Manuels scolaires après 1880
Juste un rappel
(collection musée)
Le
« livre d’école »
« Moule
où se coule le savoir, le livre scolaire est aussi un instrument de
pouvoir »
dira Alain Chopin, article publié dans l’Histoire
de l’éducation, en
1980. Une évidence, il suffit de se rappeler le rôle prédominant que les manuels ont joué dans la propagation
des idées laïques et républicaines de la Troisième République, leur rôle aussi
dans l’uniformisation linguistique et le nivellement culturel d’une France majoritairement
« rurale ». Étroitement liés aux programmes scolaires, ils imposent
dès la prime jeunesse des écoliers, une organisation du champ du savoir. Ils
furent ainsi, pendant des générations, l’outil fondateur de la pensée
intellectuelle des futurs citoyens.
Les nouveaux modes de
lecture
Et
maintenant ?
Autrefois triomphant, le
manuel scolaire est aujourd’hui contesté. La concurrence avec les moyens
modernes d’information est rude. Depuis plusieurs décennies, l’école s’interroge
sur l’avenir, les recherches des historiens, à travers les manuels scolaires, portent
sur l’apport particulier des disciplines historiques. Les manuels d’antan en
seraient-ils réduits à un riche matériau à exploiter mais sans avenir ? Ce
support pédagogique est à la charnière de deux cultures : celle de l’école
et celle des médias, il est au centre d’une mêlée où s’affrontent les
défenseurs des « belles lettres » et les tenants des « outils
numériques ». Qui vaincra ?
Retour
sur les manuels jusqu’à la Seconde Guerre mondiale
Vers
une morale laïque :
Conseils à l’instituteur
« S’il aime ses élèves,
il résoudra pour ainsi dire d’intuition une foule de ces problèmes pratiques
dont se compose son art car, on ne saurait trop le redire, l’éducation est un
art, qui procède bien plutôt par expérience que par formules. Il tiendra la
juste mesure entre l’autorité et la liberté, il respectera l’initiative de
l’enfant sans lui demander trop, sans la trop abandonner elle-même ; il
acquerra d’autant plus d’ascendant qu’il se préoccupera moins de lui-même et
plus de l’enfant, il se perfectionnera pour perfectionner son élève. »
Ferdinand Buisson, Dictionnaire de pédagogie et
d’instruction primaire, 1887 (volume1.1,
page 809)
Instruction morale et
civique, illustration de E. Cazes, Delagrave, 1890
C’est la loi Ferry de 1882
qui « laïcise » la morale à l’école. Elle remplace, dans son 1er
article, l’instruction religieuse par l’instruction « civique ».
Jules Ferry avait annoncé que « l’instruction
morale reste la plus importante mission de l’instituteur », il
précisait, en outre, que cette morale républicaine ne s’opposait pas à la
morale religieuse mais que, par contre, c’était une morale pour tous, au-delà
de la diversité des opinions spirituelles et qu’elle constituait un patrimoine
de valeurs morales communes.
1895
Dans les manuels, les
illustrations et les maximes remplacent les paraboles : « Fuis l’oisiveté », « Payer
ses impôts », « La paresse est la mère de tous les vices », ou
encore, comme le disait le laboureur à ses enfants : « Le travail est une vertu qui amène la prospérité ». Les
thèmes abordés restent toutefois les mêmes : la gourmandise, la colère, le
respect des anciens.
D’autres sont introduits
plus fermement : l’alcoolisme, l’ivrognerie qui brise les familles,
l’’hygiène, le courage devant les dangers. Tout cela ressemble, à s’y
méprendre, aux péchés capitaux…
Cours de fin d’études, 1908
Les
manuels de lecture :
« S’il est vrai que
l’enfant s’intéresse à ce qu’il fait, est-il vrai qu’il ne s’intéresse à rien
d’autre ? Loin de là, il s’intéresse aussi, et davantage encore, à ce qui
lui apparaît comme éminemment beau et gracieux. Si donc c’est le grand secret
de l’éducation de faire en sorte que ce qu’il s’agit d’apprendre, on s’y
intéresse et on l’aime, le secret de l’éducation est de présenter les choses à
l’élève sous l’aspect et avec les attraits de la beauté. »
Ferdinand Buisson, Dictionnaire de pédagogie et
d’instruction primaire, 1887 (volume1.1,
page 129)
Jusqu’au milieu du 19e
siècle, c’est l’abécédaire et « l’épellation » qui priment comme
méthode de lecture.
Cette méthode sera
progressivement abandonnée au profit de la méthode syllabique qui associe enfin
lecture et écriture dans un même apprentissage. La méthode semble bien
structurée : les leçons des manuels présentent des vignettes sous-titrées
introduisant une ligne de syllabes, suivie de mots illustrant le son du jour et
enfin d’une petite phrase aux syllabes
détachées. On retrouvera cette méthode dite « syllabique » jusque
dans les années 1960.
