Apprendre
à lire : la méthode syllabique
Le
plaisir de lire
(collection musée)
Méthodes
et techniques d’inculcation
Lire
individuellement dans un syllabaire, lire collectivement sur des planches
murales, épeler d’une voix chantonnante, furent longtemps les règles contraintes
qui devaient habituer l’oreille et l’œil de l’élève au décryptage des phonèmes.
Mais durant des siècles, en même temps qu’il décryptait, l’enfant s’imprégna d’une religion au début, puis
d’une idéologie par la suite. Avec ou sans Dieu, l’école fonctionna comme un
système de normalisation socio-culturelle : je dois travailler, je dois
aimer mes parents, je dois défendre ma patrie, principes qui trouveront un
dernier écho à Vichy… Il faudra attendre l’après-Grande Guerre et la réforme de
1923, pour voir apparaître une méthode de lecture « En riant »,
suivie d’autres, plus adaptées à l’imaginaire enfantin. Apprendre à lire pouvait-il,
dès lors, être un plaisir ?
Certes, la pédagogie a
beaucoup évolué mais rappelons-nous qu’à la fin du 19e et au début
du 20e siècle, pour le maître, lire n’était pas seulement ânonner un
texte, encore fallait-il le faire dans la langue du « français
national » de Racine et d’Hugo. L’élève devait oublier son patois et
perdre son accent campagnard et, ainsi, cette « unification nationale »
pour certains ou cet « impérialisme culturel » pour d’autres, devait
le conduire à une émancipation sociale et une mobilité géographique profitable
aux forces économiques. Dont acte. Il reste que l’industrialisation des villes
et le besoin de main d’œuvre y affairant, ont lourdement pesé sur la mise en
place du réseau d’écoles dans les villes, avant et après la naissance de
l’école publique obligatoire.
Registre des conférences
pédagogiques de 1881 à 1961 (collection musée)
Il semble intéressant de
mettre en parallèle ce que préconisaient dès 1880, les cadres de l’Instruction
publique, en l’occurrence les Inspecteurs primaires et les méthodes mises à
disposition des maîtresses et des maîtres, dès 1890, par les éditeurs de manuels (1).
Un registre des conférences pédagogiques dispensées par l’Inspecteur de la
circonscription de Montceau-les-Mines (important centre minier), au secteur
beaucoup plus rural de Palinges, de 1881 à 1961 apportera un éclairage plus
local. Mais auparavant, penchons-nous sur l’utilisation du plus ancien support
d’apprentissage de la lecture : l’abécédaire.
Registre des conférences
pédagogiques de 1881 à 1961 (collection musée)
Bien
avant 1923
Ce petit livre contenant
l’alphabet renfermait la clé de la maitrise de la lecture. A la genèse, il fut
illustré de gravures austères et souvent religieuses, avant de proposer des
vignettes plus colorées. Objet du quotidien des familles, il emprunta toutes
sortes de formes, à une époque où la scolarisation des enfants était aléatoire,
les écoles rares ou payantes, dans une société rurale au sein de laquelle les
enfants participaient très tôt aux travaux des champs ou dans une autre, plus
industrielle, qui les employait très jeunes. L’illettrisme frappait la majorité
de la population (2), l’apprentissage de la lecture se faisant souvent
uniquement dans le cadre familial à la condition de posséder un abécédaire et
une personne ayant appris les rudiments de la lecture…
Quoi qu’il en soit, les
abécédaires furent l’héritage d’un modèle de l’ancien régime, qui, peu à peu,
tout au long du 19e siècle, bénéficia des avancées progressives de
l’apprentissage de la lecture. Ainsi, leur structure s’enrichit de différentes
étapes : après avoir été un simple alphabet présentant des lettres, imagé
ou non, on verra apparaître des syllabes, des mots, puis de petites phrases et
enfin de courts textes composés de fables, de contes moraux, de consignes de
civilités, voire de catéchisme.
Les abécédaires sont alors
les prémices de ce qui va devenir le marché du livre pour enfants, pénétrant
dans tous les foyers, dans ce vaste mouvement d’alphabétisation, que
parachèvera Jules Ferry avec ses lois instituant l’école obligatoire, gratuite
et laïque, voulue par la Troisième République. Ces ancêtres du « livre de
lecture » seront le véhicule de la culture écrite et seront, au passage,
un rappel permanent aux valeurs de la société républicaine en général et de la
famille en particulier, inculquant aux
enfants : obéissance, tempérance et travail, remplaçant alors les
préceptes religieux.
