Visite
guidée pour écoliers d’aujourd’hui
Quelques
repères pour mieux découvrir l’école d’autrefois
Maquette d’une classe 1900
(collection musée)
Observer
pour mieux comprendre
« Aller
au musée » est une opportunité qui devrait être offerte à tous et, notamment,
au jeune public, qu’il soit scolaire ou en famille. La visite peut être libre,
mais aussi « guidée », emprunte de réalisme et d’anecdotes qui
attiseront cette curiosité seul gage d’apprentissage. C’est le rôle du guide
expérimenté qui, souvent à la Maison d’École, puise son récit dans ses propres
souvenirs et dans son expérience d’enseignant. Il offre alors aux visiteurs les
clés qui vont leur ouvrir les portes d’une compréhension plus fine des enjeux de
l’école républicaine. Voici quelques exemples qui peuvent mettre l’eau à la
bouche…
Une
matière disparue (salle 1881-1914-Le
temps des certitudes)
La loi du 28 mars 1882
organise les écoles primaires et élémentaires. Cette loi fixe les programmes,
notamment dans son article premier : L’instruction
morale et civique, la lecture et l’écriture, la langue et les éléments de
la littérature française… ect. Donc, à l’éducation religieuse, supprimée par
cette loi dans les écoles publiques, les républicains cherchèrent à substituer
une morale laïque, républicaine et patriotique.
Cinq ans plus tard, les
instructions de 1887 donneront toutes précisions sur le but et les caractères
de cet enseignement moral : « L’instituteur
est chargé de l’éducation morale (..) comme représentant de la société :
la société a, en effet, l’intérêt le plus direct à ce que tous ses membres
soient initiés de bonne heure et par des leçons ineffaçables au sentiment de
leur dignité et à un sentiment non moins profond de leur devoir et de leur
responsabilité personnelle. (..) L’enseignement moral laïque se distingue de
l’enseignement religieux sans le contredire. L’instituteur ne se
substitue ni au prêtre, ni au père de famille ; il joint ses efforts aux
leurs pour faire de chaque enfant un honnête homme. Il doit insister sur les
devoirs qui rapprochent les hommes. »
En conséquence, selon les
instructions données, la morale « destinée
à ennoblir tous les enseignements de l’école » (instructions de 1882),
jouira, dans la vie de l’écolier, d’une importance privilégiée. Non seulement
le maître commencera chaque classe du matin par une leçon de morale, dont la
trace restera transcrite au cahier sous forme de maxime, mais, tout son
enseignement sera empreint de l’idée moralisatrice, comme en témoignent ces
textes empruntés au cahier d’une élève de 13 ans, fréquentant en 1907, le cours
du Certificat d’Études d’une école rurale ; ces textes ont été choisis et
groupés pour paraître au mieux significatifs de l’application des instructions
précédentes :
Morale :
La conscience :
« La
conscience est un juge intérieur qui ne nous trompe jamais. Nous devons le
consulter pour toutes nos actions. Si nous l’écoutons, elle nous récompensera
en nous donnant le contentement de nous-même. Si nous lui désobéissons, elle
nous punira en nous mettant le remords dans le cœur. »
Calcul :
Problème :
« Une
personne imprévoyante perd, chaque semaine, 1 jour et ½ à l’auberge et y
dépense pendant ce temps 2.10 francs. Si la journée est évaluée à 3.50 francs,
on demande combien cette personne perd en 10 ans. Combien pourrait-elle, avec
cette somme, avoir de rente à 3 % au cours de 98.75 francs ? »
Écriture
anglaise grosse et moyenne :
(anglaise = écriture cursive, penchée à droite)
« Il
faut aimer sa Patrie et savoir mourir pour la défendre »
Dictée :
Le déserteur :
« C’est
pendant la guerre, le pays est envahi. Les ténèbres couvrent la campagne. Un
jeune soldat, fuyant l’armée, revient à la cabane que sa mère habite à la
lisière du bois. Il frappe à la porte : « Qui est là ? demande
la mère. – C’est moi, votre fils.- Vous, mon fils ? Vous mentez, mon fils
est au régiment, il défend la patrie. » La mère, dans sa droiture
héroïque, ne peut croire au retour de son fils. C’est que, déserter devant
l’ennemi est un crime affreux dont la pensée même ne saurait venir aux âmes
loyales. »
Grammaire :
(grand Larousse CEP page 27)
« Analysez
les noms des phrases suivantes : La France est un des pays les plus beaux
au monde. La prudence est la mère de la sûreté. L’union fait la force. La
modestie est l’ornement du mérite. »
Rédaction :
Le mensonge :
«
Ce qu’est le mensonge. Qu’en pensez-vous ? Montrez par un exemple, la
laideur du mensonge. Faites-voir quelles peuvent en être les
conséquences. »
Récitation :
Le laboureur et ses enfants : (La Fontaine)
« Travaillez,
prenez de la peine, c’est le fond qui manque le moins,… »
Lecture :
l’ordre dans les vêtements et la propreté : (Le Tour de la France par deux enfants
page 26)
« Voulez-vous
qu’au premier coup d’œil on pense du bien de vous ? Soyez propres et
décents, les pauvres peuvent l’être… »
Chant :
Le chant des écoliers :
« Premier
couplet :
Nous
n’avons pas la taille d’hommes,
Nous
sommes encore des enfants,
Mais,
par le cœur, français nous sommes, premiers, derniers, petits et grands.