Mamadou et Bineta apprennent
à lire, syllabaire, Afrique francophone, 1930
Les instructions de 1923
préfigurent une évolution quant aux méthodes. Tout en mettant en place une
programmation annuelle : au cours préparatoire,
« déchiffrage » ; au cours élémentaire, « lecture
courante » ; au cours moyen, « lecture expressive » et au
cours supérieur, « lecture expliquée ». Ces instructions laissent aussi la place à
des méthodes nouvelles déjà testées par des pédagogues d’avant-garde, notamment
en lecture. C’est ainsi qu’apparaît, en 1936, l’année du Front populaire, le
manuel La Méthode Rose, annonçant « Une initiation joyeuse à la lecture
intelligente » « La méthode rose, c’est la méthode synthétique
rajeunie, fécondée, vivifiée par un appel à la lecture directe. Nous partons du
mot, de la phrase, du texte vivant illustré par l’image, et ainsi nous faisons
goûter à l’enfant, dès les premières leçons, la joie de lire et de comprendre
le langage écrit. »
Ceci étant dit, ses auteurs
Souché et Dénouel, tout en rejetant la lecture syllabique, s’efforcent de
concilier les méthodes actives naissantes et l’intérêt de l’enfant, à travers
cette nouvelle discipline née par les instructions de 1923 intitulée
« français ». Il reste, comme le dit Souché, que le CP doit préparer
au CE, qui lui doit préparer au CM… et ainsi de suite, avec cependant un
paramètre nouveau que les éditeurs de manuels ne manqueront pas de relever :
« Chez les enseignants pacifistes de
l’entre-deux-guerres, l’idée que l’enfant doit pouvoir « vivre son
enfance »reçoit un écho favorable. Ils sont prêts à reconnaître le rôle
éducatif du jeu, l’intérêt des activités libres et de l’expression spontanée,
mais ils savent mieux leur faire place dans la cour de récréation. Les plus
avant-gardistes des pédagogues, Freinet en tête, le savent : il ne s’agit
pas d’apprendre « à lire seulement », mais à « lire et
écrire ».
La méthode rose met en scène
Lili et Toto, en couleur, orange, noir et blanc (à l’image de Lecture sans larmes de Joly, 1930) et adopte la « ligne
claire d’Hergé » pour figurer, en action, la fillette en robe et cheveux
courts et son frère en short noir. L’illustration se trouve entre un cadre
contenant la liste des éléments nouveaux et un autre, avec un petit récit
vivant, comportant des mots lus en lecture directe ainsi que des mots avec des
syllabes connues, suivent des exercices d’écriture et de dictée. L’innovation
est la lecture globale de mots nouveaux et de mots-outils, que l’enfant apprend
par cœur, permettant la formation de phrases. Cette première phase est plus ou
moins longue selon le choix de la maîtresse ou du maître, elle est suivie d’une
phase synthétique, avec un apprentissage traditionnel de la lettre et du son.
Dans la seconde moitié du 20e
siècle, ce sera la méthode la plus répandue, tant par le nombre de manuels
édités que par celui des enseignants l’ayant adoptée. Comme le disent les
auteurs « Nous partons du mot, de la
phrase, du texte vivant illustré par l’image, et ainsi nous faisons goûter à
l’enfant, dès les premières leçons, la joie de lire et de comprendre le langage
écrit. »
Les
manuels de sciences :
« L’enfant tient à
l’honneur d’accroître, le plus possible, des petites collections d’histoire
naturelle. Pour le faire, il fouille la campagne, cherche, examine, observe, et
tout cela est autant de gagné par son instruction ; il marche, grimpe,
escalade, saute, retourne les pierres, creuse le sol. »
Ferdinand Buisson, Dictionnaire de pédagogie et
d’instruction primaire, 1887 (volume1,
page 1282)
Si la leçon de choses
m’était contée… cette reine de l’enseignement « intuitif » de
Ferdinand Buisson passe, dès 1882, pour être la forme « la plus adaptée à la marche naturelle de l’esprit de
l’enfant : des faits aux idées, du concret à l’abstrait, des
« choses » aux « mots ». L’enfant doit commencer par
voir et observer. Si les manuels développent la leçon de choses et dynamisent
l’enseignement des sciences, leur utilisation reste bridée par la forme
scolaire restée traditionnelle des années 1920 à 1950, malgré l’apparition du
mouvement de l’éducation nouvelle et les instructions officielles novatrices de
1923 qui suggéraient aux maîtresses et aux maîtres de recourir à de véritables
expérimentations avec les enfants.
À partir des années 1880, les manuels
scolaires font de la culture de l’observation leur principal objectif, au grand
dam de Buisson qui avait expliqué, dans sa « Conférence
sur l’enseignement intuitif » faite aux instituteurs délégués à
l’exposition universelle, le 31 août 1878, que « la leçon montre les choses mais n’instruit pas par les
choses ». Passer de l’observation à l’enseignement par l’action
s’avéra donc difficile dans un contexte pour le moins rigide. Les illustrations
des manuels, souvent des gravures, restent souvent monotones et sans couleurs.
1936
Au début du 20e
siècle, sous l’influence d’Émile Combes, les Écoles Normales apprendront aux
instituteurs à lutter contre la superstition et l’obscurantisme avec des
directives officielles qui verront dans l’étude des sciences à l’école
élémentaire une « étude libératrice
de l’esprit » : les sciences habituent à ne rien accepter sans
contrôle, elles « écartent le
surnaturel et le miracle », elles montrent comment passer toute
affirmation au crible de la raison.
Progressivement, les
sciences auront leur programme, leurs exercices. Elles vont entrer dans les
épreuves du certificat d’études primaires (1).
