vendredi 10 avril 2020

Antoine Méchin, instituteur



Antoine Méchin
Instituteur à Sanvignes, musicien et poète
Promotion 1884-1887


Extrait du Bulletin n° 44 de l’Amicale, 1913 (collection musée)



Instituteur, musicien et poète

Antoine Méchin est né le mercredi 20 mai 1868 à Charolles et décédé le mardi 6 mars 1951 à Chalon-sur-Saône. Il était le fils de Jean, commissionnaire en vins à Charolles, et de Claudine Savin (originaire de Vendenesse-les-Charolles). Durant ses études dans sa ville natale, il est remarqué comme « très bon élève aimant la musique » et intègre l’Harmonie de Charolles à 13 ans pour y jouer le bugle et le violon. Il en sera membre jusqu’en 1899.





Bibliographie parue dans le Bulletin n° 44 de l’Amicale, 1913 (collection musée)



« Qui ne connaît pas le camarade Méchin, le joyeux convive de nos banquets, l’humoristique collaborateur de nos publications professionnelles, l’aimable artiste du Bois-du-Leu dont la plume de poète et le talent de musicien ont produit tant d’œuvres appréciées dans les concerts organisés par l’école laïque ? Sa notoriété est trop ancienne et assise sur des bases trop solides pour qu’il soit nécessaire de rappeler ses succès et de vanter ses talents. Il fait d’ailleurs partie de la Société des auteurs compositeurs depuis février 1907. » (Extrait de la bibliographie d’Antoine Méchin, bulletin n° 44, page 29)

In memoriam


Hommage à Antoine Méchin, avril 1983 (numérisation musée-collection Berlioz)



Après avoir été en poste avec Marie Lucenet, son épouse, à Grury en 1898, tous deux sont nommés à Sanvignes. Antoine est affecté à l’école du Bois-du-Leu où il restera jusqu’à sa retraite en 1924. Le poste n’est pas facile dans cette première école laïque franchement implantée sans local ! : « Au croisement de la Grande Rue (rue de la Libération) et de la rue Gabriel Péri se trouvait une maison assez vaste qui abritait un café tenu par Madame Bouillin, dit « La Culotte » (au n° 37). La salle de danse de ce café a été louée à la commune de Sanvignes pour la somme de 22 francs par mois pour accueillir les enfants de la première école laïque du Bois-du-Leu. L’instituteur était Monsieur Thivant. J’ai connu des personnes ayant fréquenté cette école (Messieurs Deschamps, Lavigne…) et qui y ont obtenu leur certificat d’études.

C’est en 1901, à l’arrivée à Sanvignes d’Antoine Méchin, que l’école a été transférée dans la grande salle de la coopérative. Cette salle était située à l’étage de cette coopérative (par la suite rue de Stalingrad). » Témoignage de Monsieur Berlioz, 2014, rectificatif de son article du Bulletin municipal n° 9 de 1984.
L’école aurait même occupé un moment, en attendant la construction neuve opérationnelle en 1908, la salle de danse du café du café Bernard dit « Bignouset » (bureau de tabac Joly) (1).

Méchin, instituteur musicien

Bon musicien, bugliste et passionné de musique, Antoine Méchin intègre dès 1901 la toute jeune fanfare de Sanvignes créée en 1899, le Réveil Social des Travailleurs. Entré exécutant en 1900 dans la Société, il en sera chef rapidement de 1901 à 1914, puis Président-Directeur de 1914 à 1927. Son épouse tint le piano durant la période.



Revue d’Antoine Méchin, « Sanvignes s’éveille » (numérisation musée-collection Berlioz)



Durant 25 années, il imprimera sa marque dans la conduite de la Société, faisant preuve d’une grande pédagogie auprès des jeunes de la ville qu’il guidera toujours avec bonhommie, métier oblige. Son talent allié à cette jeunesse enthousiaste va donner naissance à des Revues très appréciées : « Sanvignes s’éveille » (2), « Sanvignes chante », autant d’occasion de rendre hommage aux coutumes de la ville. La notoriété de ses créations dépasse largement les frontières de la commune et même du Bassin minier. A Montceau, la troupe Bertin-Bert jouera « Montceau s’amuse », « Montceau a bonne mine » ou encore « Tout le monde en parle ». Dans le département, de nombreuses représentations ont aussi lieu, notamment grâce au relais des anciens de l’Ecole Normale de Mâcon. Méchin signait souvent ses Revues du nom de Jehan du Bois-Bouché (lieu-dit bien connu de la commune de Sanvignes !)



Chant pour les écoles, « Salut à l’Ecole » (in Cent Ans d’Ecole, collection musée)



Sous le titre de Concerts à l’école, Antoine Méchin publie différentes œuvres dont voici quelques titres : « l’Hymne à la République », « Adieu mon rêve », « les Roses », « les Etoiles », scènes poétiques pour jeunes filles. Notons aussi : « Salut à l’école », Chœur à deux voix, Vaillants gymnastes, Plus loin que l’azur, L’ouvrière chante, Sème paysan. Auteur prolifique, il serait bien difficile de dresser ici la liste complète de ses œuvres (3) !

