mardi 28 février 2017


Du « temps des timbales » à la cantine scolaire

(Deuxième partie)

Manuel de lecture après 1900 (collection musée)


Comme nous l’avons vu dans la première partie, la mère de famille préparait chaque matin quelques victuailles qui, serrées dans un torchon, étaient casées avec la gourde dans une poche de cartable ou dans un panier d’osier. A midi, sous la surveillance d’un « grand » ou d’une « grande », la salle de classe faisait office de cantine et les pupitres de tables.



Photographie prise dans les années 50 dans une école de la région de Montceau (collection musée)


Dès les années 50, des associations, souvent constituées par des parents d’élèves et des enseignants, prirent le relais de cette improvisation des débuts. Un maître acceptait bénévolement l’économat, tâchant de concilier l’équilibre des menus et celui de la trésorerie. Les parents, de leur côté, organisaient volontiers des manifestations de nature à alléger les charges de l’association, en organisant ici ou là un  « repas de la cantine », un concours de belote, une tombola, un loto…

Les normes de l’époque n’excluaient pas les dons en nature de toutes sortes en fonction des saisons. Au village de Mont-Saint-Vincent, jusqu’en 1988, année du regroupement pédagogique avec  Mary, commune proche, le maître, trésorier de l’association des Amis de la Cantine, tenait un carnet de dons. En effet, chaque famille s’engageait, en inscrivant son enfant à la cantine, à fournir tout au long de l’année et à tour de rôle, un kilogramme de beurre et 10 kilogrammes de pommes de terre que la cantinière utilisait pour confectionner ses repas. L’inscription d’une fratrie multipliait d’autant les dons annuels. Nous étions alors bien loin des produits aseptisés et de la rigueur de la confection des mets !


Extrait d'un cahier d'une cantine de la région de Montceau (collection musée)


Alors, à condition d’acquitter le prix du ticket ou du jeton (relativement peu élevé au demeurant), n’importe quel élève de l’école pouvait s’attabler avec ses camarades et recevoir la ration chaude et substantielle qu’avait préparée la cantinière.


Jetons des cantines des écoles de Montceau-les-Mines (collection musée)


La table aux couverts d’aluminium présentés au musée évoque « le temps des cantines » des années 50. Elle marque, dans le cadre scolaire, une étape importante vers l’amélioration du sort des écoliers, avant « le temps des restaurants scolaires ».


Couverts en aluminium utilisés dans les cantines, réputés incassables... mais cabossables ! (collection musée)


D’après le livre « Cent ans d’école » (voir la rubrique « Publications » du blog).

P.P





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