1890
Programmes 1913
Cours de fin d’études, 1907
Les
manuels « d’arithmétique » :
« Le meilleur moyen
d’apprendre aux enfants à compter consiste à leur faire compter effectivement
des objets semblables, comme des pois, des noisettes, ou de simples bûchettes
analogues à des allumettes et que l’on a taillées d’avance. Des paquets de 10
bûchettes que l’on a liées ensemble serviront à introduire l’idée des
dizaines ; et dix paquets semblables, réunis en un seul, donneront l’idée
d’une centaine. »
Ferdinand Buisson, Dictionnaire de pédagogie et
d’instruction primaire, 1887 (volume1,
page 115)
Avant 1886, l’enseignement
de la fameuse arithmétique se limitait à l’apprentissage du comptage, celui des
quatre opérations et celui de la règle de trois et du « produit en
croix ». La loi de 1886 va l’élargir au problème d’arithmétique.
Histoire de Deux Petits
Marchands de Pommes, Jean Macé, 1962
Jusqu’à l’Entre-deux-guerres,
l’enseignement des mathématiques sera magistral, pratique, utilitaire et
surtout concret : le futur citoyen doit s’adapter aux exigences de la vie
sociale moderne qui imposent des rudiments de calcul nouveaux. Les méthodes
pédagogiques quant à elles, guidées par les épreuves du certificat d’études et
ses problèmes types, conduisent maîtresses et maîtres à n’enseigner que des
réponses-types que l’élève doit mémoriser à coup de « bachotage » et
de « rabâchages »…
1910
Cours de fin d’études, 1909
Cours élémentaire, 1912
Cours préparatoire, 1962
Les
manuels d’histoire :
« Dans nos classes
aujourd’hui, il n’y a plus lieu d’avoir cette haute estrade d’où le maître,
dans le mode mutuel, commandait et surveillait les mouvements de groupes. Il doit,
de sa place, dominer toute sa classe, mais il ne doit pas s’y tenir
constamment, et son rôle est d’aller voir de près le travail des
enfants. »
Ferdinand Buisson, Dictionnaire de pédagogie et
d’instruction primaire, 1887 (volume1.2,
page 1944)
Les textes officiels des
lois Ferry de la fin du 19e siècle insistent sur la transmission
orale de cette matière. La naissance du « récit national » d’Ernest
Lavisse s’appuie sur le goût des enfants pour les « petites
histoires » contées, qui amènent à la « grande histoire » de la
France.
Les manuels proposent donc
des leçons prêtes à l’emploi, illustrées d’images stéréotypées, de questions de
compréhension et de résumés à mémoriser. Le rôle des images est bien de marquer
les enfants en éveillant en eux cette conscience nationale et patriotique qui
fit tant défaut en 1870, entraînant, d’après les politiques, la lourde défaite
et la perte des territoires.
Dans les manuels, les
gravures sur bois en vignettes, puis les photogravures seront autant de
fictions didactiques au trait simple qui traduiront l’héroïsme de personnages
illustres ou la naissance de la nation française. Il faudra attendre les instructions
de 1923 pour que soit recommandée l’étude de documents authentiques à travers
des images plus nombreuses, correctement légendées et encadrées de récits
explicatifs. Le résumé restera cependant, et pour longtemps encore, la trace
écrite qui figurera dans les cahiers des écoliers.
Cours de fin d’études, 1908
Finalement, étudier les
manuels d’histoire incite à mesurer les effets, pendant plus de trois siècles,
de ce panthéon scolaire sur la société contemporaine, à travers ces ouvrages
que des générations d’élèves ont eu entre les mains. Leur usage pédagogique
témoigne de la transmission d’une « certaine » histoire que l’on
pourrait rapprocher de « l’album national de famille ». On y trouvera
diverses interprétations, des instrumentalisations au profit de la morale
aussi, de la religion, voire de la politique et de la désinformation sur les événements
historiques (Saint-Louis rendait-il la justice sous son chêne ? Pas plus
que Palissy n’a brûlé ses meubles).
Les
manuels après la Seconde Guerre mondiale
La
disparition des manuels de morale :
À partir des années 1950,
les rappels moraux se traduisent essentiellement à travers la valorisation de
l’exercice physique qui devient plus « laïque » en abandonnant les
vertus religieuses, la purification de l’âme par le corps, dont il fut empreint
durant le Régime de Vichy.
Dès les années 1960, les
manuels de morale disparaissent au profit des manuels d’instruction civique.
Cette nouvelle matière sera intégrée aux programmes d’histoire et de géographie
à partir de la fin des années 1980 et du début des années 1990.
Les
manuels de lecture :
Les années d’après-guerre
verront le succès des méthodes « mixtes », notamment le « Rémi
et Colette » et le « Daniel et Valérie », pour ne citer
qu’elles. Toutefois, à partir des années 1960, les professeurs de collège
alertent sur une maîtrise insuffisante de la lecture, accusant aussi bien la
méthode « globale » que la méthode « syllabique », mais feignant
encore d’ignorer la massification de l’enseignement secondaire avec l’allongement
de la scolarité à 16 ans, l’arrivée du collège unique et la lourde tâche de
différenciation qui les attend…
Avec les instructions de
1972, par opposition à la lecture lente, guidée, oralisée, apparaît la lecture
« silencieuse » prônant une lecture fluide, rapide et efficace, ce
qui ne rassurera pas les enseignants de collège.
Pour
plus d’explications, revoir les articles du blog :
Apprendre
à lire, la méthode syllabique : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2024/06/apprendre-lire-la-methode-syllabique-le.html#more
Apprendre
à lire, la méthode globale ou mixte : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2024/06/apprendre-lire-la-methode-syllabique-le.html#more
Les
manuels de sciences :
L’évolution des méthodes
durant les années 1960 conduit à la prise en compte de l’enfant dans son
individualité. L’enseignement des sciences s’oriente vers un nouveau modèle
pédagogique : la pédagogie d’éveil. L’observation, reine de la leçon de
choses ne suffit plus à comprendre un monde où les savoirs scientifiques sont
de plus en plus complexes et où la technologie bouleverse l’univers matériel.
