vendredi 28 mars 2025

Journée internationale pour les droits des femmes 2025


Journée pour les droits des femmes 2025

Être  Normalienne en 1920

École Normale de Mâcon

Yvonne à l’École Normale de filles de Mâcon en 1920 (collection musée)

Être Normalienne en 1920, entre sacerdoce et carcan ?

L’imposante grille de l’École Normale de filles de la rue de Flacé s’est refermée sur elles. Ceinte de hauts murs, l’École va séparer, de la rue, de la ville, de la famille, de la vie sociale, les heureuses élues de la promotion 1920-1923, pour un temps… Désormais, ces dernières vont intégrer le microcosme créé à l’intérieur de ces murs : « le séminaire laïque » comme le décrira Maurice Gontard. Tout sera modèle durant ces trois années. La rigueur va s’imposer, dans les cours des professeurs, dans l’école annexe où elles s’entraineront à respecter les canons de la leçon modèle, à l’internat enfin, où se forgeront les bonnes habitudes et ce maintien ferme et réservé qui, mieux que l’austère tenue vestimentaire, désignera « l’Institutrice » qu’elles deviendront. La figure tutélaire de la Directrice de l’École Normale, modèle parmi les modèles, y veillera… Une éducation à l’image de la société de l’époque.


jeudi 13 mars 2025

Le traumatisme de la guerre de 1870. L'école instrumentalisée.

 

Le traumatisme de 1870

L’instrumentalisation de l’école (première partie)

« Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine », chanson de Villemer et Nazet, 1871 (wikipedia)

« Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine »

Il convient d’être prudent avec le regard que nous avons l’habitude de porter sur cette période d’après la guerre de 1870 qui aurait induit tous les cataclysmes provoqués par la perte de l’Alsace et d'une partie de la Lorraine. Même lorsque Charles Péguy, en 1913, nous parle de ses maîtres, ces « hussards noirs de la République », normaliens des années 1880 chers à son cœur, c’est avec nostalgie qu’il nous parle de ce temps où il était écolier. Lorsqu’il décrit l’engagement des maîtres dans un enseignement national patriotique, c’est déjà un passé qu’il regrette. Dans les faits, les images véhiculées dans les écoles de la toute jeune Troisième république, juste après le conflit de 70, sont des images guerrières et revanchardes s’il en est. Mais, ont-elles perduré ? Introduisons quelques nuances et penchons-nous un instant sur les représentations proposées aux écoliers durant la période 1870-1890.

jeudi 27 février 2025

Dans l'intimité de Joseph Juredieu, montcellien auteur du "Rémi et Colette"

 

Madame et Monsieur Juredieu

Par Clairette Coing

La famille Juredieu : Joseph, Alice et Claire

Madame et Monsieur Juredieu

Cet article fait suite à un autre paru sur ce blog, il y a quelque temps : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2024/06/remi-et-colette.html#more. Au de-là de l’œuvre de Joseph Juredieu, montcellien célèbre et normalien de Mâcon (promotion de la Grande guerre 1916-1919), Clairette Coing nous propose ici, un éclairage beaucoup plus intimiste, qui mêle le destin de deux familles, somme toute d’un milieu fort différent, mais qui fixe un instantané, montre une image, de ce que fut cette société pas si lointaine. Découvrons avec elle, l’humanisme, la générosité et le respect au quotidien de ces deux familles.

vendredi 14 février 2025

La classe de sixième : Collèges, lycées, ou groupes d'observation dispersés ?

 

Qui se souvient encore des G.O.D ?

Groupes d’Observation Dispersés

Classe de 6e au G.O.D des Gautherets à Saint-Vallier (côté garçons-Sanvignes), dit « C.E.G des Gautherets », année scolaire 1963-1964, la maîtresse est Christiane Céceille, fille de Raoul Céceille (voir annexe 3) (collection privée)

La « massification » scolaire naît avec la Ve République

Jean Zay, par la loi du 9 août 1936, avait fixé l’obligation scolaire à 14 ans. C’est l’ordonnance n° 59-45 du 6 janvier 1959 qui va la prolonger à nouveau et jusqu’à 16 ans cette fois. Avant cette réforme, à l’issue du CM2, quelques garçons partaient dans les écoles primaires supérieures (que Jérôme Carcopino transformera en collèges modernes en 1941), quelques filles partaient dans les cours complémentaires (qui deviendront Collèges d’Enseignement Général-C.E.G en 1959), d’autres, encore plus rares, intégraient les 6e des lycées, mais une grande partie finissait leur scolarité dans les classes de fin d’études de l’école primaire, préparant au « certif ». Pour scolariser jusqu’à 16 ans, dans le Bassin minier, comme ailleurs, il fallut inventer une structure qui n’existait pas jusqu’alors : les Groupes d’Observation Dispersés.

vendredi 31 janvier 2025

Ecoles ménagères patronales à Montceau et au Creusot

 

Deuxième partie

L’école ménagère

L’école ménagère de la Mine à Montceau, école de la 9e Écluse, cours de cuisine vers 1930 (collection musée)

Les écoles ménagères

Elles furent majoritairement d’origine privée : écoles patronales ou associations catholiques principalement. On notera tout de même les quelques tentatives de la Ligue de l’Enseignement, présidée par Jean Macé, à la fin du 19e siècle, ou encore la création d’une école ménagère « ambulante » par le Conseil général de Saône-et-Loire, en 1923 (1). On vit naître aussi des écoles ménagères publiques agricoles dans quelques départements (dont celui du Doubs, école ouverte en 1913 et de la Côte-d’Or) (2). Ces dernières s’adressaient à des jeunes filles de plus de 12 ans, issues d’écoles primaires rurales travaillant déjà à la ferme familiale ; ces jeunes filles pouvaient prétendre à l’obtention d’un Certificat d’instruction ménagère agricole après une formation assurée par des institutrices publiques titulaires du Brevet Agricole Ménager délivré par le ministère de l’agriculture. Voyons ce qu’il en fut dans le bassin Montceau-Le Creusot…

jeudi 16 janvier 2025

L'enseignement ménager public à Montceau-les-Mines et en France

 

