jeudi 19 mars 2026

La calculette à l'école

 

La calculette et l’école

La bataille de l’an 2000

(montage musée)

Auxiliaire de résolution ou outil pédagogique ?

Voilà la question. La réticence majeure des « anciens » maîtres fut sans nul doute la peur de voir ce nouvel outil se substituer en partie à des techniques de calcul mental dont l’apprentissage était cher à leurs yeux. Leur volonté fut alors d’en limiter et d’en contrôler la présence dans leur classe. Contre vent et marées, les programmes de 1995 en préconiseront l’usage dès le CE2 et ceux de 2002 proposeront des pistes d’activités dès la classe de CP. Il ne restait plus qu’à articuler l’utilisation de la calculette avec l’apprentissage des bases de calcul… (Dans cet article, faites connaissance avec la « Pascaline »)

jeudi 5 mars 2026

"Jeunes Années" ou la presse enfantine

 

Souvenir de nos « Jeunes Années»

Huit années de l’Almanach magazine de l’écolier et de l’écolière, 1955-1956-1957-1958-1959-1960-1961-1964

Maître, les « Jeunes Années » sont arrivés ?

Voilà la question récurrente que posaient les écoliers, lecteurs assidus du  Jeunes Années-Almanach de l’écolier et de l’écolière que proposait la Coopérative scolaire depuis l’année 1953. Édité par les « Francs et Franches camarades », l’almanach devint le Jeunes années magazine en 1956. Bandes dessinées, littérature pour enfants, documentaires illustrés et travaux manuels réunis dans un seul album, quelle aubaine !

mercredi 18 février 2026

L'enseignement mutuel au 19e siècle

 

L’enseignement mutuel au 19 ème  siècle

Ou la bataille des méthodes


Les classes mutuelles

C’est dans ces classes que l’enseignement mutuel fut développé du milieu du 18e siècle jusqu’après 1833, année où elles furent totalement marginalisées à la suite d’une décision du ministre de l’Instruction Guizot, nommé en 1832. Ce dernier va, sinon imposer, tout du moins conseiller fortement  le choix pédagogique du mode simultané. L’enseignement mutuel devait permettre d’allier coopération, autonomie et responsabilisation, face à la difficulté d’enseigner la même chose à des élèves de capacités et de niveaux différents, dans des classes hétérogènes, problème récurrent de tous temps. Cette méthode, importée des Indes par les anglais prétendait « enseigner la lecture et l’écriture avec succès à mille enfants présents dans une même salle » (1). Voyons ça…

vendredi 6 février 2026

La photographie scolaire

 

La photographie scolaire


Entre voyeurisme et intimité

La photographie de classe fige un instant de vie qui se voudrait, symboliquement, une image de l’école magnifiée, un miroir dans lequel chacun se projette et se reconnaît. Toutefois, les attitudes sérieuses demandées par une maîtresse ou un maître sévère, révèlent parfois une réalité et un naturel qui revient au galop. Se voulant irréprochable, l’élève laisse entrevoir, quelques fois, des poses et une personnalité aussi insolites que fugaces, au détour d’un sourire coquin esquissé ou d’un regard vague cachant d’autres douleurs. L’exercice figé prend alors vie pour l’observateur attentif. La photographie scolaire a sa place dans l’intimité des albums de famille, précieusement conservée, mais là encore, curieux paradoxe, elle endossera dans le temps un statut « public », puisqu’elle sera scrutée par d’innombrables yeux, diffusée qu’elle sera dans la communauté qui entoure l’école et sera partagée largement aussi par les générations futures.

mardi 20 janvier 2026

Radioscopie d'une photographie

 

Une école maternelle à Mâcon, 1899

Radioscopie d’une photographie

La naissance de la « maternelle »

À la fin du 19e siècle, les classes pour les petits élèves, appelées communément « salles d’asile », furent remplacées par ce qui deviendra l’école maternelle publique française entre 1881 (décret du 2 août 1881) et 1887 (décret du 18 janvier 1887). L’école maternelle fut impulsée par les grandes précurseures que furent Marie Pape-Carpantier (1815-1878) et Pauline Kergomard (1838-1915)(1). Le terme d’« école maternelle » apparaît avec Marie Pape-Carpantier, en 1848, quand elle devient directrice d’une École Normale maternelle éphémère, à Paris, avec l’approbation du ministre de l’Instruction Lazare Carnot (père du futur président). Puis, le terme tombe dans l’oubli… Jusqu’à ce que Jules Ferry l’impose à nouveau, influencé par Pauline Kergomard et Ferdinand Buisson. Cet article propose un voyage dans le temps, dans une classe maternelle, à Mâcon, en 1899, description…

mardi 30 décembre 2025

Meilleurs vœux 2026

 