La culture de « l’observation des choses » laissera désormais la
place à une culture des « démarches » et de la « connaissance
des phénomènes », jusqu’à l’avènement de « La main à la pâte »
de Georges Charpak.
Pour
plus d’explications, revoir les articles du blog :
L’enseignement
des sciences 1880-1970 (partie 1) : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2020/11/les-sciences-lecole-1881-1970.html#more
L’enseignement
des sciences 1880-1970 (partie 2) : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2020/12/les-sciences-lecole-1881-1970-2.html#more
Marie
Curie, prix Nobel de pédagogie : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2020/05/marie-curie-femme-de-conviction.html#more
Les
manuels de « mathématiques » :
Déjà à la fin des années
1930, étaient apparues des contradictions opposant une volonté officielle
utilitaire dans ses objectifs, dogmatique dans ses méthodes, et les idées
novatrices insufflées par les théoriciens de l’éducation nouvelle en recherche
de pédagogie expérimentale.
La rupture interviendra en
1970 avec la prise en compte de contenus et de formes d’enseignement nouveaux.
Différents groupes de recherche en didactique des mathématiques à l’école
élémentaire vont proposer des pistes nouvelles tout en affirmant leurs
différences, à l’image des tendances Groupe Ermel et Brissiaud ( https://www.cafepedagogique.net/2018/10/27/remi-brissiaud-des-reperes-de-progressivite-en-maths-a-loppose-de-ceux-de-2015/
).
Malgré tout, chacun s’accorde
à dire que le problème apparaît comme le moyen privilégié de « donner du
sens » aux connaissances mathématiques enseignées : la
situation-problème est née et se substitue aux problèmes-types. À partir des
années 1980, sera privilégié un enseignement méthodologique d’apprentissage à
la résolution de problème dans les programmes : le développement rapide
des technologies informatiques et des modélisations des processus de pensée
fera son œuvre…
Pour
plus d’explications, revoir les articles du blog :
Savez-vous
compter ? : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2022/05/apprendre-compter.html#more
Le
boulier numérateur de Pape-Carpantier : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2017/10/le-boulier-numerateur.html#more
Bouliers
compteurs, bouliers numérateurs : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2018/11/les-bouliers.html#more
Les
monnaies factices à caractère éducatif : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2018/04/pieces-et-billets-usage-scolaire.html#more
Les
manuels d’histoire :
Après 1945, le récit (plus
ou moins national) bien que gardant une grande importance dans les
instructions, va s’estomper dans les nouveaux manuels avec l’entrée d’une
nouvelle venue encore modeste : l’observation des traces du passé.
Désormais, les images seront de grandes dimensions avec l’utilisation
croissante de la photographie et de la couleur. Les connaissances seront
désormais transmises aux élèves par l’analyse de documents historiques. Après
1970, le mode d’utilisation des images et des documents n’aura plus seulement
une visée illustrative mais permettra aux enfants de construire leur savoir.
Ainsi, le récit disparaîtra au profit de la méthode d’investigation et n’aura
plus beaucoup de place dans l’enseignement de l’histoire.
Pour
plus d’explications, revoir les articles du blog :
Le
roman national : toute une histoire : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2021/04/leroman-national-touteune-histoire.html#more
Chronique
des héros du roman national : Vercingétorix : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2021/10/vercingetorix-dans-le-roman-national.html#more
Chronique
des héros du roman national : Clovis : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2022/12/chronique-des-heros-du-roman-national.html#more
Chronique
des héros du roman national : Charlemagne : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2021/07/chronique-des-heros-du-roman-national.html#more
Chronique
des héros du roman national : Jeanne d’Arc : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2021/12/jeanne-darc-dans-le-roman-national.html#more
Patrick PLUCHOT
Sources consultées :
-
La bibliothèque Diderot de Lyon
-
L'Institut Français de l'Education (ifé)
-
Les manuels scolaires à l'INRP
-
https://www.bnf.fr/fr/education-et-enseignement-sciences-de-leducation
-
https://bnf.libguides.com/manuels_scolaires_francais
(1) : Le
certificat d’études :
En 1867,
l'examen comporte :
- Trois épreuves écrites (orthographe, style, calcul).
- Cinq épreuves orales (lecture, histoire
sainte, grammaire, calcul au tableau, système
métrique).
- L'écriture est évaluée sur le texte de la dictée.
L'examen est obtenu si le candidat obtient la moyenne à
l'ensemble des épreuves et s'il n'a pas fait plus de dix fautes à la dictée.
Extrait de l’arrêté de
1867 : (texte Légifrance) :
« [……..]
Art. 10 - Les candidats
des écoles devront être âgés de 13 ans au moins. Aucune condition d’âge n’est
imposée aux élèves des cours d’adultes.
Titre III.
De l’examen.
Art. 11 – L’examen
portera sur l’histoire sainte, la lecture, l’écriture, la langue française, le
calcul et le système métrique. Néanmoins, sur leur demande préalable au moment
de l’inscription, les candidats pourront être interrogés aussi sur les autres
matières de l’enseignement primaire et mention sera faite sur le certificat de
celles des épreuves qui auront été subies avec succès.