Méchin, instituteur poète

Dans le prolongement des Concerts à l’école, Antoine Méchin écrit une amusante parade en prose, le Régénérateur, et des comédies enfantines, le Bon Juge, les Bons p’tits gars, entre autres. On peut y ajouter encore Scènes de Printemps, pièce en un acte avec chants, divertissement et apothéose, toutes ces œuvres pouvant être jouées en plein air et interprétées avec succès à Montceau, Charolles, Mâcon.



Extrait du Théâtre Fantaisiste par Antoine Méchin (numérisation musée-collection Berlioz)



Il a étendu aussi son champ d’action au-delà de l’école. Il a fait paraître de petites pièces pleines d’humour : Les Ennuis du Député, Une Affaire grave, Les Mines de Radium, Chez le Coiffeur, Le Jour de Noémie, Faut que je demande à ma femme, A Propos de Musique, La Blouse de la Mère Latrique,  et de nombreux monologues avec enfin un petit opuscule intitulé Histoire brèves (4).

Notons, pour l’anecdote, le poème  l’Instituteur en vacances (5), qu’il composa en août 1909 selon certaines sources, paroles et musique, et qui fit polémique. Sources peu plausibles si l’on en croit le bulletin n° 53 de l’Amicale de Anciens Elèves de l’Ecole Normale de Mâcon qui, en 1925, cite l’Instituteur en vacances comme nouveauté. Du reste, autre source, J.P. Valabrègue date l'œuvre de 1919 dans un de ses articles. Quoi qu’il en soit, le poème fit le tour de toutes les Ecoles Normales de France et notamment celle de Draguignan. Marius Autran, autre instituteur-écrivain, historien de la vie seynoise, grand résistant, promotion 1928-1931, attribuait à sa promotion, « L’avenir », la paternité du poème voire même que l’auteur aurait pu en être Florentin Alziary. Jean-Claude Autran, fils de Marius note sur son site : « Lorsque que Marius Autran évoquait ses souvenirs de l’école normale, il prétendait que la chanson l’Instituteur en vacances était l’œuvre de la promotion (ou d’un élève de la promotion) de Florentin Alziary, comme si Antoine Méchin avait été l’un d’eux. Or nos recherches ont montré qu’Antoine Méchin, instituteur artiste, était originaire de Saône-et-Loire. (..) Marius Autran n’étant plus là pour évoquer ses souvenirs, nous n’avons jamais pu élucider l’origine de cette confusion. » Toujours est-il que le fameux Florentin n’était pas non plus de la promotion « l’Avenir » 28-31 mais de la promotion 17-20 puisque né en 1898, il aurait donc eu onze ans si Méchin avait écrit le poème en 1909. Le mystère s’épaissit…



Partition de l’Instituteur en vacances (collection musée)

Partition de Plus loin que l’azur  (collection musée)


Méchin, « le Barde des prolétaires »


C’est sous ce sobriquet qu’Antoine Méchin est présenté, en 1913, dans le bulletin n° 43 de l’Amicale des Anciens élèves de l’Ecole Normale de Mâcon. En effet, on retrouve régulièrement la trace de l’intervention d’Antoine Méchin dans l’animation de fin de banquet de l’amicale et ce jusqu’en 1925, dernière date à laquelle il est mentionné.


Compte-rendu de l’Assemblée Générale de l’Amicale 1913, Bulletin n° 43 (collection musée)


Compte-rendu de l’Assemblée Générale de l’Amicale 1925, Bulletin n° 53 (collection musée)



Méchin, instituteur journaliste

Dès la naissance du journal satirique du Bassin minier La Gueule Noire, en 1924, Antoine Méchin écrivit dans ses colonnes, entouré de ses fondateurs Pierre Camus, Lucien Chapuis et Georges Jordery. Sa plume aiguisée commentait l’actualité du moment sous son pseudo favori : Jehan du Bois-Bouché.



Antoine Méchin vu par Marix, caricaturiste de La Gueule Noire (collection privée)



Le temps de la retraite

La retraite sonna en 1924 et, en 1925, Antoine Méchin quitta Sanvignes pour Cormatin, toujours en Saône-et-Loire où il fut élu maire et bien sûr Chef de l’ensemble musical. Il continuera d’animer la société avec conviction comme il le fit à Sanvignes. Quand la mort de son épouse surviendra, il se retirera à Chalon-sur-Saône auprès de ses enfants et continuera son travail d’écriture pour revues et journaux. Il reviendra quelquefois à Sanvignes revoir ses nombreux amis (notamment à la Fête des Médaillés 1948 à laquelle il prononcera un véhément discours (6)) et s’éteindra à Chalon le 6 mars 1951 à l’âge de 82 ans ayant jusqu’à la fin gardé toute sa lucidité. Il avait été 38 ans l’instituteur, le maître, dévoué à l’école laïque, il fut l’un des créateurs de la Fédération Musicale de Saône-et-Loire (7) et il fut un grand promoteur de la musique notamment au sein de la fanfare de Sanvignes.