Refrain :
Nous
aimons la Patrie
Étant
tous de bons français…
À
toi France chérie, la grandeur et la paix. »
À
ce sujet, revoir les articles du blog : Éduquer à une citoyenneté démocratique et solidaire : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2017/01/eduquer-une-citoyennete-democratique-et.html#more ; La morale avant tout : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2018/10/la-morale-avant-tout.html#more
La
cantine (salle 1881-1914-Le
temps des certitudes et
exposition temporaire salle DULAC)
La timbale d’émail bleu qui
trône sur le poêle de la salle, n’est qu’un symbole… Elle évoque le temps où,
dans les campagnes surtout, les enfants éloignés du bourg, ne disposaient pas
d’une cantine pour prendre leur repas de midi.
La mère de famille préparait
chaque matin quelques victuailles qui, serrées dans un torchon, étaient casées
avec la gourde dans une poche du cartable, à grands risques pour les cahiers et
les livres voisins ! La timbale, portée alors à la main, contenait la
soupe ou le ragoût. Pour le transport de leur repas, certaines fratries étaient
tout de même pourvues d’un panier en osier fermé.
La mère de famille préparait
chaque matin quelques victuailles qui, serrées dans un torchon, étaient casées
avec la gourde dans une poche du cartable, à grands risques pour les cahiers et
les livres voisins ! La timbale, portée alors à la main, contenait la
soupe ou le ragoût. Pour le transport de leur repas, certaines fratries étaient
tout de même pourvues d’un panier en osier fermé.
Comment le poêle de la
classe, souvent presqu’aussi haut que les enfants, pouvait-il alors permettre, sans
craintes de brûlures, un réchauffage convenable de la fameuse timbale ?
Trop pleine bien souvent pour que l’on puisse en remuer le contenu, elle
« prenait au fond » alors que le haut en était à peine tiède… Pour pallier
ces inconvénients, certains petits mangeaient délibérément chaque jour leur
soupe froide. On notera que, plus tard, pour la sécurité, le poêle fut entouré
d’une grille qui devait tenir les enfants éloignés du foyer.
Dès 1945, des parents
soucieux d’offrir à leurs enfants un repas convenable, se groupèrent en comités
qui firent naître les cantines scolaires. Lorsque la cantine n’était pas
communale, le maire se chargeait tout de même d’offrir une ou deux salles
convenables, munies du gros matériel nécessaire : cuisinière, tables,
marmites… Le plus souvent le maître acceptait bénévolement l’économat, tâchant de concilier l’équilibre
des menus et celui de la trésorerie, comme ce fut mon cas quand j’enseignais en
classe unique à Mont-Saint-Vincent, où, par souci d’économie, chaque famille
devait, chaque semaine, à tour de rôle, fournir 1 kg de beurre et 10 kg de
pommes de terre… un autre temps !