Art. 12 – L’examen se
divise en épreuves écrites et en épreuves orales. Celui des aspirantes comprendra
en outre les travaux à l’aiguille.
Art. 13 – Les épreuves
écrites sont au nombre de quatre, savoir :
1° Écriture. La dictée
servira à apprécier cette épreuve ;
2° Orthographe. Une
dictée d’une page environ, prise dans un auteur classique. Le texte, lu d’abord
à haute voix, est ensuite dicté lentement, puis relu. Dix minutes sont
accordées aux aspirants pour corriger leur travail ;
3° Style. Une lettre sur
un sujet familier ou un récit de l’histoire sainte ;
4° Calcul. La solution
raisonnée d’un ou de plusieurs problèmes d’arithmétique comprenant
l’application des quatre règles, des nombres entiers et des nombres décimaux.
Une heure sera accordée
aux candidats pour chacune des deux dernières épreuves.
Toute communication
entre les aspirants pendant les épreuves est interdite sous peine d’exclusion.
Art. 14 – Les épreuves
orales porteront sur la lecture, l’histoire sainte, la grammaire française, le
calcul au tableau et le système métrique. Chacune de ces épreuves durera au
moins dix minutes.
Art. 15 – L’épreuve de
lecture (imprimés et manuscrits) devra constater non seulement que le candidat
lit avec facilité, mais encore qu’il a un ton naturel, une prononciation
correcte, et qu’il se rend compte du sens de sa lecture.
Art. 16 – L’examen sur l’histoire
sainte embrassera les principaux faits de l’ancien et du nouveau Testament.
Art. 17 – L’examen de
grammaire aura pour objet de s’assurer que le candidat distingue les
différentes espèces de mots, qu’il en comprend le sens et en connaît les rapports.
Art. 18 – L’examen de
calcul au tableau devra montrer que le candidat connaît la numération des
nombres entiers et des nombres décimaux ; qu’il comprend et sait appliquer
les quatre opérations ; qu’il est familiarisé avec la pratique du système
métrique.
Art. 19 – Les épreuves
des travaux à l’aiguille, pour les aspirantes, ne consisteront qu’en couture
usuelle, piqûre, tricot, remaillage, marque, reprise, boutonnière, bride et
œillet.
Art. 20 – Les parties de
l’enseignement facultatif seront toutes traitées par écrit à l’exception du
chant, qui sera l’objet de questions orales.
Les candidats déjà
pourvus d’un certificat d’études et qui ont fait la déclaration prescrite par
l’article 11 sont admis de droit, et sans retour sur les examens précédents,
aux épreuves concernant l’enseignement facultatif.
Titre IV.
Du jugement des épreuves.
Art. 21 – La commission
exprime la valeur de chacune des épreuves écrites et orales au moyen de
l’échelle d’appréciation suivante :
10 et 9 : très
bien 4
et 3 : médiocre
8 et 7 :
bien 2
et 1 : mal
6 et 5
passable 0 :
nul
Art. 22 – Pour la
dictée, le nombre de fautes d’orthographe ne devra pas dépasser 10, non compris
celles de la ponctuation. Au-dessus de ce chiffre, l’épreuve est annulée.
Art. 23 – Pour obtenir
le certificat d’études primaires, le candidat devra réunir une somme de points
donnant en moyenne 5 pour chaque épreuve. La nullité d’une épreuve est un cas
absolu d’exclusion. »
En 1897,
l'examen comporte : (texte Légifrance)
- Trois épreuves écrites (dictée, calcul et rédaction portant sur
la morale, sur l'histoire-géographie ou sur les sciences).
- Une épreuve de couture pour les filles.
- Une épreuve de dessin ou d'agriculture pour
les garçons.
- Des épreuves orales (lecture-récitation, histoire-géographie).
L'examen est obtenu si le candidat obtient la moyenne aux
épreuves écrites et la moyenne à l'ensemble des épreuves. Le zéro est
éliminatoire. L'écriture est évaluée sur le texte de la dictée.
Détail de l’arrêté du 31 juillet 1897 (texte Légifrance)
« Ministère de
l’Instruction publique et des Beaux-Arts
modifiant les articles
256, 257, 259 et 260 de l’arrêté du 18 janvier 1887, complété par l’arrêté du
24 juillet 1888, relatifs au certificat d’études primaires.
Le Ministre de
l’Instruction publique et des Beaux-Arts,
Vu la loi du 30 octobre
1886 ;
Vu le décret et l’arrêté
du 18 janvier 1887 ;
Le conseil supérieur de
l’Instruction publique entendu,
Arrête :
Article unique. Les
articles 256, 257, 259 et 260 de l’arrêté du 18 janvier 1887 sont modifiés
ainsi qu’il suit :
Art. 256 – Les épreuves
de l’examen sont de deux sortes : les épreuves écrites et les épreuves
orales.
Les épreuves écrites ont
lieu à huis clos sous la surveillance des membres de la commission. Elles
comprennent :
1° une dictée
d’orthographe de 15 lignes au plus ; le point final de chaque phrase est
indiqué.
La dictée peut servir
d’épreuve d’écriture courante ;
2° deux questions
d’arithmétique portant sur les applications du calcul et du système métrique
avec solution raisonnée ;
3° une rédaction d’un
genre simple portant, suivant un choix à faire par l’inspecteur d’académie, sur
l’un des trois ordres de sujets ci-dessous :
a) instruction morale ou
civique,
b) l’histoire et la
géographie,
c) notions élémentaires
des sciences avec leurs applications.
