiques



Le pavillon de l’éducation et de l’enseignement à l’exposition universelle de Paris en 1900, assiette polychrome de la manufacture de Sarreguemines (musée Carnavalet)

Aux yeux des autorités, l’école de Jules ferry méritait bien ce bâtiment monumental, planté sur le Champ de Mars, au sein de l’Exposition universelle de 1900. Pour la représenter, le ministère de l’Instruction publique mit en valeur toutes les facettes de l’école républicaine, présentant pêle-mêle, l’école maternelle et l’école élémentaire, les cours complémentaires et les écoles primaires, supérieures, les écoles normales et l’école normale supérieure ; sans oublier les œuvres complémentaires et auxiliaires de l’école et les grandes innovations du moment : la galerie des projections lumineuses et des vues sur verre, les enseignements spéciaux dont les musées scolaires, l’école Somasco (1).

vendredi 17 septembre 2021

Ecole publique et laïcité

 

Les Davidées

Les débuts difficiles de la laïcité à l'école


Une tentative de noyautage de l’école publique ?

1916 : la mémoire des lois sur la laïcité, pourtant proches, est moins vive. Les hommes sont au front mais pas tous les prêtres. Certains d’entre eux vont s’appuyer sur les institutrices publiques pour contrer la laïcité : il faut sauver ces dernières de l’influence laïque. Ces femmes institutrices, auxquelles on refuse encore, comme aux autres du reste, le droit de vote, sont pourtant une catégorie qui résiste à l’emprise cléricale, bien qu'elles en soient aussi une cible privilégiée. Elles sont nombreuses dans les écoles désertées par les instituteurs en ces temps de conflit, souvent isolées, sinon veuves de guerre. Elles ont, pour la plupart, été formées dans les écoles normales, véritables « Hussardes noires de la République » chères à Charles Péguy, ce qui inquiète les militants catholiques. 

jeudi 2 septembre 2021

Dossier de rentrée : les jolies colonies de vacances

 



Le temps béni des colonies…

… de vacances !

Départ des colons, année 50 (FOL38)

You kaïdi aïdi aïda !

Au début du 20e siècle, le séjour en colonie est plus reconnu pour son action d’hygiène préventive que pour ses vertus pédagogiques pour les enfants. Les textes officiels soulignent que la colonie de vacances est la « première ligne de défense contre la tuberculose », « véritable croisade de paix et de rédemption », « œuvre patriotique et humanitaire … de salut public et d’intérêt général ». D’autres voix plus radicale prétendent qu’elle est le « remède au dépérissement de la race », « meilleure arme de guerre contre l’accroissement du prolétariat dégénéré ». Après la Grande Guerre, les objectifs auront changé, il s’agit d’éloigner les enfants des miasmes de la ville industrielle, de leur faire découvrir les bienfaits de l’air, de l’eau et du soleil par un séjour de trois à quatre semaines sur le littoral, à la campagne ou à la montagne, encadré par les nouveaux espaces socialisés de la colonie. En cette période de rentrée, retour sur ces colonies de vacances qui, promues par l'école, ouvrirent des horizons nouveaux à nombre d’écoliers. 


mercredi 18 août 2021

Les illustrations de Dascher-chapitre 3

 

Les illustrations de Georges Dascher

Chapitre 3

Les enfants courageux

Les costumes à travers les âges

Carte postale, illustration de Georges dascher.

L’éducation par l’exemple

Si la leçon de morale et l’éducation civique sont inventées par Jules Ferry dans le but de forger le citoyen nouveau, ces enseignements restent imprégnés des préceptes de la morale chrétienne. L’instauration de la Troisième République est laborieuse et, dans un premier temps, nul ne souhaite choquer la religion catholique majoritaire. L’Eglise ne manqua d’ailleurs pas de se moquer des prétentions de cette morale sans Dieu. C’est ainsi que Jules Ferry, aidé en cela par Ferdinand Buisson, a ajouté aux leçons quotidiennes de morale une série de personnages dont les actions héroïques pouvaient servir d’exemple aux écoliers. Georges Dascher sera mis à contribution.

mardi 3 août 2021

Les illustrations de Dascher-chapitre 2

 

Les illustrations de Georges Dascher

Chapitre 2

Les batailles navales

Les colonies françaises


Honneur à nos conquérants !

Confrontations navales et colonisation des territoires « vierges » (de tout européen…) sont intimement liées, du milieu du 18e siècle jusqu’à l’emblématique bataille de Trafalgar. En effet, à la suite des grandes explorations du 16e siècle, la découverte de nouvelles terres sur le continent américain  ou en Inde avait ouvert une ère d’expansion géographique entraînant une rivalité militaire, économique et territoriale, entre les grandes puissances de l’époque. Ce phénomène n’épargnera pas la France qui déploiera ses activités commerciales sur tous les points océaniques du globe, sans toutefois négliger l’ancien monde méditerranéen. L’Instruction publique se fera l’écho des conquêtes françaises et des combats menés… illustrés par Georges Dascher, évidemment. 

mardi 20 juillet 2021

Les couvertures de cahier de Georges Dascher

 

Georges Dascher

Peintre et illustrateur pour l’Education Nationale

Couverture de cahier illustrée par Georges Dascher (gdascher.jimdofree.fr)

Peintre modeste et illustrateur populaire

Georges Dascher (1851-1912) est passionné de dessin dès son plus jeune âge. Il illustrera nombre de publications « grand public » : affiches, romans d’aventure pour la jeunesse, cartes postales, partitions musicales, romans feuilletons populaires. A la demande du ministère de l’Instruction publique, il va s’investir dans la production de couvertures de cahiers d’écoliers mais aussi dans l’illustration de livres de lecture courante, véritables romans scolaires, destinés à l’éducation morale parmi lesquels : Yvan Gall, le pupille de la marine ; Les enfants de Marcel ; Le tour de France par deux enfants. Dascher est vraisemblablement le plus prolifique  illustrateur scolaire de la fin du 19ème siècle.