Assemblée générale
21 mars 2025
Nouveau centre
d’archivage Clara Schumann
Une réflexion sur
l’avenir
2025 : le Centre de ressource du patrimoine scolaire à Montceau, c’est parti !
Compte-rendu de l’AG dans cet article
37 rue Jean JAURES - 71300 - 03.85.57.29.36
Journée
pour les droits des femmes 2025
Être Normalienne en 1920
École
Normale de Mâcon
Yvonne à l’École Normale de
filles de Mâcon en 1920 (collection musée)
Être
Normalienne en 1920, entre sacerdoce et carcan ?
L’imposante
grille de l’École Normale de filles de la rue de Flacé s’est refermée sur elles.
Ceinte de hauts murs, l’École va séparer, de la rue, de la ville, de la
famille, de la vie sociale, les heureuses élues de la promotion 1920-1923, pour
un temps… Désormais, ces dernières vont intégrer le microcosme créé à
l’intérieur de ces murs : « le séminaire laïque » comme le
décrira Maurice Gontard. Tout sera modèle durant ces trois années. La rigueur
va s’imposer, dans les cours des professeurs, dans l’école annexe où elles
s’entraineront à respecter les canons de la leçon modèle, à l’internat enfin,
où se forgeront les bonnes habitudes et ce maintien ferme et réservé qui, mieux
que l’austère tenue vestimentaire, désignera « l’Institutrice »
qu’elles deviendront. La figure tutélaire de la Directrice de l’École Normale,
modèle parmi les modèles, y veillera… Une éducation à l’image de la société de
l’époque.
Le traumatisme de 1870
L’instrumentalisation de l’école
(première partie)
« Vous n’aurez pas
l’Alsace et la Lorraine », chanson de Villemer et Nazet, 1871 (wikipedia)
« Vous
n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine »
Il convient d’être prudent avec le regard que nous avons
l’habitude de porter sur cette période d’après la guerre de 1870 qui aurait
induit tous les cataclysmes provoqués par la perte de l’Alsace et d'une partie de la
Lorraine. Même lorsque Charles Péguy, en 1913, nous parle de ses maîtres,
ces « hussards noirs de la République », normaliens des années
1880 chers à son cœur, c’est avec nostalgie qu’il nous parle de ce temps où il
était écolier. Lorsqu’il décrit l’engagement des maîtres dans un enseignement
national patriotique, c’est déjà un passé qu’il regrette. Dans les faits, les
images véhiculées dans les écoles de la toute jeune Troisième république, juste
après le conflit de 70, sont des images guerrières et revanchardes s’il en est.
Mais, ont-elles perduré ? Introduisons quelques nuances et penchons-nous
un instant sur les représentations proposées aux écoliers durant la période
1870-1890.
Madame
et Monsieur Juredieu
Par
Clairette Coing
La famille Juredieu :
Joseph, Alice et Claire
Madame
et Monsieur Juredieu
Cet
article fait suite à un autre paru sur ce blog, il y a quelque temps : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2024/06/remi-et-colette.html#more. Au de-là de l’œuvre de Joseph
Juredieu, montcellien célèbre et normalien de Mâcon (promotion de la Grande
guerre 1916-1919), Clairette Coing nous propose ici, un éclairage beaucoup plus
intimiste, qui mêle le destin de deux familles, somme toute d’un milieu fort
différent, mais qui fixe un instantané, montre une image, de ce que fut cette
société pas si lointaine. Découvrons avec elle, l’humanisme, la générosité et
le respect au quotidien de ces deux familles.
Qui
se souvient encore des G.O.D ?
Groupes
d’Observation Dispersés
La « massification » scolaire naît avec la Ve République
Jean Zay, par la loi du 9 août 1936, avait
fixé l’obligation scolaire à 14 ans. C’est l’ordonnance n° 59-45 du 6 janvier
1959 qui va la prolonger à nouveau et jusqu’à 16 ans cette fois. Avant cette
réforme, à l’issue du CM2, quelques garçons partaient dans les écoles primaires
supérieures (que Jérôme Carcopino transformera en collèges modernes en 1941),
quelques filles partaient dans les cours complémentaires (qui deviendront
Collèges d’Enseignement Général-C.E.G en 1959), d’autres, encore plus rares,
intégraient les 6e des lycées, mais une grande partie finissait leur
scolarité dans les classes de fin d’études de l’école primaire, préparant au
« certif ». Pour scolariser jusqu’à 16 ans, dans le Bassin minier,
comme ailleurs, il fallut inventer une structure qui n’existait pas jusqu’alors :
les Groupes d’Observation Dispersés.
