jeudi 20 août 2026

Les manuels scolaires après 1880

 

Manuels scolaires après 1880

Juste un rappel

(collection musée)

Le « livre d’école »

« Moule où se coule le savoir, le livre scolaire est aussi un instrument de pouvoir » dira Alain Chopin, article publié dans l’Histoire de l’éducation, en 1980. Une évidence, il suffit de se rappeler le rôle prédominant  que les manuels ont joué dans la propagation des idées laïques et républicaines de la Troisième République, leur rôle aussi dans l’uniformisation linguistique et le nivellement culturel d’une France majoritairement « rurale ». Étroitement liés aux programmes scolaires, ils imposent dès la prime jeunesse des écoliers, une organisation du champ du savoir. Ils furent ainsi, pendant des générations, l’outil fondateur de la pensée intellectuelle des futurs citoyens. 

Les nouveaux modes de lecture

Et maintenant ?

Autrefois triomphant, le manuel scolaire est aujourd’hui contesté. La concurrence avec les moyens modernes d’information est rude. Depuis plusieurs décennies, l’école s’interroge sur l’avenir, les recherches des historiens, à travers les manuels scolaires, portent sur l’apport particulier des disciplines historiques. Les manuels d’antan en seraient-ils réduits à un riche matériau à exploiter mais sans avenir ? Ce support pédagogique est à la charnière de deux cultures : celle de l’école et celle des médias, il est au centre d’une mêlée où s’affrontent les défenseurs des « belles lettres » et les tenants des « outils numériques ». Qui vaincra ? 


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Retour sur les manuels jusqu’à la Seconde Guerre mondiale

Vers une morale laïque :

Conseils à l’instituteur

« S’il aime ses élèves, il résoudra pour ainsi dire d’intuition une foule de ces problèmes pratiques dont se compose son art car, on ne saurait trop le redire, l’éducation est un art, qui procède bien plutôt par expérience que par formules. Il tiendra la juste mesure entre l’autorité et la liberté, il respectera l’initiative de l’enfant sans lui demander trop, sans la trop abandonner elle-même ; il acquerra d’autant plus d’ascendant qu’il se préoccupera moins de lui-même et plus de l’enfant, il se perfectionnera pour perfectionner son élève. »

Ferdinand Buisson, Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire, 1887 (volume1.1, page 809)


Instruction morale et civique, illustration de E. Cazes, Delagrave, 1890

C’est la loi Ferry de 1882 qui « laïcise » la morale à l’école. Elle remplace, dans son 1er article, l’instruction religieuse par l’instruction « civique ». Jules Ferry avait annoncé que « l’instruction morale reste la plus importante mission de l’instituteur », il précisait, en outre, que cette morale républicaine ne s’opposait pas à la morale religieuse mais que, par contre, c’était une morale pour tous, au-delà de la diversité des opinions spirituelles et qu’elle constituait un patrimoine de valeurs morales communes.


1895

Dans les manuels, les illustrations et les maximes remplacent les paraboles : « Fuis l’oisiveté », « Payer ses impôts », « La paresse est la mère de tous les vices », ou encore, comme le disait le laboureur à ses enfants : « Le travail est une vertu qui amène la prospérité ». Les thèmes abordés restent toutefois les mêmes : la gourmandise, la colère, le respect des anciens.


D’autres sont introduits plus fermement : l’alcoolisme, l’ivrognerie qui brise les familles, l’’hygiène, le courage devant les dangers. Tout cela ressemble, à s’y méprendre, aux péchés capitaux…




Cours de fin d’études, 1908

Les manuels de lecture :

« S’il est vrai que l’enfant s’intéresse à ce qu’il fait, est-il vrai qu’il ne s’intéresse à rien d’autre ? Loin de là, il s’intéresse aussi, et davantage encore, à ce qui lui apparaît comme éminemment beau et gracieux. Si donc c’est le grand secret de l’éducation de faire en sorte que ce qu’il s’agit d’apprendre, on s’y intéresse et on l’aime, le secret de l’éducation est de présenter les choses à l’élève sous l’aspect et avec les attraits de la beauté. »

Ferdinand Buisson, Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire, 1887 (volume1.1, page 129)


Jusqu’au milieu du 19e siècle, c’est l’abécédaire et « l’épellation » qui priment comme méthode de lecture.


Cette méthode sera progressivement abandonnée au profit de la méthode syllabique qui associe enfin lecture et écriture dans un même apprentissage. La méthode semble bien structurée : les leçons des manuels présentent des vignettes sous-titrées introduisant une ligne de syllabes, suivie de mots illustrant le son du jour et enfin d’une petite phrase  aux syllabes détachées. On retrouvera cette méthode dite « syllabique » jusque dans les années 1960.