Voici donc l’origine de la
démarche synthétique de l’apprentissage de la lecture qui allait du simple au
plus complexe et qui fut à l’origine de toutes les méthodes dites
« syllabiques ». Nous ne présenterons ici que l’exemple du Nouvel alphabet, Bébé saura bientôt lire
de 1874, illustrant bien cette méthode :
Jusqu’aux années 1880, l’apprentissage
de la lecture n’avait pratiquement suivi que cette démarche synthétique. Ce
sont les réformes de Jules Ferry qui vont introduire de nouvelles méthodes de
lecture, rompant avec l’ordre alphabétique. Alors, dans les décennies qui
suivirent, abécédaire ou syllabaire furent relégués au rang de « pratiques
familiales », de méthode de lecture qu’il fut, il ne devint qu’un alphabet
illustré, un imagier récréatif que l’on offrait aux enfants en cadeau
d’étrennes… Pour tout savoir sur les alphabets, je vous renvoie à l’article de
ce blog : Connaissez-vous votre
alphabet ? Blog
dédié au Musée de l'école à Montceau-les-Mines: Les abécédaires
(musee-ecole-montceau-71.blogspot.com).
Que
nous dit notre registre montcellien sur l’apprentissage de la lecture dans les
années 1880 ?
Registre des conférences
pédagogiques de 1881 à 1961 (collection musée)
Monsieur l’Instituteur de
Palinges expose les résultats de sa réflexion sur l’enseignement de la lecture
et de l’écriture à ses collègues dont l’un d’eux fait remarquer : « que l’usage des livres lui paraît préférable à celui des tableaux mais
son opinion ne prévaut pas et l’assemblée décide que les tableaux de lecture
doivent être employés de préférence aux livres, afin de ne pas tomber dans le
mode individuel ». Monsieur l’Inspecteur aborde l’apprentissage
simultané de la lecture et de l’écriture : « Un seul des membres présents soutient que les enfants ne doivent
commencer à écrire autant qu’ils savent lire ; tous ses confrères affirment
au contraire que les exercices de lecture et d’écriture doivent se faire
simultanément. Cette dernière manière de voir obtient la majorité. »
Méthode Cuissard,
Enseignement pratique et simultané de la lecture, de l’écriture, de
l’orthographe et du dessin, 1882 (collection musée)
Quelques observations sont ensuite échangées,
le président faisant remarquer qu’il est bon d’ajouter aux exercices
d’écriture, de petits exercices de dessin qui intéressent les enfants et
développent chez eux « le goût du beau », à travers des frises
notamment. Quelques observations sont alors échangées sur les différentes
méthodes de lecture, restant tout de même extrêmement vagues : « Tous les membres de la conférence se
sont accordés à dire que la valeur d’une méthode dépendait surtout de la
manière dont elle était employée et que la meilleure était celle qui donnait le
plus de résultats. » On ne fait pas mieux en matière de langue de bois
pédagogique. Et Monsieur l’Inspecteur de conclure : « On décide que les exercices de la langue française doivent
marcher de front avec ceux de lecture et d’écriture car aussitôt qu’un enfant
est capable de lire et d’écrire quelques mots, l’Instituteur pourra lui donner
les premières notions d’orthographe et de grammaire, mais il évitera dans tous
les cas les définitions abstraites et s’attachera à faire découler les règles
des exemples. » Il évoque ainsi une pédagogie plus active qui confirme
« qu’énoncer le fait n’est pas en
apprécier le résultat ». La séance se termine par l’annonce de la
création d’une bibliothèque pédagogique sur le canton.
Registre des conférences
pédagogiques de 1881 à 1961 (collection musée)
La conférence du 13 mai 1881
s’avérera beaucoup plus directive. Concernant l’enseignement simultané de la
lecture et de l’écriture, Monsieur l’Inspecteur déplore la mauvaise application
des recommandations acceptées par tous lors de la précédente conférence. Les
maîtres semblent manquer de stratégie face à cette méthode
« simultanée », ce qui amène l’inspecteur à clarifier sa conception
de l’enseignement de la lecture.
Méthode simultanée de
lecture et d’écriture, Berton, 1895 (collection musée)
Force est de constater que
les idées nouvelles n’ont pas encore pénétré la circonscription : le
français est une langue alphabétique, par conséquent, l’apprentissage de la
lecture doit s’appuyer sur la connaissance des lettres, leur épellation, ainsi
que sur la combinaison des graphies vers la phonie correspondante, donc, de
passer d’un code inconnu (la combinaison des lettres) vers le code connu (la
chaîne des sons de la langue orale) : c’est le b.a = ba de la méthode
syllabique, belle mécanique qui lie « simultanément » phonie et
graphie, promettant que la langue sera lue ou écrite avec un minimum d’erreurs
possibles… en principe.