Vœu de Jean Jaurès le 15 janvier 1888

L’émancipation par la lecture


BONNE ANNEE 2026

Savoir lire d’abord et écrire ensuite

La lecture, avant l’écriture, donne à l’enfant l’accès à une communication élargie dans le temps mais aussi dans l’espace. En cela réside le progrès économique selon les « positivistes » de la Révolution industrielle, en cette deuxième moitié du 19e siècle. L’instruction sert avant tout à forger un citoyen tout acquis à la défense et au développement du pays. En même temps qu’il décrypte les lettres, l’enfant s’imprègne à son insu, de cette idéologie de la France bourgeoise. L’école, avec ou sans Dieu (publique ou congréganiste) fonctionne comme un système de normalisation socio-culturelle : je dois travailler, je dois aimer mes parents, je dois défendre ma Patrie, bien avant que Vichy n’en fasse sa devise. Jaurès, dans une « lettre aux instituteurs et institutrices » développera une toute autre vision de l’apprentissage de la lecture…

Deux vidéos incluses : vie et mort de Jaurès

mardi 16 décembre 2025

Les contrecoups de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat

 

1905 :On a brûlé un livre à l’école !

Les contrecoups de la loi de séparation des Églises et de l’État  

(En conclusion des  120 ans de la loi)


La guerre des manuels

À Dijon, le 23 décembre 1951, on brûla le Père Noël sur le parvis de la cathédrale Saint-Bénigne (voir l’article du blog du 26 décembre 2019 : On a brûlé le Père Noël). En 1905, à Burzy (71), juste avant Noël, un élève brûla son livre d’histoire à la cantine. Comment un enfant a-t-il pu avoir une telle idée ? Les affres d’une guerre scolaire entretenue, probablement. Les faits… 

jeudi 4 décembre 2025

Laïcisation de l'école-Laïcisation de l'Etat (Deuxième partie)

L’école foyer de la laïcisation de l’État

Deuxième partie : 1833-1980, le chemin vers la laïcité

Dans l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (26 août 1789), le mot laïcité n’apparaît pas encore mais cet article signe son acte de naissance : « Nul n’a le droit d’être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public. » C’est le principe de liberté de conscience, premier élément de la définition républicaine de la laïcité.

1789 : la Révolution et l’école

À la veille de la Révolution, l’Église ramifiée dans la moindre des paroisses, a la responsabilité de l’instruction primaire. Elle la conservera jusqu’au début du 19e siècle. Malgré tout, parmi les idées généreuses avancées en 1789, les assemblées révolutionnaires vont émettre pour la première fois l’idée d’un service public d’éducation. L’État va revendiquer un droit propre à l’enseignement contre l’habitude acquise par l’Église. La toute jeune République (1792-1804) ne disposera pas des finances et du personnel nécessaire à la fondation d’un service public (qu’aucune administration locale ne serait capable de prendre en charge), pas plus qu’à l’application du décret du 29 brumaire An II (19 décembre 1793) rendant l’école obligatoire pour les enfants entre 6 et 9 ans (1)… Cependant, l’idée d’un service public indépendant de l’Église et facteur d’unité nationale, affirmant déjà les principes de gratuité, d’obligation et d’égalité des enfants devant l’école, est lancée, un chemin toutefois semé d’embûches. Un rappel chronologique s’impose…


vendredi 21 novembre 2025

Laïcisation de l'école-Laïcisation de l'Etat (Première partie)

 

Emile Combes

Première partie : la laïcité et l'école

Il y a 120 ans… la laïcité

Le 13 mai 1857, le grand séminaire d’Albi libérait un de ses étudiants, « tonsuré » un an plus tôt, le 17 mars 1856, non encore moine, mais soumis à l’évêque. Ainsi, sans le savoir, cet élève élevé dans la foi catholique, sera-il promis à un tout autre destin : donner son nom à une œuvre de laïcisation sans précédent qui « va soulever un élan d’approbation populaire, de confiance en l’avenir, que l’on peut comparer, après lui, à ceux du Front Populaire ou de la Libération » (Maurice Agulhon-La République, 1880-1932-Hachette, 1990). Plus tard, ses détracteurs, cléricaux radicaux, auront beau jeu de rappeler à ce « défroqué », comme ils le qualifieront, sa jeunesse passée au séminaire. Cet élève s’appelait Émile Combes…

jeudi 6 novembre 2025

Commémoration de la Grande Guerre : Blanche Cavarrot, héroïne dévouée à sa mission

 