Mamadou et Bineta apprennent à lire, syllabaire, Afrique francophone, 1930

Les instructions de 1923 préfigurent une évolution quant aux méthodes. Tout en mettant en place une programmation annuelle : au cours préparatoire, « déchiffrage » ; au cours élémentaire, « lecture courante » ; au cours moyen, « lecture expressive » et au cours supérieur, « lecture expliquée ».     Ces instructions laissent aussi la place à des méthodes nouvelles déjà testées par des pédagogues d’avant-garde, notamment en lecture. C’est ainsi qu’apparaît, en 1936, l’année du Front populaire, le manuel La Méthode Rose, annonçant « Une initiation joyeuse à la lecture intelligente » « La méthode rose, c’est la méthode synthétique rajeunie, fécondée, vivifiée par un appel à la lecture directe. Nous partons du mot, de la phrase, du texte vivant illustré par l’image, et ainsi nous faisons goûter à l’enfant, dès les premières leçons, la joie de lire et de comprendre le langage écrit. »

Ceci étant dit, ses auteurs Souché et Dénouel, tout en rejetant la lecture syllabique, s’efforcent de concilier les méthodes actives naissantes et l’intérêt de l’enfant, à travers cette nouvelle discipline née par les instructions de 1923 intitulée « français ». Il reste, comme le dit Souché, que le CP doit préparer au CE, qui lui doit préparer au CM… et ainsi de suite, avec cependant un paramètre nouveau que les éditeurs de manuels ne manqueront pas de relever : « Chez les enseignants pacifistes de l’entre-deux-guerres, l’idée que l’enfant doit pouvoir « vivre son enfance »reçoit un écho favorable. Ils sont prêts à reconnaître le rôle éducatif du jeu, l’intérêt des activités libres et de l’expression spontanée, mais ils savent mieux leur faire place dans la cour de récréation. Les plus avant-gardistes des pédagogues, Freinet en tête, le savent : il ne s’agit pas d’apprendre « à lire seulement », mais à « lire et écrire ».

La méthode rose met en scène Lili et Toto, en couleur, orange, noir et blanc (à l’image de Lecture sans larmes  de Joly, 1930) et adopte la « ligne claire d’Hergé » pour figurer, en action, la fillette en robe et cheveux courts et son frère en short noir. L’illustration se trouve entre un cadre contenant la liste des éléments nouveaux et un autre, avec un petit récit vivant, comportant des mots lus en lecture directe ainsi que des mots avec des syllabes connues, suivent des exercices d’écriture et de dictée. L’innovation est la lecture globale de mots nouveaux et de mots-outils, que l’enfant apprend par cœur, permettant la formation de phrases. Cette première phase est plus ou moins longue selon le choix de la maîtresse ou du maître, elle est suivie d’une phase synthétique, avec un apprentissage traditionnel de la lettre et du son.

Dans la seconde moitié du 20e siècle, ce sera la méthode la plus répandue, tant par le nombre de manuels édités que par celui des enseignants l’ayant adoptée. Comme le disent les auteurs « Nous partons du mot, de la phrase, du texte vivant illustré par l’image, et ainsi nous faisons goûter à l’enfant, dès les premières leçons, la joie de lire et de comprendre le langage écrit. »



Les manuels de sciences :

« L’enfant tient à l’honneur d’accroître, le plus possible, des petites collections d’histoire naturelle. Pour le faire, il fouille la campagne, cherche, examine, observe, et tout cela est autant de gagné par son instruction ; il marche, grimpe, escalade, saute, retourne les pierres, creuse le sol. »

Ferdinand Buisson, Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire, 1887 (volume1, page 1282)


Si la leçon de choses m’était contée… cette reine de l’enseignement « intuitif » de Ferdinand Buisson passe, dès 1882, pour être la forme « la plus adaptée à la marche naturelle de l’esprit de l’enfant : des faits aux idées, du concret à l’abstrait, des « choses » aux « mots ». L’enfant doit commencer par voir et observer. Si les manuels développent la leçon de choses et dynamisent l’enseignement des sciences, leur utilisation reste bridée par la forme scolaire restée traditionnelle des années 1920 à 1950, malgré l’apparition du mouvement de l’éducation nouvelle et les instructions officielles novatrices de 1923 qui suggéraient aux maîtresses et aux maîtres de recourir à de véritables expérimentations avec les enfants.

 À partir des années 1880, les manuels scolaires font de la culture de l’observation leur principal objectif, au grand dam de Buisson qui avait expliqué, dans sa « Conférence sur l’enseignement intuitif » faite aux instituteurs délégués à l’exposition universelle, le 31 août 1878, que « la leçon montre les choses mais n’instruit pas par les choses ». Passer de l’observation à l’enseignement par l’action s’avéra donc difficile dans un contexte pour le moins rigide. Les illustrations des manuels, souvent des gravures, restent souvent monotones et sans couleurs.




1936

Au début du 20e siècle, sous l’influence d’Émile Combes, les Écoles Normales apprendront aux instituteurs à lutter contre la superstition et l’obscurantisme avec des directives officielles qui verront dans l’étude des sciences à l’école élémentaire une « étude libératrice de l’esprit » : les sciences habituent à ne rien accepter sans contrôle, elles « écartent le surnaturel et le miracle », elles montrent comment passer toute affirmation au crible de la raison.


Progressivement, les sciences auront leur programme, leurs exercices. Elles vont entrer dans les épreuves du certificat d’études primaires (1).