Alors, à condition
d’acquitter le prix (relativement peu élevé) de son repas, n’importe quel élève
de l’école pouvait s’attabler avec ses camarades et recevoir la ration chaude
et substantielle du jour, qu’avait préparée la « cantinière ». La
table aux couverts d’aluminium que présente l’exposition de la salle DULAC en
est témoin, le « temps des cantines » avait remplacé le « temps
des timbales », marquant ainsi dans le cadre scolaire, une étape
importante vers l’amélioration du sort des écoliers.
À
ce sujet, revoir les articles du blog : Je préfère manger à la cantine : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2020/09/des-cantines-scolaires-aux-restaurants.html#more ; Du
temps des timbales à la cantine scolaire (partie 1) : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2017/02/du-des-timbales-la-cantine-scolaire.html#more :
Du temps des timbales à la cantine scolaire (partie 2) : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2017/02/du-des-timbales-la-cantine-scolaire.html#more
Les
travaux manuels (salle 1881-1914-Le
temps des certitudes)
Jusqu’aux instructions de
1923, l’enseignement du travail manuel était, semble-t-il, surtout réservé aux
filles, les garçons étant occupés à des exercices beaucoup plus militaires…
Pour les filles, le travail manuel consistait en l’étude de points divers sur
canevas, puis sur toile de plus en plus fine. Au temps où l’on
« marquait » tout le linge de belles initiales, en vue notamment d’un
trousseau, l’école ne pouvait laisser ignorer aux élèves l’apprentissage de
l’alphabet au point de croix. Les
fillettes brodaient aussi, crochetaient de la dentelle ou tricotaient la laine
ou le coton, avec des aiguilles d’acier. Dès la classe du certificat, elles
recevaient de sommaires notions de coupe qui leur permettaient la fabrication
de taies d’oreiller, de manches à poignets, de petits tabliers ou de bonnets à
trois pièces. Les garçons ne devaient s’en tenir qu’à de vagues exercices de
pliage, ne nécessitant, comme matière première, que du papier ou du carton.
Les
travaux manuels (salle 1881-1914-Le
temps des certitudes)
Jusqu’aux instructions de
1923, l’enseignement du travail manuel était, semble-t-il, surtout réservé aux
filles, les garçons étant occupés à des exercices beaucoup plus militaires…
Pour les filles, le travail manuel consistait en l’étude de points divers sur
canevas, puis sur toile de plus en plus fine. Au temps où l’on
« marquait » tout le linge de belles initiales, en vue notamment d’un
trousseau, l’école ne pouvait laisser ignorer aux élèves l’apprentissage de
l’alphabet au point de croix. Les
fillettes brodaient aussi, crochetaient de la dentelle ou tricotaient la laine
ou le coton, avec des aiguilles d’acier. Dès la classe du certificat, elles
recevaient de sommaires notions de coupe qui leur permettaient la fabrication
de taies d’oreiller, de manches à poignets, de petits tabliers ou de bonnets à
trois pièces. Les garçons ne devaient s’en tenir qu’à de vagues exercices de
pliage, ne nécessitant, comme matière première, que du papier ou du carton.
Tissage et collage à l’école
maternelle (collection msée)
Plus tard, vers 1970, se
généralisera l’emploi du four électrique qui, souvent acquis par la caisse de
coopérative de l’école, cuira et recuira les poteries de terre glaise laissées
à leur état brut ou enrichi d’émaux.
À
ce sujet, revoir l’article du blog : Les
travaux manuels : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2019/09/les-travaux-manuels-lecole-autrefois.html#more
Le
musée scolaire (salle 1923-1960-Le
temps des recherches et des innovations)
Les instructions
ministérielles de 1923 élargissent l’obligation scolaire. C’est l’époque du
développement de la psychopédagogie : écoles maternelles, enfants
déficients ou handicapés, orientation scolaire… Mais c’est aussi l’époque des
recherches pédagogiques : « Dans
toutes les écoles, à tous les cours, la méthode employée doit être une méthode
fondée sur l’observation et l’expérience (..) Un musée scolaire, c’est un petit
laboratoire, c’est l’endroit où l’on range, après la classe, les matériaux que
les enfants ont manipulé, les appareils qu’ils ont fait fonctionner. »
Ainsi donc, dans chaque école, ou mieux, dans chaque classe, un petit
« musée » se constitue au fil des jours et suivant les nécessités de
l’enseignement.