Avis de décès d’Antoine Méchin (numérisation musée-collection Berlioz)

Remerciements de la famille (numérisation musée-collection Berlioz)



Pour maintenir la mémoire d’Antoine Méchin, l’instituteur du Bois du Leu, une rue de Sanvignes porte son nom depuis 1997(à la suite d’une décision du conseil municipal prise en 1953...).



Antoine Méchin (numérisation musée-collection Berlioz)



L’hommage de 1983

En 1983, sous l’égide de M. Gilbert Berlioz (7), Directeur de l’Harmonie de Sanvignes, un hommage fut rendu à Antoine Méchin durant deux journées du souvenir. Exposition, colloque, débat et spectacle furent organisés par les responsables du « Réveil Social des Travailleurs ». Les anciens acteurs-chanteurs de la troupe « Les Amis d’Antoine Méchin » s’étaient alors succédés sur scène ravivant la flamme de leur jeunesse talentueuse.



Programme de la soirée Hommage à Antoine Méchin, Sanvignes, 30 avril 1983  (numérisation musée-collection Berlioz)

Soirée Antoine Méchin, Sanvignes, Le Progrès du 28 mars 1983  (numérisation musée-collection Berlioz)

Hommage à Antoine Méchin, réuinion causerie avec les anciens ayant connu le « Maître », salle Armand Baudin à Sanvignes, Le Dauphiné du 29 mars 1983, (numérisation musée-collection Berlioz)

Soirée Antoine Méchin, Sanvignes, Le Progrès du 30 avril 1983  (numérisation musée-collection Berlioz)



 (1) : Souvenirs de l’école du Bois du Leu et du « maître » par M. CLEAU, instituteur, extrait d’un bulletin de l’Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole Normale de Mâcon :



(collection musée)

(collection musée)

(collection musée)

(collection musée)

(collection musée)



(2) : Revue d’Antoine Méchin, « Sanvignes s’Eveille » : 



(numérisation musée-collection Berlioz)

(numérisation musée-collection Berlioz)

(numérisation musée-collection Berlioz)

(numérisation musée-collection Berlioz)

(numérisation musée-collection Berlioz)

(numérisation musée-collection Berlioz)

(numérisation musée-collection Berlioz)

(numérisation musée-collection Berlioz)

(numérisation musée-collection Berlioz)

(numérisation musée-collection Berlioz)



(3) : Quelques chants :



(numérisation musée-collection Berlioz)

(numérisation musée-collection Berlioz)

(numérisation musée-collection Berlioz)

(collection musée)


(numérisation musée-collection Berlioz)



(4) : Quelques pièces de théâtre :



 (numérisation musée-collection Berlioz)

 (numérisation musée-collection Berlioz)

 (numérisation musée-collection Berlioz)



(5) : Paroles de l’Instituteur en vacances : 






(6) : Discours d’Antoine Méchin à la Fête des Médaillés le 23 mai 1948 :



Fête des Médaillés, 23 mai 1948, Antoine Méchin au centre (fonds musée-collection Berlioz)

 (fonds musée-collection Berlioz)

 (fonds musée-collection Berlioz)

 (fonds musée-collection Berlioz)

 (fonds musée-collection Berlioz)

 (fonds musée-collection Berlioz)



(7) :



Bulletin de la Fédération Musicale de Saône-et-Loire, n° 24 d’avril 1948 (fonds musée-collection Berlioz)
Bulletin de la Fédération Musicale de Saône-et-Loire, n° 24 d’avril 1948 (fonds musée-collection Berlioz)



(7) : Remise de la Médaille de la Ville à M. Berlioz par M. Lagrange, Maire de Sanvignes, le 11 novembre 2018, après 74 ans d’ancienneté dans la Société.   





Remerciements appuyés du musée à M. Berlioz, pour la documentation fournie qui a alimenté cet article


Monsieur Berlioz, photographie Jean Gaumet (collection musée)




Sources :

- Archives de M. Berlioz, Directeur honoraire de l’harmonie de Sanvignes « Le Réveil Social des Travailleurs »
- Archives musée de la Maison d’Ecole
- Bulletins de AVNP71 :
https://www.lejsl.com/edition-de-montceau-les-mines/2012/09/15/antoine-mechin-%281868-1951%29
- Livre « Cent Ans d’Ecole » publication musée
- Article J.P Valabrègue :
https://www.lejsl.com/edition-de-montceau-les-mines/2012/09/15/antoine-mechin-%281868-1951%29

P.P

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