vendredi 15 octobre 2021

 

Mon maître

Ce Hussard noir de la République


Albert Camus, remise du prix Nobel de littérature, 1957 (Bridgeman Images)

Hommage d’Albert Camus

En 1957, à Stockholm, le grand écrivain Albert Camus reçoit le prix Nobel de littérature. De retour en France, il écrit une émouvante lettre de remerciements à une personne qui lui est chère. Le destinataire n’est pas son père : simple ouvrier agricole, ce dernier est mort pendant la Grande Guerre. Albert Camus n’écrit pas non plus à sa mère, qui est domestique, presque sourde et sait à peine lire. Alors, vers qui vont ses premières pensées ?


vendredi 1 octobre 2021

 

Les illustrations de Georges Dascher

Chapitre 4

L’exposition universelle de 1900

Les exercices physiques



Le pavillon de l’éducation et de l’enseignement à l’exposition universelle de Paris en 1900, assiette polychrome de la manufacture de Sarreguemines (musée Carnavalet)

Aux yeux des autorités, l’école de Jules ferry méritait bien ce bâtiment monumental, planté sur le Champ de Mars, au sein de l’Exposition universelle de 1900. Pour la représenter, le ministère de l’Instruction publique mit en valeur toutes les facettes de l’école républicaine, présentant pêle-mêle, l’école maternelle et l’école élémentaire, les cours complémentaires et les écoles primaires, supérieures, les écoles normales et l’école normale supérieure ; sans oublier les œuvres complémentaires et auxiliaires de l’école et les grandes innovations du moment : la galerie des projections lumineuses et des vues sur verre, les enseignements spéciaux dont les musées scolaires, l’école Somasco (1).

vendredi 17 septembre 2021

Ecole publique et laïcité

 

Les Davidées

Les débuts difficiles de la laïcité à l'école


Une tentative de noyautage de l’école publique ?

1916 : la mémoire des lois sur la laïcité, pourtant proches, est moins vive. Les hommes sont au front mais pas tous les prêtres. Certains d’entre eux vont s’appuyer sur les institutrices publiques pour contrer la laïcité : il faut sauver ces dernières de l’influence laïque. Ces femmes institutrices, auxquelles on refuse encore, comme aux autres du reste, le droit de vote, sont pourtant une catégorie qui résiste à l’emprise cléricale, bien qu'elles en soient aussi une cible privilégiée. Elles sont nombreuses dans les écoles désertées par les instituteurs en ces temps de conflit, souvent isolées, sinon veuves de guerre. Elles ont, pour la plupart, été formées dans les écoles normales, véritables « Hussardes noires de la République » chères à Charles Péguy, ce qui inquiète les militants catholiques. 

jeudi 2 septembre 2021

Dossier de rentrée : les jolies colonies de vacances

 



Le temps béni des colonies…

… de vacances !

Départ des colons, année 50 (FOL38)

You kaïdi aïdi aïda !

Au début du 20e siècle, le séjour en colonie est plus reconnu pour son action d’hygiène préventive que pour ses vertus pédagogiques pour les enfants. Les textes officiels soulignent que la colonie de vacances est la « première ligne de défense contre la tuberculose », « véritable croisade de paix et de rédemption », « œuvre patriotique et humanitaire … de salut public et d’intérêt général ». D’autres voix plus radicale prétendent qu’elle est le « remède au dépérissement de la race », « meilleure arme de guerre contre l’accroissement du prolétariat dégénéré ». Après la Grande Guerre, les objectifs auront changé, il s’agit d’éloigner les enfants des miasmes de la ville industrielle, de leur faire découvrir les bienfaits de l’air, de l’eau et du soleil par un séjour de trois à quatre semaines sur le littoral, à la campagne ou à la montagne, encadré par les nouveaux espaces socialisés de la colonie. En cette période de rentrée, retour sur ces colonies de vacances qui, promues par l'école, ouvrirent des horizons nouveaux à nombre d’écoliers. 


mercredi 18 août 2021

Les illustrations de Dascher-chapitre 3

 

Les illustrations de Georges Dascher

Chapitre 3

Les enfants courageux

Les costumes à travers les âges

Carte postale, illustration de Georges dascher.

L’éducation par l’exemple

Si la leçon de morale et l’éducation civique sont inventées par Jules Ferry dans le but de forger le citoyen nouveau, ces enseignements restent imprégnés des préceptes de la morale chrétienne. L’instauration de la Troisième République est laborieuse et, dans un premier temps, nul ne souhaite choquer la religion catholique majoritaire. L’Eglise ne manqua d’ailleurs pas de se moquer des prétentions de cette morale sans Dieu. C’est ainsi que Jules Ferry, aidé en cela par Ferdinand Buisson, a ajouté aux leçons quotidiennes de morale une série de personnages dont les actions héroïques pouvaient servir d’exemple aux écoliers. Georges Dascher sera mis à contribution.

mardi 3 août 2021

Les illustrations de Dascher-chapitre 2

 

Les illustrations de Georges Dascher

Chapitre 2

Les batailles navales

Les colonies françaises


Honneur à nos conquérants !