1890


Programmes 1913




Cours de fin d’études, 1907

 

Les manuels « d’arithmétique » :

« Le meilleur moyen d’apprendre aux enfants à compter consiste à leur faire compter effectivement des objets semblables, comme des pois, des noisettes, ou de simples bûchettes analogues à des allumettes et que l’on a taillées d’avance. Des paquets de 10 bûchettes que l’on a liées ensemble serviront à introduire l’idée des dizaines ; et dix paquets semblables, réunis en un seul, donneront l’idée d’une centaine. »

Ferdinand Buisson, Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire, 1887 (volume1, page 115)


Avant 1886, l’enseignement de la fameuse arithmétique se limitait à l’apprentissage du comptage, celui des quatre opérations et celui de la règle de trois et du « produit en croix ». La loi de 1886 va l’élargir au problème d’arithmétique.












Histoire de Deux Petits Marchands de Pommes, Jean Macé, 1962

Jusqu’à l’Entre-deux-guerres, l’enseignement des mathématiques sera magistral, pratique, utilitaire et surtout concret : le futur citoyen doit s’adapter aux exigences de la vie sociale moderne qui imposent des rudiments de calcul nouveaux. Les méthodes pédagogiques quant à elles, guidées par les épreuves du certificat d’études et ses problèmes types, conduisent maîtresses et maîtres à n’enseigner que des réponses-types que l’élève doit mémoriser à coup de « bachotage » et de « rabâchages »…




1910


Cours de fin d’études, 1909


Cours élémentaire, 1912


Cours préparatoire, 1962

Les manuels d’histoire :

« Dans nos classes aujourd’hui, il n’y a plus lieu d’avoir cette haute estrade d’où le maître, dans le mode mutuel, commandait et surveillait les mouvements de groupes. Il doit, de sa place, dominer toute sa classe, mais il ne doit pas s’y tenir constamment, et son rôle est d’aller voir de près le travail des enfants. »

Ferdinand Buisson, Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire, 1887 (volume1.2, page 1944)

Les textes officiels des lois Ferry de la fin du 19e siècle insistent sur la transmission orale de cette matière. La naissance du « récit national » d’Ernest Lavisse s’appuie sur le goût des enfants pour les « petites histoires » contées, qui amènent à la « grande histoire » de la France.

Les manuels proposent donc des leçons prêtes à l’emploi, illustrées d’images stéréotypées, de questions de compréhension et de résumés à mémoriser. Le rôle des images est bien de marquer les enfants en éveillant en eux cette conscience nationale et patriotique qui fit tant défaut en 1870, entraînant, d’après les politiques, la lourde défaite et la perte des territoires.

Dans les manuels, les gravures sur bois en vignettes, puis les photogravures seront autant de fictions didactiques au trait simple qui traduiront l’héroïsme de personnages illustres ou la naissance de la nation française. Il faudra attendre les instructions de 1923 pour que soit recommandée l’étude de documents authentiques à travers des images plus nombreuses, correctement légendées et encadrées de récits explicatifs. Le résumé restera cependant, et pour longtemps encore, la trace écrite qui figurera dans les cahiers des écoliers.


Cours de fin d’études, 1908

Finalement, étudier les manuels d’histoire incite à mesurer les effets, pendant plus de trois siècles, de ce panthéon scolaire sur la société contemporaine, à travers ces ouvrages que des générations d’élèves ont eu entre les mains. Leur usage pédagogique témoigne de la transmission d’une « certaine » histoire que l’on pourrait rapprocher de « l’album national de famille ». On y trouvera diverses interprétations, des instrumentalisations au profit de la morale aussi, de la religion, voire de la politique et de la désinformation sur les événements historiques (Saint-Louis rendait-il la justice sous son chêne ? Pas plus que Palissy n’a brûlé ses meubles).

Les manuels après la Seconde Guerre mondiale

La disparition des manuels de morale :

À partir des années 1950, les rappels moraux se traduisent essentiellement à travers la valorisation de l’exercice physique qui devient plus « laïque » en abandonnant les vertus religieuses, la purification de l’âme par le corps, dont il fut empreint durant le Régime de Vichy.


Dès les années 1960, les manuels de morale disparaissent au profit des manuels d’instruction civique. Cette nouvelle matière sera intégrée aux programmes d’histoire et de géographie à partir de la fin des années 1980 et du début des années 1990.  


Les manuels de lecture :

Les années d’après-guerre verront le succès des méthodes « mixtes », notamment le « Rémi et Colette » et le « Daniel et Valérie », pour ne citer qu’elles. Toutefois, à partir des années 1960, les professeurs de collège alertent sur une maîtrise insuffisante de la lecture, accusant aussi bien la méthode « globale » que la méthode « syllabique », mais feignant encore d’ignorer la massification de l’enseignement secondaire avec l’allongement de la scolarité à 16 ans, l’arrivée du collège unique et la lourde tâche de différenciation qui les attend…


Avec les instructions de 1972, par opposition à la lecture lente, guidée, oralisée, apparaît la lecture « silencieuse » prônant une lecture fluide, rapide et efficace, ce qui ne rassurera pas les enseignants de collège.

Pour plus d’explications, revoir les articles du blog :

Apprendre à lire, la méthode syllabique : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2024/06/apprendre-lire-la-methode-syllabique-le.html#more

Apprendre à lire, la méthode globale ou mixte : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2024/06/apprendre-lire-la-methode-syllabique-le.html#more

Les manuels de sciences :

L’évolution des méthodes durant les années 1960 conduit à la prise en compte de l’enfant dans son individualité. L’enseignement des sciences s’oriente vers un nouveau modèle pédagogique : la pédagogie d’éveil. L’observation, reine de la leçon de choses ne suffit plus à comprendre un monde où les savoirs scientifiques sont de plus en plus complexes et où la technologie bouleverse l’univers matériel. La culture de « l’observation des choses » laissera désormais la place à une culture des « démarches » et de la « connaissance des phénomènes », jusqu’à l’avènement de « La main à la pâte » de Georges Charpak.