Première partie

Les cours d’enseignement ménager

Section d’enseignement ménager au nouveau Collège moderne et technique de Bel Air (futur lycée nommé  Henri Parriat en 1987) qui intègre la section industrielle féminine de la section professionnelle du Cours Complémentaire de la rue de l’Hôpital (le « Queque »), cliché de 1958

La couture (collection musée)

Clin d’œil aux jeunes filles d’aujourd’hui

A d’autres temps, d’autres mœurs : afin de clore le Congrès de l’enseignement primaire de Paris, en 1900, Octave Gréard, vice-Recteur et éminent pédagogue, fit voter une résolution de principe : « L’enseignement de l’économie domestique et des devoirs du ménage doit être obligatoire à tous les degrés de l’enseignement primaire. » La chose était entendue déjà depuis deux décennies : pendant que les garçons seraient formés aux exercices militaires et agricoles, les filles le seraient à la vie domestique et aux tâches ménagères avec la devise « Épouses et mères parfaites ». Parallèlement aux enseignements ménagers de l’Instruction publique, on vit fleurir ça et là, des « écoles ménagères » privées, à Montceau et au Creusot comme ailleurs. Historique de cet enseignement, et vidéo d’époque, dans l’article.

vendredi 3 janvier 2025

Vœux 2025 : La chasse à l'enfant de Jacques Prévert

 

La chasse à l'enfant

De Jacques Prévert



BONNE ANNEE 2025

Nouvelle année, nouveau souhait

On attribue à Victor Hugo la citation « Ouvrir une école, c’est fermer une prison », il aurait pu prononcer ces mots, lui qui disait, en son temps, que la prison ne répondait pas à son objectif principal : l’amendement des condamnés, et que l’instruction par l’école publique était seule capable de jouer un rôle préventif. À la fin du 19e et au début du 20e siècle, La réalité était bien plus cruelle encore pour les enfants délinquants. Jacques Prévert en fit un poème à la suite des événements tragiques qui sont relatés dans cet article. Les valeurs de l’école de la République : éduquer, émanciper, partager la culture, promouvoir la démocratie, restent d’une cruciale actualité. Meilleurs vœux pour 2025.


vendredi 20 décembre 2024

Cadeaux et récompenses

 

As-tu bien travaillé ?

Récompenses scolaires et cadeaux de Noël


Panneau d’élocution Rossignol, Le Sapin de Noël, détail, « La bonne écolière reçoit un prix en présence du maire » (collection musée)

La tradition de Noël

Une des traditions de Noël est d'insister parfois sur la notion de récompense : « Si tu n’as pas bien travaillé à l’école, le Père Noël ne passera pas ! ». Le don de cadeau a pu être soumis à cette condition, toutefois doublée de : « Tu as été sage cette année ? »Je me souviens d’une vieille voisine revêche qui déclarait, lors de la tournée du Jour de l’An de notre joyeuse bande d’enfants : « Vous n’avez pas été bien sages, mais je vous donne quand même une étrenne ! ». Le goût amer de la mandarine et de la papillote…

mercredi 4 décembre 2024

Ecole ou gendarmerie ?

 

D’une gendarmerie à l’autre

Quand la confusion s’installe

Acte I

Depuis 1856, le hameau du Montceau était devenu une commune, empruntant des fractions de territoire aux communes limitrophes. Blanzy céda quelques lieux-dits : le Monceau, le Bois-du-Verne, les Etivaux, la Petite-Sorme, Bel-Air, le Plessis, le Moulin, les Grands-Bois, le Bois-de-Gueurce ; Saint-Vallier en céda d’autres : les Oiseaux, Lucy, Barrat, la Saule ; Saint-Bérain-sous-Sanvignes n’en céda qu’un : le Bois-Garnier, de même que Sanvignes avec le Magny. 2302 habitants changèrent ainsi de commune sans se déplacer… En 1868, Blanzy et Sanvignes vont être mises à nouveau à contribution. À nouvelle commune, nouvel Hôtel de Ville et nouvelle gendarmerie, ce sera chose faite en 1874-75, car, jusqu’alors, la vie de Montceau-les-Mines était intimement liée à celle de la Mine, notamment au niveau des locaux communaux. Il est en effet établi qu’à sa création et pour de longues années, la commune ne posséda aucun édifice public et n’eut ni rues, ni places, ni ressources pécuniaires…

samedi 23 novembre 2024

La Vie de Paul Contant Moutardier : 1894-1918



 Paul Constant Moutardier

Instituteur à Montceau-les-Mines

Mort pour la France le  9 juin 1918

Le sergent P.C. Moutardier en permission, photographie Fafournoux (collection musée)

La promotion sacrifiée

La promotion d’École Normale de Paul Constant Moutardier, la 1913/1916, dite « Promotion sacrifiée », porta ce nom du fait du peu de temps qu’elle passa en formation (un an). Elle avait vu tous ses normaliens versés dans les écoles primaires en 1914 en remplacement des maîtres mobilisés. Paul Constant fut nommé instituteur intérimaire à l’école de la Coudraie, au Bois-du-Verne (Montceau) à la rentrée 1914, avant d’être mobilisé à son tour en février 1915. Sa courte vie vous est contée aujourd’hui dans la vidéo de cet article et avait fait l’objet d’une exposition : « Les Instits du Centenaire : Défendre la Patrie, période 1914-1918 » (1), mise en prêt actuellement par le musée.