Deuxième
partie
L’école
ménagère
L’école ménagère de la Mine à Montceau, école de la 9e Écluse, cours de cuisine vers 1930 (collection musée)
Les écoles ménagères
Elles furent majoritairement d’origine privée : écoles
patronales ou associations catholiques principalement. On notera tout de même
les quelques tentatives de la Ligue de l’Enseignement, présidée par Jean Macé, à
la fin du 19e siècle, ou encore la création d’une école ménagère « ambulante »
par le Conseil général de Saône-et-Loire, en 1923 (1). On vit naître aussi des écoles ménagères publiques agricoles
dans quelques départements (dont celui du Doubs, école ouverte en 1913 et de la
Côte-d’Or) (2). Ces dernières
s’adressaient à des jeunes filles de plus de 12 ans, issues d’écoles primaires
rurales travaillant déjà à la ferme familiale ; ces jeunes filles
pouvaient prétendre à l’obtention d’un Certificat d’instruction ménagère agricole
après une formation assurée par des institutrices publiques titulaires du
Brevet Agricole Ménager délivré par le ministère de l’agriculture. Voyons ce
qu’il en fut dans le bassin Montceau-Le Creusot…
Première partie
Les
cours d’enseignement ménager
Section d’enseignement
ménager au nouveau Collège moderne et technique de Bel Air (futur lycée nommé Henri Parriat en 1987) qui intègre la section
industrielle féminine de la section professionnelle du Cours Complémentaire de
la rue de l’Hôpital (le « Queque »), cliché de 1958
La couture (collection
musée)
Clin
d’œil aux jeunes filles d’aujourd’hui
A
d’autres temps, d’autres mœurs : afin de clore le Congrès de
l’enseignement primaire de Paris, en 1900, Octave Gréard, vice-Recteur et
éminent pédagogue, fit voter une résolution de principe : « L’enseignement de l’économie
domestique et des devoirs du ménage doit être obligatoire à tous les degrés de
l’enseignement primaire. » La
chose était entendue déjà depuis deux décennies : pendant que les garçons
seraient formés aux exercices militaires et agricoles, les filles le seraient à
la vie domestique et aux tâches ménagères avec la devise « Épouses et mères parfaites ». Parallèlement aux enseignements
ménagers de l’Instruction publique, on vit fleurir ça et là, des « écoles ménagères »
privées, à Montceau et au Creusot comme ailleurs. Historique de cet
enseignement, et vidéo d’époque, dans l’article.
La chasse à l'enfant
De
Jacques Prévert
BONNE ANNEE 2025
Nouvelle
année, nouveau souhait
On
attribue à Victor Hugo la citation « Ouvrir
une école, c’est fermer une prison »,
il aurait pu prononcer ces mots, lui qui disait, en son temps, que la prison ne
répondait pas à son objectif principal : l’amendement des condamnés, et
que l’instruction par l’école publique était seule capable de jouer un rôle préventif.
À la fin du 19e et au début du 20e siècle, La réalité était
bien plus cruelle encore pour les enfants délinquants. Jacques Prévert en fit
un poème à la suite des événements tragiques qui sont relatés dans cet article.
Les valeurs de l’école de la République : éduquer, émanciper, partager la
culture, promouvoir la démocratie, restent d’une cruciale actualité. Meilleurs vœux
pour 2025.
As-tu
bien travaillé ?
Récompenses
scolaires et cadeaux de Noël
Panneau d’élocution
Rossignol, Le Sapin de Noël, détail, « La bonne écolière reçoit un prix en
présence du maire » (collection musée)
La
tradition de Noël
Une
des traditions de Noël est d'insister parfois sur la notion de récompense : « Si tu n’as pas bien travaillé à
l’école, le Père Noël ne passera pas ! ». Le
don de cadeau a pu être soumis à cette condition, toutefois doublée de : « Tu as été sage cette
année ? »… Je me souviens d’une vieille voisine
revêche qui déclarait, lors de la tournée du Jour de l’An de notre joyeuse
bande d’enfants : « Vous
n’avez pas été bien sages, mais je vous donne quand même une étrenne ! ».
Le goût amer de la mandarine et de la papillote…
D’une
gendarmerie à l’autre
Quand
la confusion s’installe
Acte
I
Depuis 1856, le hameau du Montceau était devenu une commune, empruntant des fractions de territoire aux communes limitrophes. Blanzy céda quelques lieux-dits : le Monceau, le Bois-du-Verne, les Etivaux, la Petite-Sorme, Bel-Air, le Plessis, le Moulin, les Grands-Bois, le Bois-de-Gueurce ; Saint-Vallier en céda d’autres : les Oiseaux, Lucy, Barrat, la Saule ; Saint-Bérain-sous-Sanvignes n’en céda qu’un : le Bois-Garnier, de même que Sanvignes avec le Magny. 2302 habitants changèrent ainsi de commune sans se déplacer… En 1868, Blanzy et Sanvignes vont être mises à nouveau à contribution. À nouvelle commune, nouvel Hôtel de Ville et nouvelle gendarmerie, ce sera chose faite en 1874-75, car, jusqu’alors, la vie de Montceau-les-Mines était intimement liée à celle de la Mine, notamment au niveau des locaux communaux. Il est en effet établi qu’à sa création et pour de longues années, la commune ne posséda aucun édifice public et n’eut ni rues, ni places, ni ressources pécuniaires…