Pour plus d’explications, revoir les articles du blog :

L’enseignement des sciences 1880-1970 (partie 1) : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2020/11/les-sciences-lecole-1881-1970.html#more

L’enseignement des sciences 1880-1970 (partie 2) : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2020/12/les-sciences-lecole-1881-1970-2.html#more

Marie Curie, prix Nobel de pédagogie : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2020/05/marie-curie-femme-de-conviction.html#more

Les manuels de « mathématiques » :

Déjà à la fin des années 1930, étaient apparues des contradictions opposant une volonté officielle utilitaire dans ses objectifs, dogmatique dans ses méthodes, et les idées novatrices insufflées par les théoriciens de l’éducation nouvelle en recherche de pédagogie expérimentale.

La rupture interviendra en 1970 avec la prise en compte de contenus et de formes d’enseignement nouveaux. Différents groupes de recherche en didactique des mathématiques à l’école élémentaire vont proposer des pistes nouvelles tout en affirmant leurs différences, à l’image des tendances Groupe Ermel et Brissiaud ( https://www.cafepedagogique.net/2018/10/27/remi-brissiaud-des-reperes-de-progressivite-en-maths-a-loppose-de-ceux-de-2015/ ).

Malgré tout, chacun s’accorde à dire que le problème apparaît comme le moyen privilégié de « donner du sens » aux connaissances mathématiques enseignées : la situation-problème est née et se substitue aux problèmes-types. À partir des années 1980, sera privilégié un enseignement méthodologique d’apprentissage à la résolution de problème dans les programmes : le développement rapide des technologies informatiques et des modélisations des processus de pensée fera son œuvre…



Pour plus d’explications, revoir les articles du blog :

Savez-vous compter ? : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2022/05/apprendre-compter.html#more

Le boulier numérateur de Pape-Carpantier : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2017/10/le-boulier-numerateur.html#more

Bouliers compteurs, bouliers numérateurs : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2018/11/les-bouliers.html#more

Les monnaies factices à caractère éducatif : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2018/04/pieces-et-billets-usage-scolaire.html#more

Les manuels d’histoire :

Après 1945, le récit (plus ou moins national) bien que gardant une grande importance dans les instructions, va s’estomper dans les nouveaux manuels avec l’entrée d’une nouvelle venue encore modeste : l’observation des traces du passé. Désormais, les images seront de grandes dimensions avec l’utilisation croissante de la photographie et de la couleur. Les connaissances seront désormais transmises aux élèves par l’analyse de documents historiques. Après 1970, le mode d’utilisation des images et des documents n’aura plus seulement une visée illustrative mais permettra aux enfants de construire leur savoir. Ainsi, le récit disparaîtra au profit de la méthode d’investigation et n’aura plus beaucoup de place dans l’enseignement de l’histoire.




Pour plus d’explications, revoir les articles du blog :

Le roman national : toute une histoire : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2021/04/leroman-national-touteune-histoire.html#more

Chronique des héros du roman national : Vercingétorix : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2021/10/vercingetorix-dans-le-roman-national.html#more

Chronique des héros du roman national : Clovis : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2022/12/chronique-des-heros-du-roman-national.html#more

Chronique des héros du roman national : Charlemagne : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2021/07/chronique-des-heros-du-roman-national.html#more

Chronique des héros du roman national : Jeanne d’Arc : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2021/12/jeanne-darc-dans-le-roman-national.html#more

Patrick PLUCHOT

Sources consultées :

-       La bibliothèque Diderot de Lyon

-       L'Institut Français de l'Education (ifé)

-       Les manuels scolaires à l'INRP

-       https://www.bnf.fr/fr/education-et-enseignement-sciences-de-leducation

-       https://bnf.libguides.com/manuels_scolaires_francais

(1) : Le certificat d’études :

En 1867, l'examen comporte :

-       Trois épreuves écrites (orthographe, style, calcul).

-       Cinq épreuves orales (lecture, histoire sainte, grammaire, calcul au tableau, système métrique).

-       L'écriture est évaluée sur le texte de la dictée.

L'examen est obtenu si le candidat obtient la moyenne à l'ensemble des épreuves et s'il n'a pas fait plus de dix fautes à la dictée.

Extrait de l’arrêté de 1867 : (texte Légifrance) :

«  [……..]

Art. 10 - Les candidats des écoles devront être âgés de 13 ans au moins. Aucune condition d’âge n’est imposée aux élèves des cours d’adultes.

 

Titre III.

De l’examen.

 

Art. 11 – L’examen portera sur l’histoire sainte, la lecture, l’écriture, la langue française, le calcul et le système métrique. Néanmoins, sur leur demande préalable au moment de l’inscription, les candidats pourront être interrogés aussi sur les autres matières de l’enseignement primaire et mention sera faite sur le certificat de celles des épreuves qui auront été subies avec succès.