Blanche Cavarrot

Une héroïne dévouée à sa mission


La colonie de Cancale, Blanche Cavarrot : non identifiée au dernier rang (Archives municipales et communautaires de Reims)

1914-1918 : l’école sous les bombes

Dans un article du 11 novembre 2022 vous était contée l’histoire de Marie-Clémence Fouriaux, institutrice et héroïne de la Grande Guerre (1). Elle ne fut pas seule dans son action, mais épaulée  par une camarade non moins héroïque : Blanche Cavarrot, tombée, elle aussi, dans l’oubli. Nous ne possédons pas de portrait de Blanche mais elle figure cependant sur la photographie de groupe de la colonie cancalaise des enfants de Reims et de la Marne en compagnie de Marie-Clémence. Si cette dernière est identifiée (4e maîtresse au centre du dernier rang), Blanche fait partie des 6 autres… Revenons sur l’action de cette institutrice de maternelle durant les deux conflits de 14-18 et de 39-45. 

mardi 21 octobre 2025

L'ancêtre des musées d'école

 

L’ancêtre des musées d’école

Une vitrine pédagogique

En 1879, trois mois après la victoire des Républicains face aux Royalistes et Bonapartistes majoritaires jusqu’alors à l’Assemblée, Jules Ferry n’a pas abandonné l’idée de rendre l’instruction primaire obligatoire en France, seul gage de l’ancrage des valeurs républicaines par l’éducation des enfants. Pour expliquer sa vision de l’enseignement, il va créer un lieu qui montrera les innovations pédagogiques et la nécessaire évolution des méthodes d’apprentissage, en collaboration avec Ferdinand Buisson (1). Ce sera le Musée pédagogique de la rue Gay-Lussac, à Paris, premier du nom, mais déjà tourné vers l’avenir. Description…

dimanche 5 octobre 2025

Henriette Floride Suzanne Brès dite" Mademoiselle Brès"

 

Qui connaît « Mademoiselle » Brès ?

Un modèle de vertu républicaine

Henriette Suzanne Brès, dite « Mademoiselle Brès » de par son célibat assumé, naquit à Loriol (Drôme) le 28 janvier 1855 et mourut à Paris le 14 juin 1919. Elle fut la troisième figure des fondatrices de l’école maternelle après Marie Pape-Carpantier et Pauline Kergomard (voir sources). Auteure d’ouvrages de pédagogie, elle consacra sa carrière aux jeunes enfants et aux écoliers. Elle produisit un nombre considérable d’ouvrages d’apprentissage de la lecture, de l’arithmétique, de la science, de l’histoire, de la géographie ou encore de la religion.

vendredi 19 septembre 2025

350e article du blog : Poucet et son ami, une méthode de lecture selon Rossignol

350 ème article du blog

Poucet et son ami

Une méthode de lecture selon Rossignol

Dans le sillage des panneaux éducatifs Rossignol

Du milieu des années 50 jusqu’après les années 70, une méthode de lecture mixte, préconisée par les éditions Rossignol, a remporté un vif succès. Jusqu’au cours élémentaire, des générations d’écoliers, les bras croisés sur les pupitres de bois, ont suivi les aventures passionnantes de Poucet et Annette, d’abord contées par la maîtresse ou le maître, puis découvertes du bout du doigt sur le manuel. Certains pourront retrouver ici les histoires de ce petit garçon malin, avec toute l’émotion des premiers mots qu’ils ont appris à lire, d’autres, plus jeunes, y découvriront toute la tendresse de la nostalgie… 

vendredi 12 septembre 2025

vendredi 5 septembre 2025

Le texte libre

 

Le texte libre

Selon Célestin Freinet

Texte libre « Camp de vacances des Francas »

« La liberté d’écrire »

Selon Freinet, le texte libre est une technique pédagogique incitant les enfants à écrire selon leur désir propre, libérés des contraintes de sujet, ou de genre imposés par le maître. Il n’a sans doute pas inventé le texte libre, mais il en a fait le symbole de sa liberté pédagogique, portant haut ce désir d’« expression libre » d’une pensée adressée à d’autres pour être lue, discutée, imprimée, voire être diffusée dans le cadre de la coopération ou des journaux scolaires. Cet article propose un recueil de textes libres illustrés, d’une classe de Toulon-sur-Arroux, textes écrits au cours de l’année scolaire 1955-1956. Bonne lecture.

lundi 25 août 2025

Bonjour Monsieur l'Inspecteur, 1882, à Montceau-les-Mines

 

Bonjour Monsieur l’Inspecteur

École de la rue de l’Est (rue Jean Jaurès, actuel musée), à gauche le bâtiment qui accueillit longtemps l’inspection primaire maintenant désaffecté (collection musée)