À la campagne, le maître n’a
jamais beaucoup de souci pour obtenir de quoi motiver ses leçons de choses ou
de sciences. Les élèves seront toujours empressés à lui apporter plantes, pierres
ou petits animaux tels que grenouilles, lézards, vipères, insectes, mollusques…
Ils donnent avec joie les « sujets d’observation » non
périssables : crânes, dents, pattes, roches, minerais, coquillages… qui
s’entassent dans les rayons des placards de la classe en constituant petit à
petit le « musée ». Évidemment, les parents du Bassin minier
fourniront un stock important de morceaux de houilles ou de pierres fossiles.
Ainsi, les collections,
parfois très riches, iront du beau silex taillé ou poli, trouvé au cours d’un
labour, au cocon soyeux provenant d’un élémentaire, mais véritable élevage de
bombyx. Quel plaisir de recevoir des « graines » de l’office de
sériciculture du Vaucluse, de les faire éclore à la bonne chaleur du poêle de
la salle et de les nourrir grâce à la
présence inattendue d’un mûrier poussant dans une haie proche du village !
Au bout de 33 jours, avec quelle joyeuse impatience garçons et filles peuvent
alors observer l’énorme chenille tressant son cocon pour s’en faire une
prison !
Voici venu, en pédagogie,
l’emploi des « méthodes actives ». Les enfants agissent par eux-mêmes
le plus possible, observent, raisonnent sur leurs observations et consignent
les remarques dans leur cahier de sciences ou de croquis, sous forme de petits
textes ou de dessins rapides. Dès le CM2, ils sont amenés à réaliser quelques
expériences simples : séparer l’amidon du gluten en triturant un pâton de
farine sous le robinet ; verser quelques gouttes de vinaigre sur un bâton
de craie carrée (la vraie craie taillée dans la roche) pour reconnaître, dans
le bouillonnement qui se forme, le gaz carbonique capable d’éteindre
l’allumette enflammée.
Parce qu’il aura trop bien
compris que l’essence de la lampe monte dans la mèche par capillarité, l’élève
malicieux aimera observer la tache qui s’accroît de seconde en seconde,
lorsqu’il trempe furtivement un coin de son buvard dans l’encrier ! Dès le
CE2, on demandera à l’enfant de s’exercer au petit bricolage. Par exemple à la
fabrication d’une rudimentaire balance à plateaux. En classe de fin d’études,
il saura, par des montages simples, mettre en évidence les effets du courant
électrique. Il reproduira des végétaux par bouturage ou marcottage.
Les classes promenades
permettront d’apprendre à connaître les arbres, arbustes et même les plantes
les plus communes de la région. Un bel herbier, constitué à titre personnel ou
collectif, présentera, après séchage, rameaux et tiges fleuris étudiés en
classe.
À
ce sujet, revoir les articles du blog : Retour
sur le musée scolaire : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2018/09/musee-scolaire-et-instructions-de-1923.html#more ; Le musée scolaire : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2016/12/lemusee-scolaire-versde-nouvelles.html#more
Les maternelles et les
classes enfantines des classes uniques (salle 1923-1960-Le temps des recherches et des
innovations)
Avant 1930, les écoles
maternelles en tant que telles n’existent que peu, et sont qualifiées de
« salles d’asiles ». Cependant, l’école maternelle va apparaître dans
les villes sous la forme de « classes maternelles » annexées aux
écoles de filles d’où le nom d’écoles primaires (classes maternelles et classes
élémentaires). Dans les campagnes, les écoles sont souvent mixtes et accueillent
une « section maternelle » pour les enfants de 5 ans (classes uniques
ou écoles géminées).
Si, vers 1930, de nombreuses
écoles maternelles portent encore le nom d’« asile », gravé au
fronton de leur entrée, le mobilier intérieur et les méthodes pédagogiques ont
alors beaucoup changé. Abandonnant les longues tables aux bancs attenants et
les pupitres identiques à ceux des écoles primaires, les maternelles
s’agrémentent de petites tables plates, individuelles ou à deux places, et
d’originales tables ovales autour desquelles on tente d’initier les bambins à
des jeux et travaux collectifs.