 

Art. 12 – L’examen se divise en épreuves écrites et en épreuves orales. Celui des aspirantes comprendra en outre les travaux à l’aiguille.

 

Art. 13 – Les épreuves écrites sont au nombre de quatre, savoir :

1° Écriture. La dictée servira à apprécier cette épreuve ;

2° Orthographe. Une dictée d’une page environ, prise dans un auteur classique. Le texte, lu d’abord à haute voix, est ensuite dicté lentement, puis relu. Dix minutes sont accordées aux aspirants pour corriger leur travail ;

3° Style. Une lettre sur un sujet familier ou un récit de l’histoire sainte ;

4° Calcul. La solution raisonnée d’un ou de plusieurs problèmes d’arithmétique comprenant l’application des quatre règles, des nombres entiers et des nombres décimaux.

Une heure sera accordée aux candidats pour chacune des deux dernières épreuves.

Toute communication entre les aspirants pendant les épreuves est interdite sous peine d’exclusion.

 

Art. 14 – Les épreuves orales porteront sur la lecture, l’histoire sainte, la grammaire française, le calcul au tableau et le système métrique. Chacune de ces épreuves durera au moins dix minutes.

 

Art. 15 – L’épreuve de lecture (imprimés et manuscrits) devra constater non seulement que le candidat lit avec facilité, mais encore qu’il a un ton naturel, une prononciation correcte, et qu’il se rend compte du sens de sa lecture.

 

Art. 16 – L’examen sur l’histoire sainte embrassera les principaux faits de l’ancien et du nouveau Testament.

 

Art. 17 – L’examen de grammaire aura pour objet de s’assurer que le candidat distingue les différentes espèces de mots, qu’il en comprend le sens et en connaît les rapports.

 

Art. 18 – L’examen de calcul au tableau devra montrer que le candidat connaît la numération des nombres entiers et des nombres décimaux ; qu’il comprend et sait appliquer les quatre opérations ; qu’il est familiarisé avec la pratique du système métrique.

 

Art. 19 – Les épreuves des travaux à l’aiguille, pour les aspirantes, ne consisteront qu’en couture usuelle, piqûre, tricot, remaillage, marque, reprise, boutonnière, bride et œillet.

 

Art. 20 – Les parties de l’enseignement facultatif seront toutes traitées par écrit à l’exception du chant, qui sera l’objet de questions orales.

Les candidats déjà pourvus d’un certificat d’études et qui ont fait la déclaration prescrite par l’article 11 sont admis de droit, et sans retour sur les examens précédents, aux épreuves concernant l’enseignement facultatif.

 

Titre IV.

Du jugement des épreuves.

 

Art. 21 – La commission exprime la valeur de chacune des épreuves écrites et orales au moyen de l’échelle d’appréciation suivante :

10 et 9 : très bien                   4 et 3 : médiocre

8 et 7 : bien                   2 et 1 : mal

6 et 5 passable                   0 : nul

 

Art. 22 – Pour la dictée, le nombre de fautes d’orthographe ne devra pas dépasser 10, non compris celles de la ponctuation. Au-dessus de ce chiffre, l’épreuve est annulée.

Art. 23 – Pour obtenir le certificat d’études primaires, le candidat devra réunir une somme de points donnant en moyenne 5 pour chaque épreuve. La nullité d’une épreuve est un cas absolu d’exclusion. »

 

En 1897, l'examen comporte : (texte Légifrance)

-       Trois épreuves écrites (dictée, calcul et rédaction portant sur la morale, sur l'histoire-géographie ou sur les sciences).

-       Une épreuve de couture pour les filles.

-       Une épreuve de dessin ou d'agriculture pour les garçons.

-       Des épreuves orales (lecture-récitation, histoire-géographie).

L'examen est obtenu si le candidat obtient la moyenne aux épreuves écrites et la moyenne à l'ensemble des épreuves. Le zéro est éliminatoire. L'écriture est évaluée sur le texte de la dictée.

Détail de l’arrêté du 31 juillet 1897 (texte Légifrance)

« Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts

modifiant les articles 256, 257, 259 et 260 de l’arrêté du 18 janvier 1887, complété par l’arrêté du 24 juillet 1888, relatifs au certificat d’études primaires.

Le Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts,

Vu la loi du 30 octobre 1886 ;

Vu le décret et l’arrêté du 18 janvier 1887 ;

Le conseil supérieur de l’Instruction publique entendu,

Arrête :

Article unique. Les articles 256, 257, 259 et 260 de l’arrêté du 18 janvier 1887 sont modifiés ainsi qu’il suit :

Art. 256 – Les épreuves de l’examen sont de deux sortes : les épreuves écrites et les épreuves orales.

Les épreuves écrites ont lieu à huis clos sous la surveillance des membres de la commission. Elles comprennent :

1° une dictée d’orthographe de 15 lignes au plus ; le point final de chaque phrase est indiqué.

La dictée peut servir d’épreuve d’écriture courante ;

2° deux questions d’arithmétique portant sur les applications du calcul et du système métrique avec solution raisonnée ;

3° une rédaction d’un genre simple portant, suivant un choix à faire par l’inspecteur d’académie, sur l’un des trois ordres de sujets ci-dessous :

a) instruction morale ou civique,

b) l’histoire et la géographie,

c) notions élémentaires des sciences avec leurs applications.