Il est ajouté :
1° pour les garçons, une
quatrième épreuve écrite, comptant seulement pour l’admission définitive et
comprenant, pour les écoles rurales, une ou plusieurs questions choisies dans
le programme d’agriculture du cours moyen, et pour les écoles urbaines, un
exercice très simple de dessin linéaire ou d’ornement tiré du programme du
cours moyen ;
2° pour les jeunes
filles, un travail de couture usuelle sous la surveillance d’une dame désignée
à cet effet.
Les textes et les sujets
de composition, choisis par l’inspecteur d’académie, sont remis à l’ouverture
des épreuves, sous pli cacheté, au président de la commission.
Les compositions portent
en tête et sous pli fermé les noms et prénoms des candidats, avec l’adresse de
leur famille. Ce pli n’est ouvert qu’après achèvement de la correction des
copies et l’inscription des notes données pour chacune d’elles.
Les candidats pourront
présenter à la commission, à titre de renseignement, un cahier de devoirs
mensuels ou, à défaut, un cahier de devoirs courants.
Art. 257 – Le temps
accordé pour chaque épreuve et le chiffre servant à en apprécier le mérite sont
ainsi déterminés :
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Nature des épreuves |
Temps donné pour les épreuves |
Chiffre maximum d’appréciation |
|
|
1e série |
Orthographe |
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10 |
|
|
Écriture |
|
10 |
|
|
Calcul |
1 heure |
10 |
|
|
Rédaction |
1 heure |
10 |
|
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Couture |
1 heure |
10 |
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2e série |
Agriculture ou dessin (obligatoire
pour les garçons) |
1 heure |
10 |
|
|
Lecture et récitation |
|
10 |
|
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Histoire et géographie |
|
10 |
La nullité d’une épreuve
entraîne l’élimination.
Les compositions sont
corrigées séance tenante par les membres de la commission.
L’indication de la note
est portée en tête de chaque copie et sur un tableau dressé à cet effet.
Ne sont admis aux épreuves
orales que les candidats qui ont obtenu au moins la moyenne des points pour la
première série d’épreuves, soit 20 pour les garçons et 25 pour les filles.
L’épreuve d’agriculture
ou de dessin sera assimilée aux épreuves orales, avec lesquelles elle comptera
pour l’admission définitive.
Art. 259 – Les points
obtenus pour les épreuves orales sont ajoutés aux points obtenus pour les
épreuves écrites.
Nul n’est définitivement
déclaré apte à recevoir le certificat d’études s’il n’a obtenu la moitié au
moins du total maximum des points accordés pour les deux séries d’épreuves,
soit 35 points pour les garçons et pour les filles.
Art. 260 – Outre les
matières ci-dessus énoncées, l’examen peut comprendre, pour les filles, un
exercice de dessin linéaire ou d’ornement. Cette épreuve facultative peut
également être subie, sur leur demande, par les élèves des écoles rurales de
garçons, pour lesquels l’épreuve d’agriculture est seule obligatoire.
Il est fait mention, sur
le certificat, de ces matières facultatives pour lesquelles le candidat a
obtenu la note 5. »
Vers les années 1950, l'examen se passe en une journée et comprend :
- Une épreuve de rédaction (50 min) sur 10
points avec deux sujets au choix.
- Une épreuve d'orthographe (50 min) sur 20
points comprenant : une dictée d'environ 100 à 150 mots
sur 10 points, trois questions (une question de
compréhension générale, une question d'explication d'une expression, une
question de grammaire).
- Une épreuve de calcul (50 min) comprenant deux exercices ou
problèmes de 8 et 12 points.
- Une épreuve de sciences (20 min) sur 10
points.
- Une épreuve d'histoire et géographie (20 min) sur 10 points.
- Une épreuve de calcul mental (cinq questions) sur 5 points.
- Une épreuve de lecture sur 5 points.
- Une épreuve de chant ou récitation sur 5
points, dans les épreuves de chant, il y avait la Marseillaise, le Chant
des Partisans, ainsi que le Chant du Départ.
- Une épreuve de dessin, travaux manuels ou couture (50 min)
sur 10 points.
- L'écriture est évaluée sur 5 points.
Pour être reçu, il faut n'avoir eu zéro ni en orthographe, ni en
calcul, avoir obtenu la moyenne à l'ensemble
rédaction-orthographe-calcul-sciences, avoir obtenu la moyenne à l'ensemble des
épreuves.
Extrait
de l’arrêté du 4 février 1954 : (texte
Légifrance)
« CONDITIONS D'AGE (*)
II faut avoir quatorze ans dans l'année. Pour la
session de 1956 peuvent s'inscrire les jeunes gens nés antérieurement au 1er
janvier 1943. Aucune dispense d'âge n'est accordée.
ÉPREUVES
L'examen comprend une seule série d'épreuves:
- une rédaction;
- une épreuve d'orthographe;
- une épreuve de calcul;
- une épreuve de sciences;
- une interrogation écrite d'histoire et de géographie;
- une épreuve de calcul mental;
- un exercice de dessin ou de travail manuel;
- la lecture d'un texte;
- une épreuve de récitation ou de chant;
- l'écriture est notée sur la rédaction.
N.B. : Les moyens de reproduction des
centres d'examen (écoles principales des chefs-lieux des cantons) étant très
limités, les énoncés des sujets étaient soit dictés, soit copiés au tableau.
RÉDACTION
Durée 50 minutes; notation de 0 à 10.