L’implantation de l’Instruction publique à Montceau-les-Mines

À ville nouvelle structures nouvelles. Jusqu’à la fin des années 1870, la vie de la toute jeune commune de Montceau-les-Mines, créée en 1856, fut intimement liée à celle de la Mine, notamment au niveau des locaux communaux et des écoles patronales. Il est en effet établi qu’à sa création et pour de longues années, la commune ne posséda aucun édifice public et n’eut ni rues, ni places, ni école publique digne de ce nom. Ce sera chose faite pour cette dernière en 1881, avec l’ouverture des deux premières écoles publiques de filles et de garçons. Suivra la création d’une École Primaire Supérieure, première du département, sous l’impulsion du maire républicain Octave Jeannin (1881) et la création de la circonscription scolaire de Montceau (1882). Revenons sur la nomination d’Edme Victor Achille Durlot, son premier inspecteur…

jeudi 31 juillet 2025

Connaissez-vous Pierre Laloi ?

 

Connaissez-vous Pierre Laloi ?

Pseudonyme et nom de plume

Pseudonyme et nom de plume

Dans les années 1880, Pierre Laloi publie plusieurs manuels scolaires chez Armand Colin, destinés à l’enseignement de l’instruction morale et civique. Il suit les préconisations de la loi du 28 mars 1882 introduisant cette matière et la rendant obligatoire à l’école primaire publique. Un arrêté du 28 juillet suivant en définit les contenus en trois chapitres : Morale, Instruction civique et Notions d’économie politique. Rien d’anormal jusque-là, si ce n’est l’auteur des manuels en question, prudence ou supercherie ?

samedi 5 juillet 2025

Adieu monsieur le professeur...

 

Adieu Monsieur le Professeur

Pincement au cœur

Nous y sommes ! C’est la fin de l’année scolaire, la fin des habitudes, le saut vers une autre expérience. Depuis quinze jours déjà, l’atmosphère avait changé dans les classes, plus décontractée, à l’image des vêtements que le retour du soleil avait rendus plus légers. Les réjouissances finales s’annonçaient : spectacles et expositions de fin d’année, ultime voyage scolaire… Une période particulière pour d’autres avec les révisions, les examens, les résultats annonçant un avenir plus ou moins serein. Mais pour élèves et professeurs, c’est maintenant le moment de la séparation, des adieux même, entre ceux qui s’étaient parfois côtoyés pendant plusieurs années. Que d’émotions ! Constat mitigé entre saut dans l’inconnu pour nos élèves et crise des vocations pour nos maîtres…

dimanche 15 juin 2025

Les panneaux pédagogiques, analyse et critique

 

Les panneaux pédagogiques

Gloire et déchéance

Le travail de la maman le matin, panneau Rossignol, série 2, tableau n°24, 1953 (collection musée)

Réduire le handicap linguistique

La production des panneaux pédagogiques correspond à la scolarisation de masse, de la fin des années 40 à la fin des années 60. Leur objectif, approuvé dans les programmes, était de réduire le handicap linguistique auquel on imputait les inégalités sociales. Objectif louable qui devait permettre à l’enfant d’apprendre à parler et à communiquer. Ces panneaux paraissent désuets à travers leur illustration d’une France traditionnelle, souvent rurale, désormais disparue. Ils offraient une image de la vie quotidienne, à la ferme ou à la ville, à travers un inventaire « hexagonal » des activités et des terroirs, agrémentés de quelques tableaux des conquêtes coloniales que les cartes Vidal-Lablache avaient coloriées en rose… Mais pas que. Ils véhiculaient aussi l’image d’une organisation sociale qui implosera en 1968. Florilège et analyse… (La quarantaine d’illustrations de cet article est issue de la collection de plus de 1500 cartes et panneaux du musée, bientôt visibles, 4 rue de Bourbon-Lancy à Montceau, dans notre Centre de ressources du patrimoine scolaire, à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine 2025).

mardi 3 juin 2025

La famille Juredieu

 

La famille Juredieu

Complément d’enquête, suite et fin

La promotion 1918-1921 de l’École Normale de Mâcon, René Juredieu (5e au 2e rang) (collection musée)

Un Juredieu peut en cacher un autre

Deux ans après l’entrée de Joseph Juredieu (auteur du Rémi et Colette) à l’École Normale de Mâcon dans la promotion 1916-1919, on trouve la trace un autre Juredieu, qui a intégré, lui, la promotion 1918-1921. S’agissait-il d’un simple homonyme ou un lien unissait-il les deux hommes ? Réponse dans cet article.