Registre des conférences
pédagogiques de 1881 à 1961 (collection musée)
La
méthode syllabique en quelques mots
C’est la méthode la plus
ancienne, à la longévité remarquable. Dès l’antiquité romaine on trouve trace
de sa pratique à travers les abécédaires et les syllabaires. Qualifiée de
« synthétique », la structure et l’ordre de ses leçons sont
immuables : la découverte de mots-clés illustrés fait apparaître le son
qui va être étudié. La formation de syllabes puis la lecture de nouveaux mots
de la même « famille » viennent enrichir un vocabulaire qui permet de
déchiffrer des phrases simples. Les exercices vont de pair avec l’apprentissage
de l’écriture. Leçon après leçon, cette méthode dite aussi
« combinatoire » favorise le déchiffrement par l’acquisition rapide
d’automatismes. Comme l’expliquait plus haut Monsieur l’Inspecteur en 1881,
tout est basé sur l’équivalence orale de l’écrit, phonèmes-graphèmes, pour
arriver à un élément plus complexe, le mot, en passant par la prononciation
mécanique d’éléments syllabiques simples : ma, me, mi, mo, mu, ta, te, ti,
to ,tu… voire de syllabes inversées comme le propose les cartons mobiles de la
méthode René Joly.
Florilège :
Nouvelle Méthode pratique de
lecture, J. Stal, 1900 (manuelancien.fr)
Nouvelle méthode de lecture,
écriture, orthographe, Gabet et Gillard, 1913, rééditée en 1947 (collection
musée)
Exercices de langage et
méthode de lecture, Delage et Vernay, première édition 1920, réédité en 1933
(collection musée)
Méthode rapide de lecture,
Fournier, première édition 1925, réédité jusqu’en 1955
La lecture syllabique
illustrée, Bremond et Mouret, édition 1938, manuel édité depuis 1900
(manuelancien .fr)
En riant, la lecture sans
larmes, R. Joly, vers 1930, méthode en 3 livrets (collection musée)
La Journée des Tout Petits, méthode Boscher, 1936
(collection musée)
Joyeux départ, Mlle B.
Joghon, 1950 (collection musée)
Apili, apprendre à lire
grâce à l’humour, méthode syllabique, Benjamin Stevens, 2021 (Editions Liberté)
Nous aurions pu rajouter,
pêle-mêle : La petite classe,
Méthode de lecture, par Belot et Devinat, 1918 ; Le syllabaire Langlois, chez Armand Colin, 1910 ; méthode de lecture et récits enfantins, de
Pierre et Minet, 1920 ; Méthode de
lecture, par Mironneau et Philippe, 1921 ; Le français par les choses et par l’image, par Lyonnet, 1924 ;
Le grand syllabaire illustré de la
méthode rationnelle de lecture, par f.-A. Noël, 1925 ; L’enseignement rationnel de la
lecture : méthode Biron, par Biron, 1930 ; Méthode François, 1949 ; ou encore Mamadou et Bineta, par A. Davesne, syllabaire destiné à
l’enseignement de la lecture dans nos colonies d’Afrique Noire :
Mamadou et Bineta, A.
Davesne, 1950 (livreancien.fr)
Finalement, on notera une
nette baisse de production des manuels de lecture syllabique dans la seconde
moitié du 20e siècle, du fait de leur remplacement progressif par
les manuels de méthode globale ou, finalement, de méthode mixte.
Inutile de vous dire que la
liste présentée ici n’a rien d’exhaustif, le nombre des méthodes de lecture
parues en un siècle et demi ayant dépassé les 700 ! Nous espérons
toutefois que certains d’entre vous auront pu reconnaître celle qui fut à l’origine
de leur apprentissage de la lecture et que les souvenirs y étant attachés
seront remontés à la surface (bons ou moins bons…).
Patrick PLUCHOT
Prochain
article
Apprendre
à lire : méthode globale ou mixte ?
Les
clés de la liberté
Sources :
-
Archives Musée de la Maison d’école.
-
Articles du blog du musée.
-
Sur
les pupitres des écoliers, Noël Coret, 2006
-
L’école
communale dans la Communauté urbaine, A. Dessertenne et J.F. Rotasperti, 1993
-
L’usage
exclusif de la méthode syllabique, in Fenêtre sur cours, 2018.
-
Apprentissage
de la lecture : un rapport critique des « pédagogies
inacceptables » adoptées par les enseignants, in Marianne, Marie-Estelle Pech, 2022.
-
Manuelsanciens.com
-
Archives.org
-
Gallica.Bnf.fr
Une
bibliographie partielle sur l’apprentissage de la lecture à consulter : (pour les courageux)
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-
G. BOUQUET, L'apprentissage de la
lecture, Armand Colin, 1931.
-
M. CHANSON, S. OLANIÉ, Lecture globale;
lecture active, L.N.S:, 1945.
-
P. MÉZEIX, Méthodes de
lecture, Bourrelier-C.P.M., 1947.