Il est ajouté :

1° pour les garçons, une quatrième épreuve écrite, comptant seulement pour l’admission définitive et comprenant, pour les écoles rurales, une ou plusieurs questions choisies dans le programme d’agriculture du cours moyen, et pour les écoles urbaines, un exercice très simple de dessin linéaire ou d’ornement tiré du programme du cours moyen ;

2° pour les jeunes filles, un travail de couture usuelle sous la surveillance d’une dame désignée à cet effet.

Les textes et les sujets de composition, choisis par l’inspecteur d’académie, sont remis à l’ouverture des épreuves, sous pli cacheté, au président de la commission.

Les compositions portent en tête et sous pli fermé les noms et prénoms des candidats, avec l’adresse de leur famille. Ce pli n’est ouvert qu’après achèvement de la correction des copies et l’inscription des notes données pour chacune d’elles.

Les candidats pourront présenter à la commission, à titre de renseignement, un cahier de devoirs mensuels ou, à défaut, un cahier de devoirs courants.

Art. 257 – Le temps accordé pour chaque épreuve et le chiffre servant à en apprécier le mérite sont ainsi déterminés :

Nature des épreuves

Temps donné pour les épreuves

Chiffre maximum d’appréciation

1e série

Orthographe

 

10

 

Écriture

 

10

 

Calcul

1 heure

10

 

Rédaction

1 heure

10

 

Couture

1 heure

10

2e série

Agriculture ou dessin (obligatoire pour les garçons)

1 heure

10

 

Lecture et récitation

 

10

 

Histoire et géographie

 

10

 

La nullité d’une épreuve entraîne l’élimination.

Les compositions sont corrigées séance tenante par les membres de la commission.

L’indication de la note est portée en tête de chaque copie et sur un tableau dressé à cet effet.

Ne sont admis aux épreuves orales que les candidats qui ont obtenu au moins la moyenne des points pour la première série d’épreuves, soit 20 pour les garçons et 25 pour les filles.

L’épreuve d’agriculture ou de dessin sera assimilée aux épreuves orales, avec lesquelles elle comptera pour l’admission définitive.

Art. 259 – Les points obtenus pour les épreuves orales sont ajoutés aux points obtenus pour les épreuves écrites.

Nul n’est définitivement déclaré apte à recevoir le certificat d’études s’il n’a obtenu la moitié au moins du total maximum des points accordés pour les deux séries d’épreuves, soit 35 points pour les garçons et pour les filles.

Art. 260 – Outre les matières ci-dessus énoncées, l’examen peut comprendre, pour les filles, un exercice de dessin linéaire ou d’ornement. Cette épreuve facultative peut également être subie, sur leur demande, par les élèves des écoles rurales de garçons, pour lesquels l’épreuve d’agriculture est seule obligatoire.

Il est fait mention, sur le certificat, de ces matières facultatives pour lesquelles le candidat a obtenu la note 5. »

 

Vers les années 1950, l'examen se passe en une journée et comprend :

-       Une épreuve de rédaction (50 min) sur 10 points avec deux sujets au choix.

-       Une épreuve d'orthographe (50 min) sur 20 points comprenant : une dictée d'environ 100 à 150 mots sur 10 points, trois questions (une question de compréhension générale, une question d'explication d'une expression, une question de grammaire).

-       Une épreuve de calcul (50 min) comprenant deux exercices ou problèmes de 8 et 12 points.

-       Une épreuve de sciences (20 min) sur 10 points.

-       Une épreuve d'histoire et géographie (20 min) sur 10 points.

-       Une épreuve de calcul mental (cinq questions) sur 5 points.

-       Une épreuve de lecture sur 5 points.

-       Une épreuve de chant ou récitation sur 5 points, dans les épreuves de chant, il y avait la Marseillaise, le Chant des Partisans, ainsi que le Chant du Départ.

-       Une épreuve de dessin, travaux manuels ou couture (50 min) sur 10 points.

-       L'écriture est évaluée sur 5 points.

Pour être reçu, il faut n'avoir eu zéro ni en orthographe, ni en calcul, avoir obtenu la moyenne à l'ensemble rédaction-orthographe-calcul-sciences, avoir obtenu la moyenne à l'ensemble des épreuves.

Extrait de l’arrêté  du 4 février 1954 : (texte Légifrance)
« CONDITIONS D'AGE (*)
II faut avoir quatorze ans dans l'année. Pour la session de 1956 peuvent s'inscrire les jeunes gens nés antérieurement au 1er janvier 1943. Aucune dispense d'âge n'est accordée.

ÉPREUVES
L'examen comprend une seule série d'épreuves:
- une rédaction;
- une épreuve d'orthographe;
- une épreuve de calcul;
- une épreuve de sciences;
- une interrogation écrite d'histoire et de géographie;
- une épreuve de calcul mental;
- un exercice de dessin ou de travail manuel;
- la lecture d'un texte;
- une épreuve de récitation ou de chant;
- l'écriture est notée sur la rédaction.

N.B. : Les moyens de reproduction des centres d'examen (écoles principales des chefs-lieux des cantons) étant très limités, les énoncés des sujets étaient soit dictés, soit copiés au tableau.