(Toutes
les photographies contenues dans cet article sont issues de la collection du
musée)
Innovation importante :
l’enfant n’est plus prisonnier d’un siège fixé à la table, il possède sa petite
chaise personnelle qu’il peut déplacer à loisir. À côté de ce mobilier lilliputien,
une vaste natte de sisal recouvre souvent une partie de la salle pour permettre
les évolutions et les jeux au sol des petits de deux à trois ans. Délaissant
aussi peu à peu l’emploi de l’ardoise, on offre aux élèves des papiers de
teintes variées et des crayons de couleur, des jetons de toutes formes, de
belles perles de buis, des boîtes de triage. On ose même le laisser libre de
tremper son pinceau dans les pots de gouache et de dessiner à sa guise, sur des
feuilles de papier peint, arrachées au catalogue donné par le droguiste du coin.
L’enfant s’initie aux jeux
sensoriels grâce à tout un matériel nouveau de formes, de volumes et d’emboîtements.
Il a même à sa disposition une caisse de jouets où le garçon découvre le camion
dont il rêve et où la petite fille retrouve la poupée de son cœur… l’heure
n’est pas encore aux activités mixtes.
La
musique et le chant (salle 1923-1960-Le
temps des recherches et des innovations)
Dans le premier quart du 20e
siècle, les élèves-maîtres étaient peu nombreux, qui, au sortir de l’École
Normale, pouvaient jouer d’un instrument capable d’entraîner leurs élèves au
chant. Leur épais cahier, réglé musique, consignant tous les chants scolaires
qu’ils avaient étudiés au cours de leur séjour à l’E.N, était souvent leur seul
bagage dans le domaine musical et leur propre voix restait leur seul
instrument.
Certains d’entre eux, ou
certaines écoles, possédaient un phonographe (qu’on remontait à la manivelle),
mais les disques offrant des chants scolaires étaient rares, fragiles et
coûteux. Vers les années 1940, plusieurs établissements scolaires se munirent
d’un « guide chant », piano rudimentaire dérivé des harmoniums des
églises, portatif, au maniement duquel il était facile de s’exercer. Cet
appareil, du type KASRIEL, permettait la transposition en des tons différents,
grâce à son clavier mobile. Ainsi les maîtres pouvaient-ils ménager leur voix et
renouveler leur répertoire.
Cependant, les moins doués
d’entre eux dans le domaine musical, furent ravis d’apprendre, à l’orée des
années 1960, que le Ministre de l’Education Nationale ferait diffuser, par
l’intermédiaire de la radio scolaire (France II), des cours de récitation et de
chant « à l’usage des élèves des
établissements scolaires du 1er degré ». Il suffisait
d’acheter le petit fascicule correspondant à la classe et de brancher, à
l’heure dite, le poste de radio sur la bonne longueur d’onde pour que, ô
merveille !, tous les enfants de France, ceux des villes, comme ceux des
campagnes les plus reculées, s’exercent en même temps, sous l’unique direction
d’un professeur parisien et de ses élèves.
Bientôt, toutes les classes
d’un même groupe scolaire, purent, sans se déplacer, et grâce à une
sonorisation d’ensemble de l’établissement, profiter des émissions d’un seul
poste récepteur.
Des leçons de solfège, puis
un intéressant programme d’initiation à la musique, complétèrent petit à petit
les émissions de la radio scolaire. Enfin, chants et récitations, édités sur
disque microsillons (78 puis 33 t), mis en vente par le service de l’Institut
pédagogique national de la rue d’Ulm, permirent désormais aux enseignants une
pratique aisée et efficace du chant choral dans leur classe.
À
ce sujet, revoir les articles du blog : La
radio scolaire : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2020/06/la-radio-television-scolaire.html#more ; Une
fin d’année scolaire en musique : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2018/07/la-musique-lecole.html#more
L’enseignement
par le film (salle 1923-1960-Le
temps des recherches et des innovations)
Vers les années 1930-1935,
les élèves de certaines villes (Montceau-centre ou Montceau-Bois-du-Verne par exemple)
avaient la joie de se rendre chaque semaine au cinéma (cinéma Rex pour les
premiers et cinéma Palace pour les seconds). Pour une somme modique, quelques
centimes, ils pouvaient jouir, le mercredi après-midi (jour de classe alors),
d’une petite séance récréative. Un maître choisissait les films, souvent
comiques ou d’aventures, qui devaient être projetés dans la salle de cinéma du
quartier où les élèves étaient conduits et surveillés par le corps enseignant.
