6 ans déjà. Stop !
De Voltaire à Souchon…
Arts Urbain, 2021
« Ces
gens-là sont persuadés que l'esprit saint qui les pénètre est au-dessus des
lois, que leur enthousiasme est la seule loi qu’ils doivent entendre. Que
répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes,
et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ? »
Voltaire, Dictionnaire philosophique, 1764
« Et si le ciel
était vide
Si toutes les balles traçantes
Toutes les armes de poing
Toutes les femmes ignorantes
Ces enfants orphelins
Si ces vies qui chavirent
Ces yeux mouillés
Ce n'était que le plaisir
De zigouiller
Et l'angélus
Qui résonne
Et si en plus
Y'a personne »
Souchon/Voulzy, 2005
Pensums anti religion ?
Non, ni pour l’un, ni pour l’autre. Une lutte contre le fanatisme ? Oui. N’oublions pas Samuel Paty, le 16 octobre 2020, ni les guerres qui dévorent le Monde aujourd’hui…
« Les religions me touchent beaucoup parce qu'elles
proposent un secours dont tous les hommes ont besoin. Ils sont un peu perdus
dans cet inconnu où nous nous trouvons : la terre, l'infini, la mort...
Donc les religions apportent des réponses aussi bien aux musulmans qu'aux
juifs, bouddhistes ou chrétiens. Par contre, l'extraordinaire des événements
récents de la vie mondiale est de constater que des guerres éclatent entre les
gens à cause des religions : ils veulent que les autres choisissent la
leur, sans ça ils les tuent ! Nous, on a fait pareil avec les croisades,
l'Inquisition... Ce qui est curieux par rapport à ces guerres de religions,
c'est qu'elles sont justement tellement loin de la religion ! C'est
tragiquement drôle. » Souchon
Voltaire, quant à lui, va
combattre l'obscurantisme religieux. Tout en
critiquant le christianisme il prend
position contre l'esclavage, pour la
défense de la liberté d'expression et de la liberté de religion, mais aussi pour la séparation de l'Église et
de l'État. Il ne croit pas à l’existence de Dieu et déclarera : « Je n'ai jamais adressé qu'une seule
prière à Dieu, une prière très courte : « Ô Seigneur, rends mes
ennemis ridicules. » Et Dieu me l'a exaucée. » Voltaire
Dictionnaire Philosophique, article « Fanatisme »,
1764.
« Le fanatisme est à la superstition ce que le
transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère. Celui qui a des
extases, des visions, qui prend des songes pour des réalités et ses
imaginations pour des prophéties, est un enthousiaste; celui qui soutient sa
folie par le meurtre est un fanatique. Barthelemi Diaz, retiré à Nuremberg, qui
était fermement convaincu que le pape est l'Antéchrist de l'Apocalypse, et
qu’il a le signe de la bête, n’était qu'un enthousiaste; son frère, Barthélemy
Diaz, qui partit de Rome pour aller assassiner saintement son frère, et qui le
tua en effet pour l'amour de Dieu, était un des plus abominables fanatiques que
la superstition ait pu jamais former. Polyeucte, qui va au temple, dans un jour
de solennité, renverser et casser les statues et les ornements, est un
fanatique moins horrible que Diaz, mais non moins sot. Les assassins du duc
François de Guise, de Guillaume, prince d'Orange, du roi Henri III et du roi
Henri IV, et de tant d'autres, étaient des énergumènes malades de la même rage
que Diaz. Le plus détestable exemple de fanatisme est celui des bourgeois de
Paris qui coururent assassiner, égorger, jeter par les fenêtres, mettre en
pièces, la nuit de la Saint-Barthélemy, leurs concitoyens qui n'allaient point
à la messe. Il y a des fanatiques de sang-froid : ce sont les juges qui
condamnent à la mort ceux qui n'ont d'autre crime que de ne pas penser comme
eux ; et ces juges-là sont d'autant plus coupables, d’autant plus dignes de
l'exécration du genre humain que, n'étant pas dans un accès de fureur, comme
les Clément, les Châtel, les Ravaillac, les Gérard, les Damiens, il semble
qu’ils pourraient écouter la raison. Lorsqu’une fois le fanatisme a gangrené un
cerveau, la maladie est presque incurable. J'ai vu des convulsionnaires qui, en
parlant des miracles de saint Pâris, s'échauffaient par degrés malgré eux:
leurs yeux s'enflammaient, leurs membres tremblaient, la fureur défigurait leur
visage, et ils auraient tué quiconque les eût contredits. Il n'y a d'autre
remède à cette maladie épidémique que l'esprit philosophique, qui, répandu de
proche en proche, adoucit enfin les mœurs des hommes, et qui prévient les accès
du mal; car, dès que ce mal fait des progrès, il faut fuir, et attendre que
l'air soit purifié. Les lois et la religion ne suffisent pas contre la peste
des âmes; la religion, loin d'être pour elles un aliment salutaire, se tourne
en poison dans les cerveaux infectés. [...] Les lois sont encore très
impuissantes contre ces accès de rage : c’est comme si vous lisiez un arrêt du
conseil à un frénétique. Ces gens-là sont persuadés que l'esprit saint qui les
pénètre est au-dessus des lois, que leur enthousiasme est la seule loi qu’ils
doivent entendre. Que répondre à un homme qui vous dit
qu’il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, et qui, en conséquence, est sûr de
mériter le ciel en vous égorgeant ? »
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8626129s/f204.item
« Et si en plus y'a personne » Souchon/Voulzy
Soirée de soutien à Charlie Hebdo le 11 janvier 2015
Cliquez ici pour voir la vidéo
Abderhamane, Martin, David
Et si le ciel était vide
Tant de processions, tant de têtes inclinées
Tant de capuchons tant de peurs souhaitées
Tant de démagogues de temples de synagogues
Tant de mains pressées, de prières empressées
Tant d'angélus
Qui résonnent
Et si en plus
Y'a personne
Abderhamane, Martin, David
Et si le ciel était vide
Il y a tant de torpeurs
De musiques antalgiques
Tant d'anti-douleurs dans ces jolis cantiques
Il y a tant de questions et tant de mystères
Tant de compassions et tant de révolvers
Tant d'angélus
Qui résonne
Et si en plus
Y'a personne
Arour hachem, Inch Allah
Are Krishhna, Alléluia
Abderhamane, Martin, David
Et si le ciel était vide
Si toutes les balles traçantes
Toutes les armes de poing
Toutes les femmes ignorantes
Ces enfants orphelins
Si ces vies qui chavirent
Ces yeux mouillés
Ce n'était que le vieux plaisir
De zigouiller
Et l'angélus
Qui résonnent
Et si en plus
Y'a personne
Patrick
PLUCHOT











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