Confrontations navales et colonisation des territoires « vierges » (de tout européen…) sont intimement liées, du milieu du 18e siècle jusqu’à l’emblématique bataille de Trafalgar. En effet, à la suite des grandes explorations du 16e siècle, la découverte de nouvelles terres sur le continent américain  ou en Inde avait ouvert une ère d’expansion géographique entraînant une rivalité militaire, économique et territoriale, entre les grandes puissances de l’époque. Ce phénomène n’épargnera pas la France qui déploiera ses activités commerciales sur tous les points océaniques du globe, sans toutefois négliger l’ancien monde méditerranéen. L’Instruction publique se fera l’écho des conquêtes françaises et des combats menés… illustrés par Georges Dascher, évidemment. 

mardi 20 juillet 2021

Les couvertures de cahier de Georges Dascher

 

Georges Dascher

Peintre et illustrateur pour l’Education Nationale

Couverture de cahier illustrée par Georges Dascher (gdascher.jimdofree.fr)

Peintre modeste et illustrateur populaire

Georges Dascher (1851-1912) est passionné de dessin dès son plus jeune âge. Il illustrera nombre de publications « grand public » : affiches, romans d’aventure pour la jeunesse, cartes postales, partitions musicales, romans feuilletons populaires. A la demande du ministère de l’Instruction publique, il va s’investir dans la production de couvertures de cahiers d’écoliers mais aussi dans l’illustration de livres de lecture courante, véritables romans scolaires, destinés à l’éducation morale parmi lesquels : Yvan Gall, le pupille de la marine ; Les enfants de Marcel ; Le tour de France par deux enfants. Dascher est vraisemblablement le plus prolifique  illustrateur scolaire de la fin du 19ème siècle.


lundi 5 juillet 2021

Chronique des héros du Roman national : Charlemagne.

 

Sacré Charlemagne !

Chronique des héros du Roman National


Lithographie en couleur, 1902

Qui a eu cette idée folle un jour d’inventer l’école ?

D’où vient donc cette affirmation que Charlemagne aurait inventé l’école le 23 mars 789 ? On peut d’ores et déjà dire que cette idée reçue ne date pas des sixties et de la chanteuse France Gall puisque l’illustre personnage fait son apparition dans les programmes d’histoire dès les années 1870 en promoteur de l’enseignement populaire. C’est, du reste, durant cette période que sont « exhumés » nombre de personnages mythiques, héros nationaux nourrissant le roman national, venant au secours de la Troisième république naissante, avide de modèles après la cuisante défaite de 1871…

lundi 28 juin 2021

Claudius Pariat : 80 années passées aux Amis Réunis

 

Claudius Pariat

Défenseur de la cause laïque

Augustine et Claudius Pariat (collection Daroux) 

Une figure montcellienne

L’école de la rue de l’Est, cette belle première école publique de Montceau devenue musée, a vu nombre d’éminents maîtres s’y succéder. Beaucoup d’élèves aussi, qui gardent un souvenir ému de ce lieu emprunt d’histoires et d’Histoire. Claudius Pariat fut l’un de ses écoliers avant de devenir l’un de ses maîtres. Normalien de la promotion 1915-1918 de Mâcon, promotion de la guerre, instituteur dévoué, c’est à huit ans qu’il entra, comme le fit son père avant lui en 1887, dans la Fanfare des Ecoles Laïques de Montceau-les-Mines, plus connue sous le nom de Fanfare des Amis Réunis. Il en deviendra le chef pendant 42 ans…

mardi 15 juin 2021

La Fanfare des Ecoles laïques de Montceau-les-Mines : les Amis Réunis

 

Les Amis Réunis

La fanfare des écoles laïques de Montceau

(Période 1887-1987)

Extraordinaire cliché de la première formation de la Fanfare des Ecoles Laïques : Président et Directeur,  graves en redingote noire, adolescents barbus et gamins en blouse d’écolier, tenant leur premier instrument, l’air vaguement militaire avec leur képi style « bataillons scolaires » en ces temps de revanche de 1870. On notera le sigle République Française sur la bannière colorisée… photographie prise devant le pignon sud de l’école de la rue de l’Est (actuelle école Jean Jaurès où est implanté notre musée),1887


6 juin 1887 : la naissance à la Maison d'école

Dans la jeune ville de Montceau-les-Mines, née en 1856, après la création de sa première école publique de garçon en 1881, l’idée vint de « faire de la musique » de manière plus suivie à un petit groupe de jeunes gens qui se réunissaient au 2ème étage de l’école de la rue de l’Est (notre actuel musée et école Jean Jaurès), dans une chambre d’adjoint du logement des maîtres (Antoine Méchin fréquenta vraisemblablement le groupe (1)). Allait alors naître une fanfare devenue au fil du temps une institution plus connue sous le nom : Les Amis Réunis. En voici l’histoire contée en quelques lignes…