Il n’était pas alors véritablement question de cinéma éducatif mais bien plutôt
d’une parenthèse culturelle. Cependant, quelques maîtres avaient doté leur
classe, à titre personnel ou grâce aux fonds d’une coopérative scolaire, de
petits appareils « Pathé-Baby » capables de projeter des films à
percussion centrale. Malgré tout, à la campagne, comme à la ville, ce n’était
là que quelques cas particuliers.
Il fallut attendre 1951 et
la vote de la loi dite « Barangé » octroyant à chaque groupe scolaire
des crédits supplémentaires destinés au matériel d’enseignement, pour que les
écoles puissent se munir de projecteurs à vues fixes de type « Larousse
ADM ». Lorsque les locaux s’y prêtaient, certaines écoles eurent alors
leur salle de projection avec volets obturant les fenêtres, écran métallisé, meuble
de classement pour films. Plus simplement, chaque maître munissait ses
fenêtres de rideaux noirs et pouvait ainsi illustrer, par images de grand
format, toutes les leçons, les maisons d’édition rivalisant à qui mieux mieux
pour fabriquer, en toutes disciplines, films et documentaires adéquats.
Ainsi les élèves suivaient
agréablement le cours d’un fleuve depuis sa source jusqu’à la mer, en se
promenant, par la pensée, sur les quais des villes arrosées… et, si les
châteaux de la Loire n’avaient plus de secret pour eux, ils pouvaient, dans la
succession des vues fixes, voir germer une graine, pousser la tige et les
racines d’une plante et même s’épanouir la fleur.
Et quelle belle récompense
lorsqu’un film « récréatif » offrait aux yeux amusés, l’histoire
merveilleuse d’Ali-Baba, ou le charme mystérieux de la Belle au Bois
Dormant ! Les élèves de CM2, eux-mêmes, ne riaient-ils pas de bon cœur en
suivant les tribulations des 3 petits cochons ou en partageant les déconvenues
de Boucle d’Or explorant la maison des 3 ours ? Heureux temps où, la
télévision n’ayant pas pénétré dans les foyers, les enfants savaient jeter un
regard neuf sur ce nouveau moyen d’information et de distraction.
À ce sujet, revoir l’article du blog : L’enseignement par le film : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2017/07/lenseignement-par-le-film.html#more
L’enseignement
par « tableau mural » (salle 1923-1960-Le temps des recherches et des
innovations)
Malgré l’arrivée des
techniques audio-visuelles, la carte murale ne perdit pas pour autant la faveur
des enseignants. Les éditions Rossignol (dès la fin des années 1940), les
éditions Anscombre (bien avant) et d’autres encore, s’ingénièrent à présenter,
en respectant scrupuleusement les programmes et instructions, de nouvelles
collections de tableaux d’histoire, de sciences, de géographie, pour tous les
cours, ainsi que toute une imagerie pour les exercices d’élocution dans les
petites classes.
Dessins clairs, aux contours
précis, étaient groupés par dizaines de cartons souples dans des cadres de bois
servant à la fois de casier de rangement et de présentoir. Devant la
multiplicité des planches ainsi offertes, certains instituteurs ne furent-ils
pas tentés de substituer systématiquement l’observation collective du tableau
choisi, à l’observation de l’objet réel, pris en main par chaque élève ?
Chaque médaille a son revers…
À
ce sujet, revoir l’article du blog : L’enseignement
par tableau mural : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2017/12/lenseignement-par-tableau-mural.html#more ; Les
tableaux auxiliaires Delmas : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2024/10/la-methode-directe-par-les-tableaux.html#more ;
Tableaux Rossignol : https://musee-ecole-montceau-71.blogspot.com/2025/05/les-editions-rossignol.html#more
Patrick PLUCHOT












































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