RÉDACTION
Durée 50 minutes; notation de 0 à 10.
2 sujets au choix sont proposés aux candidats: l'un des sujets peut être un récit ou une lettre; l'autre, un rapport, un procès-verbal, un compte rendu, une lettre d'affaires.

ORTHOGRAPHE
Durée 25 minutes après la dictée du texte; notation de 0 à 10 pour la dictée, 0 à 10 pour les questions.
La dictée doit avoir de 120 à 150 mots.
3 questions: 2 relatives à l'intelligence du texte, 1 à la grammaire.

CALCUL
Durée 50 minutes après la dictée des énoncés.
2 problèmes de la vie pratique: 1 court noté sur 8, 1 plus long noté sur 12, comprenant plusieurs questions successives sur un même thème concret.

SCIENCES
Durée 20 minutes; notation de 0 à 10. 2 questions.

HISTOIRE ET GÉOGRAPHIE
Durée 20 minutes; notation: 5 points pour l'histoire, 5 points pour la géographie

CALCUL MENTAL
Notation de 0 à 5.
5 questions empruntées à la vie pratique. Chaque question est lue deux fois; le candidat doit répondre en 1 ou 2 minutes.

DESSIN
Durée 40 minutes. Notation de 0 à 10.
Pour les garçons, dessin à vue, ou d'ornement, ou croquis coté, ou tracé géométrique simple, ou travail manuel.
Pour les filles, dessin à vue, ou d'ornement, ou couture.

LECTURE
Notation de 0 à 5. Lecture expressive d'une dizaine de lignes. Aucune question n'est posée au candidat.

RÉCITATION OU CHANT
Notation de 0 à 5.
Épreuve tirée au sort.
Récitation: Le candidat récitera un des 6 textes qu'il doit présenter.
Chant: Le candidat chantera un des 6 chants qu'il doit présenter.

Conditions de réussite

La note 0 pour l'orthographe ou le calcul n'est éliminatoire qu'après délibération du jury.
Pour être déclaré admis, le candidat doit avoir obtenu, au minimum:
- 30 points pour l'ensemble des épreuves suivantes: dictée, questions, calcul, rédaction, sciences.
- 50 points pour l'ensemble des épreuves de l'examen.

LE BREVET SPORTIF SCOLAIRE (B. S. S.)
(Épreuves d'éducation physique du CEP)

Pour avoir le droit de subir les épreuves du C. É. P., il faut s'être présenté au Brevet sportif scolaire.
Ce dernier a généralement lieu quelques jours avant le C. É. P. Il n'y a pas d'inscription spéciale: les candidats inscrits au C. É. P. reçoivent une convocation pour se présenter au B. S. S.
Les enfants qui sont dispensés de gymnastique ou qui, accidentellement, ne peuvent se présenter au B. S. S. doivent fournir obligatoirement un certificat médical à la commission d'examen.
Les épreuves comprennent:
- saut en hauteur avec élan;
- lancer;
- course de 50 mètres;
- grimper.
Pour être reçu au B. S. S., il faut obtenir la moyenne des points pour l'ensemble des épreuves.
Les points obtenus au-dessus de la moyenne confèrent une majoration de un ou deux points, qui s'ajoute au total des épreuves d'histoire, de géographie, de dessin, de lecture, de calcul mental, de récitation ou de chant et d'écriture.

CONSEILS PRATIQUES

Comment s'inscrire pour subir les épreuves du C. É. P. ?
L'inscription se fait généralement à l'école. Pour les candidats qui ne suivent aucune école, l'inscription est reçue à la mairie du lieu de résidence. Il faut présenter une pièce officielle d'état civil (bulletin de naissance, livret de famille). L'inscription se fait durant la période portée à la connaissance du public par voie d'affiche (en général un mois avant l'examen).
Où passe-t-on le C. É. P. ?
Les candidats reçoivent une convocation qui leur indique le lieu, la date et l'heure de l'examen.
Y a-t-il des conditions d'âge ? Peut-on obtenir des dispenses ?
Les candidats ne peuvent se présenter au C. É. P. que s'ils atteignent l'âge de 14 ans dans l'année ou si, au-delà de cet âge, ils ont été autorisés à prolonger leur scolarité, au 1er octobre précédant l'examen.
Aucune dispense d'âge inférieure n'est accordée. En 1956 ne pourront pas se présenter les enfants nés après le 31 décembre 1942. »

(*) Avant 1936, le Certificat d'Études pouvait être passé dès 11 ans. Beaucoup de candidats avaient 12 ans, voire moins, comme cet élève de Pouilly le Fort, Alfred Véron. Les élèves admis pouvaient être autorisés à quitter l'école, avant la fin de l'obligation scolaire, alors fixée à 13 ans.

Quelques exemples de sujets proposés à la session du 5 juin 1955

Sujets départementaux donnés dans le Bas-Rhin

(copiés sur https://www.ecomusee.alsace/retour-a-lecole/)

« Remarque : Le jury d'examen étant présidé par l'Inspecteur Primaire, qui avait en charge plusieurs cantons, les dates de l'examen s'étalaient sur plusieurs jours de Juin. Par conséquent, les sujets ont longtemps été différents d'un canton à l'autre ; dans les années 50, quand la plupart des enfants de 14 ans se sont retrouvés dans les collèges (CEG/CES), les épreuves ont progressivement été organisées au plan départemental (sujets communs, date unique), les Inspecteurs déléguant au directeur du CEG du chef-lieu de canton (le "cantonnier") la responsabilité de l'organisation et de la conduite de l'examen, et circulant entre les centres cantonaux notamment pour présider les délibérations des jurys.