-
R. DOTTRENS, E. MARGAIRAZ, L'apprentissage de
la lecture par la méthode globale, Delachaux-Niestlé, 1947.
-
J. DE AJURIAGUERRA, « L'apprentissage de la lecture et
ses troubles », Enfance, n°5, 1951.
-
L. BALESSE, C. FREINET, La lecture par
l'imprimerie à l'école, C.E.L., 1961.
-
C. FREINET, Méthode
naturelle de lecture, C.E.L., 1961.
-
F. KOCHER, La rééducation
.des dyslexiques, P.U.F. 1962.
-
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d'apprendre à lire, Armand Colin, 1963.
-
R. MUCCHIELLI, A. BOURCIER, La
dyslexie, maladie du siècle, E.S.F.,
1964.
-
H. CANAC, La lecture, Didier, 1965.
-
S. BOREL-MAISONNY, Perception
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-
R. DOTTRENS, Au seuil de
la lecture, 2 vol., Éditions du Scarabée, 1965-1966.
-
C. GATTEGNOT, La lecture
en couleurs, Delachaux-Niestlé, 1966.
-
S. BOREL-MAISONNY, Langage oral et
écrit, vol. 1, Delachaux-Niestlé, 1966.
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les apprentissages précoces, P.U.F., 1982.
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de la lecture, C.R.D.P., Rouen, 1987.
Un
complément « psychopédagogique » : (pour les très courageux)
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P. GUILLAUME, La
formation des habitudes, P.U.F., 1948 (1re éd.
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H. WALLON, L'éducation psychologique de
l'enfant, Armand Colin, 1941.
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XXX. Le
cerveau, coll. « Bibliothèque Pour la science », Belin, 1984.
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G. LAZORTHES, Le cerveau
et l'esprit, Flammarion, 1984.
(1) : En
effet, c’est Jules Ferry qui avait ouvert la porte des écoles aux éditeurs dès
1880, en confiant aux instituteurs le choix des manuels qu’ils désiraient
utiliser, à la suite d’un rapport de Ferdinand Buisson du 6 novembre 1879 :
les maîtres devaient utiliser le livre dans leur enseignement. Si le choix leur
incombe, Jules Ferry, par son décret du 29 janvier 1890, en fixe le nombre et
la nature : « les
élèves devront disposer d’un livre de lectures, d’un livre de grammaire, d’un
livre d’arithmétique, d’un petit atlas de géographie et d’un livre d’histoire
de France ». La fin du 19e
siècle verra croître une quantité de maisons d’édition scolaire.
(2) : Comme
le rapporte A. Dessertenne et J. F. Rotasperti : dans son étude sur
l’alphabétisation en Bourgogne, Pierre Lévêque écrit qu’entre 1827 et 1830, les
cantons de l’Autunois et du Charolais comptaient 80 % de conscrits
analphabètes. Cet état de fait sera constaté aussi dans les centres urbains industriels
naissants, comme dans le Bassin de Blanzy (Montceau-les-Mines n’existait encore
pas) et au Creusot, où la classe
ouvrière était d’origine rurale locale. En 1833, un inspecteur écrit : « La population du Creusot est
ignorante, sauvage, turbulente, corrompue : il lui faudrait un bon
instituteur. » La création d’écoles
par les patronats locaux va avoir une incidence décisive. Dès 1837, les
Schneider créent une école et, en 1845, le taux des conscrits illettrés du
canton tombe à 33 %. Dans le Bassin minier, alors canton de Mont-Saint-Vincent,
la situation reste plus contrastée avec 55 % d’illettrés. Il faudra attendre
1869 et le développement complet du système scolaire Chagot, pour que ce taux
tombe à 14,5 % dans ce canton alors que celui du Creusot se stabilisera à 15 %.
Dans des villes comme Montceau ou Le Creusot, la politique patronale de
fidélisation des ouvriers et de leur formation aux exigences de l’industrie, va
passer par la prise en charge de la plupart des équipements collectifs de ces
localités, églises, hôpitaux et surtout écoles, dont Amédée Burat, observateur
contemporain des Chagot, écrira en 1877 : « En voyant l’ampleur
et la bonne organisation des écoles de Montceau, l’ordre et la discipline de
leur tenue, on ne peut guère que désirer l’extension de pareils établissements
dans toutes les contrées du pays. Nous doutons d’ailleurs qu’il soit possible à
un gouvernement de fonder l’éducation primaire sur des bases aussi
solides. » Ce que contredira Jules
Ferry quelques années plus tard avec la création de l’école publique
laïque, gratuite et obligatoire.
Bravo pour ce beau travail ! Dans les comptines je rajouterai "petit jean qui danse" qui finit par être coupé en morceaux ! J'ai toujours mon livre de lecture "petit Gilbert".Je t'embrasse et espère te voir bientôt.Ta cousine MF.
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