2 sujets au choix sont proposés aux candidats: l'un des sujets peut être un
récit ou une lettre; l'autre, un rapport, un procès-verbal, un compte rendu,
une lettre d'affaires.
ORTHOGRAPHE
Durée 25 minutes après la dictée du texte; notation
de 0 à 10 pour la dictée, 0 à 10 pour les questions.
La dictée doit avoir de 120 à 150 mots.
3 questions: 2 relatives à l'intelligence du texte, 1 à la grammaire.
CALCUL
Durée 50 minutes après la dictée des énoncés.
2 problèmes de la vie pratique: 1 court noté sur 8, 1 plus long noté sur 12,
comprenant plusieurs questions successives sur un même thème concret.
SCIENCES
Durée 20 minutes; notation de 0 à 10. 2 questions.
HISTOIRE ET GÉOGRAPHIE
Durée 20 minutes; notation: 5 points pour l'histoire,
5 points pour la géographie
CALCUL MENTAL
Notation de 0 à 5.
5 questions empruntées à la vie pratique. Chaque question est lue deux fois; le
candidat doit répondre en 1 ou 2 minutes.
DESSIN
Durée 40 minutes. Notation de 0 à 10.
Pour les garçons, dessin à vue, ou d'ornement, ou croquis coté, ou tracé
géométrique simple, ou travail manuel.
Pour les filles, dessin à vue, ou d'ornement, ou couture.
LECTURE
Notation de 0 à 5. Lecture expressive d'une dizaine
de lignes. Aucune question n'est posée au candidat.
RÉCITATION OU CHANT
Notation de 0 à 5.
Épreuve tirée au sort.
Récitation: Le candidat récitera un des 6 textes qu'il doit présenter.
Chant: Le candidat chantera un des 6 chants qu'il doit présenter.
Conditions
de réussite
La note 0 pour l'orthographe ou le calcul n'est éliminatoire
qu'après délibération du jury.
Pour être déclaré admis, le candidat doit avoir obtenu, au minimum:
- 30 points pour l'ensemble des épreuves suivantes: dictée, questions, calcul,
rédaction, sciences.
- 50 points pour l'ensemble des épreuves de l'examen.
LE BREVET SPORTIF SCOLAIRE (B. S. S.)
(Épreuves d'éducation physique du CEP)
Pour avoir le droit de subir les épreuves du C. É. P., il faut
s'être présenté au Brevet sportif scolaire.
Ce dernier a généralement lieu quelques jours avant le C. É. P. Il n'y a pas
d'inscription spéciale: les candidats inscrits au C. É. P. reçoivent une
convocation pour se présenter au B. S. S.
Les enfants qui sont dispensés de gymnastique ou qui, accidentellement, ne
peuvent se présenter au B. S. S. doivent fournir obligatoirement un certificat
médical à la commission d'examen.
Les épreuves comprennent:
- saut en hauteur avec élan;
- lancer;
- course de 50 mètres;
- grimper.
Pour être reçu au B. S. S., il faut obtenir la moyenne des points pour
l'ensemble des épreuves.
Les points obtenus au-dessus de la moyenne confèrent une majoration de un ou
deux points, qui s'ajoute au total des épreuves d'histoire, de géographie, de
dessin, de lecture, de calcul mental, de récitation ou de chant et d'écriture.
CONSEILS PRATIQUES
Comment s'inscrire pour
subir les épreuves du C. É. P. ?
L'inscription se fait généralement à l'école. Pour les candidats qui ne suivent
aucune école, l'inscription est reçue à la mairie du lieu de résidence. Il faut
présenter une pièce officielle d'état civil (bulletin de naissance, livret de
famille). L'inscription se fait durant la période portée à la connaissance du
public par voie d'affiche (en général un mois avant l'examen).
Où passe-t-on le C. É. P. ?
Les candidats reçoivent une convocation qui leur indique le lieu, la date et
l'heure de l'examen.
Y a-t-il des conditions d'âge ?
Peut-on obtenir des dispenses ?
Les candidats ne peuvent se présenter au C. É. P. que s'ils atteignent l'âge de
14 ans dans l'année ou si, au-delà de cet âge, ils ont été autorisés à
prolonger leur scolarité, au 1er octobre précédant l'examen.
Aucune dispense d'âge inférieure n'est accordée. En 1956 ne pourront pas se
présenter les enfants nés après le 31 décembre 1942. »
(*) Avant 1936, le Certificat d'Études pouvait être passé
dès 11 ans. Beaucoup de candidats avaient 12 ans, voire moins, comme cet élève
de Pouilly le Fort, Alfred Véron. Les élèves admis pouvaient être
autorisés à quitter l'école, avant la fin de l'obligation scolaire, alors fixée
à 13 ans.
Quelques
exemples de sujets proposés à la session du 5 juin 1955
Sujets départementaux donnés dans le
Bas-Rhin
(copiés sur https://www.ecomusee.alsace/retour-a-lecole/)
« Remarque : Le jury d'examen étant présidé par
l'Inspecteur Primaire, qui avait en charge plusieurs cantons, les dates de
l'examen s'étalaient sur plusieurs jours de Juin. Par conséquent, les sujets
ont longtemps été différents d'un canton à l'autre ; dans les années 50,
quand la plupart des enfants de 14 ans se sont retrouvés dans les collèges
(CEG/CES), les épreuves ont progressivement été organisées au plan
départemental (sujets communs, date unique), les Inspecteurs déléguant au
directeur du CEG du chef-lieu de canton (le "cantonnier") la
responsabilité de l'organisation et de la conduite de l'examen, et circulant
entre les centres cantonaux notamment pour présider les délibérations des
jurys.