RÉDACTION
1. Au marché, M. Muller veut acheter une paire de chaussures, mais il est bien long à se décider. Un dialogue s'engage entre le vendeur et l'acheteur; imaginez-le et terminez la scène.
II. Un de vos camarades a été victime d'un accident au cours de la récréation. Votre maître vous demande de raconter brièvement et avec précision ce qui s'est passé. Rédigez le rapport.

DICTÉE

Dans ma vallée vosgienne. (LOUIS MADELIN, Les Vosges.)

À droite, à gauche, ce ne sont que sapins. La rivière court, capricieuse parfois, à travers un tapis d’herbe où paissent les bêtes; elle sort, ruisseau cascadant, des flancs du Donon, montagne jadis sacrée au sommet de laquelle on a relevé un temple de ses ruines. Cette petite rivière ne se contente pas de féconder les prés et les champs; car elle actionne, sur les pentes mêmes du Donon, des scieries auxquelles, dans la vallée, succèdent trente autres scieries. Il faut entrer dans ces modestes hangars où les troncs sombres, amenés de la montagne, se débitent, dans une seule journée, en centaines de planches claires ; les pieds dans la sciure blanche, fraîche, odorante, on regarde sans se lasser le travail de l'artisan qui surveille et règle l'opération.

Questions
1. Quelles sont, d'après ce texte, les diverses activités des habitants de cette vallée (travaux et métiers) ?
2. Justifier, en les expliquant, l'emploi des mots: capricieuse, cascadant, féconder.
3. Quelle est la fonction de chacun des mots ou groupes de mots suivants, en italique dans le texte:
a) à travers un tapis d'herbe

b) on

c) trente autres scieries

d) ces.

CALCUL

 (ndlr : les prix sont en "anciens francs" d'avant 1959, centimes des années 1959-2001)


1. Une fermière vend d'abord le quart, puis le tiers des poulets qu'elle a apportés au marché. Elle a alors vendu 14 poulets :

1° Combien lui en reste-t-il à vendre ?

2° Quelle somme aura-t-elle reçue lorsqu'elle les aura tous vendus, sachant que, dans la première vente, elle les cède à 350 F pièce, à la deuxième vente à 400 F l'un et à la troisième vente à 375 F chacun?

Réponses : 10 poulets ; 9 050 F.

II. Un appareil d'arrosage de jardin est mis en marche à 8 h 15 mn. Le compteur à eau marque alors 342,7 m³. À 9 h 30 mn, il marque 343,825 m³ :

1° Quel est le débit de cet appareil par minute? Par heure?

2° Sachant que le mètre cube d'eau de la ville coûte 9,50 F, à combien reviendrait l'arrosage si l'appareil fonctionne de 8 h 15 mn à 10 h 15 ?

3° Combien de temps faudrait-il pour répandre avec un arrosoir à main de 1,2 dal, la même quantité d'eau, si pour pomper l'eau du puits, la transporter et la répandre. Il faut 8 mn par arrosoir? Calculez la valeur de la main-d'œuvre à raison de 120 F l'heure.

Réponses : 15 l ; 900 l; 17.10 F ; 20 h ; 2 400 F.

 

SCIENCES
Question commune. - Quelles sont les différentes fonctions de la peau ? Pourquoi et comment la tenir propre?

Écoles urbaines de garçons et de filles. - Le courant électrique peut servir à différents usages dans un ménage. Énumérez les emplois que vous connaissez et précisez les précautions qu'il faut prendre en manipulant l'un ou l'autre de ces appareils.

Écoles rurales de garçons et de filles. - Quels perfectionnements serait-il possible d'apporter aux installations sanitaires dans nos villages : a) Dans les maisons d'habitation? b) Dans les cours, étables, écuries?

HISTOIRE ET GEOGRAPHIE

I. Comment vivaient et travaillaient les paysans à l'époque féodale (cultures, récoltes, maisons...) ?
II. Quels sont les grands ports de pêche français? Dire sur quelles mers ils s'ouvrent et quel genre de pêche on y pratique.

DESSIN


Tracez un cercle de 6 cm de rayon. Inscrivez un hexagone régulier que vous partagerez en 6 triangles en traçant les diagonales. Colorez ces triangles avec trois couleurs différentes.

COUTURE


Préparer un faux-ourlet sur une longueur de 10 cm. Coudre 5 cm. Faire une bride accrochée sur le faux-ourlet.

CALCUL MENTAL

1. Un facteur fait 12,5 km le matin et 8,25 km le soir. Quelle distance parcourt-il?
R. : 20,75 km.

II. Prix de 19 cahiers à 35 F.

R. : 665 F.

III. Un car part à 7 h 10 et arrive à 9 h 02. Durée du trajet?

R.: 1 h 52 mn.


IV. J'ai dépensé les 2/5 de ce que j'avais pour acheter des sandales. Il me reste 2 100 F. Prix des sandales?


R. : l 400 F
.


V. Un champ triangulaire a 75 m' de surface et 20 m de hauteur. Quelle est la longueur de sa base?


R. : 7,5 m. »



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