RÉDACTION
1. Au marché, M. Muller veut acheter une
paire de chaussures, mais il est bien long à se décider. Un dialogue s'engage
entre le vendeur et l'acheteur; imaginez-le et terminez la scène.
II. Un de vos camarades a été victime d'un accident au cours de la récréation.
Votre maître vous demande de raconter brièvement et avec précision ce qui s'est
passé. Rédigez le rapport.
DICTÉE
Dans ma vallée
vosgienne. (LOUIS MADELIN, Les
Vosges.)
À droite, à gauche, ce
ne sont que sapins. La rivière court, capricieuse parfois, à travers un tapis d’herbe où
paissent les bêtes; elle sort, ruisseau cascadant, des flancs du Donon,
montagne jadis sacrée au sommet de laquelle on a relevé un temple de ses
ruines. Cette petite rivière ne se contente pas de féconder les prés et les
champs; car elle actionne, sur les pentes mêmes du Donon, des scieries
auxquelles, dans la vallée, succèdent trente autres scieries. Il faut entrer dans ces modestes hangars où les
troncs sombres, amenés de la montagne, se débitent, dans une seule journée, en
centaines de planches claires ; les pieds dans la sciure blanche, fraîche,
odorante, on regarde
sans se lasser le travail de l'artisan qui surveille et règle l'opération.
Questions
1. Quelles sont, d'après ce texte, les
diverses activités des habitants de cette vallée (travaux et métiers) ?
2. Justifier, en les expliquant, l'emploi des mots: capricieuse, cascadant,
féconder.
3. Quelle est la fonction de chacun des mots ou groupes de mots suivants, en italique dans le texte:
a) à travers un tapis d'herbe
b) on
c) trente autres scieries
d) ces.
CALCUL
(ndlr : les prix sont en "anciens francs" d'avant 1959,
centimes des années 1959-2001)
1. Une fermière vend d'abord le quart, puis le tiers des poulets qu'elle a
apportés au marché. Elle a alors vendu 14 poulets :
1° Combien lui en
reste-t-il à vendre ?
2° Quelle somme
aura-t-elle reçue lorsqu'elle les aura tous vendus, sachant que, dans la
première vente, elle les cède à 350 F pièce, à la deuxième vente à 400 F l'un
et à la troisième vente à 375 F chacun?
Réponses : 10 poulets ; 9 050 F.
II. Un appareil
d'arrosage de jardin est mis en marche à 8 h 15 mn. Le compteur à eau marque
alors 342,7 m³. À 9 h 30 mn, il marque 343,825 m³ :
1° Quel est le débit de
cet appareil par minute? Par heure?
2° Sachant que le mètre
cube d'eau de la ville coûte 9,50 F, à combien reviendrait l'arrosage si
l'appareil fonctionne de 8 h 15 mn à 10 h 15 ?
3° Combien de temps
faudrait-il pour répandre avec un arrosoir à main de 1,2 dal, la même
quantité d'eau, si pour pomper l'eau du puits, la transporter et la répandre. Il
faut 8 mn par arrosoir? Calculez la valeur de la main-d'œuvre à raison de
120 F l'heure.
Réponses : 15 l ; 900 l; 17.10 F ; 20 h ; 2
400 F.
SCIENCES
Question commune. - Quelles sont les différentes fonctions de la peau ?
Pourquoi et comment la tenir propre?
Écoles urbaines de garçons et de filles. - Le courant électrique peut servir à différents usages dans un ménage.
Énumérez les emplois que vous connaissez et précisez les précautions qu'il faut
prendre en manipulant l'un ou l'autre de ces appareils.
Écoles rurales de garçons et de filles. - Quels perfectionnements serait-il possible d'apporter aux installations
sanitaires dans nos villages : a) Dans les maisons d'habitation? b) Dans
les cours, étables, écuries?
HISTOIRE ET GEOGRAPHIE
I. Comment vivaient et
travaillaient les paysans à l'époque féodale (cultures, récoltes, maisons...) ?
II. Quels sont les grands ports de pêche français? Dire sur quelles mers ils
s'ouvrent et quel genre de pêche on y pratique.
DESSIN
Tracez un cercle de 6 cm de rayon.
Inscrivez un hexagone régulier que vous partagerez en 6 triangles en traçant
les diagonales. Colorez ces triangles avec trois couleurs différentes.
COUTURE
Préparer un faux-ourlet sur une longueur
de 10 cm. Coudre 5 cm. Faire une bride accrochée sur le faux-ourlet.
CALCUL MENTAL
1. Un facteur fait 12,5
km le matin et 8,25 km le soir. Quelle distance parcourt-il?
R. : 20,75 km.
II. Prix de 19 cahiers à
35 F.
R. : 665 F.
III. Un car part à 7 h
10 et arrive à 9 h 02. Durée du trajet?
R.: 1 h 52 mn.
IV. J'ai dépensé les 2/5 de ce que j'avais pour acheter des sandales. Il me
reste 2 100 F. Prix des sandales?
R. : l 400 F.
V. Un champ triangulaire a 75 m' de surface et 20 m de hauteur. Quelle est la
longueur de sa base?
R. : 7,5 m. »






















































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